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Le nourrissage des chevreuils : un sujet controversé !

Introduction

Le nourrissage adéquat des chevreuils durant l’hiver est une entreprise difficile et très dispendieuse. Par contre, si vous décidez d’entreprendre cette corvée, en suivant les conseils de cet article, les chevreuils devraient en bénéficier.

La grande majorité des articles scientifiques recommandent de ne pas nourrir les chevreuils durant l’hiver. Seulement quelques articles y sont favorables et encore, sous certaine réserves, et offrent des recommandations. 1 Par exemple, celui de Jean Hamann « Servir le cerf sans l’asservir » 2,3 semble appuyer cette pratique, mais en se basant seulement sur des études du déplacement et du domaine vital des cerfs. Il y a aussi l’article de Jim Knight «  Deer Need a Little "Tough Love" in Winter  » 4 décrivant une dame hystérique en compagnie d’agents de la faune les implorant de venir en aide aux pauvres chevreuils victimes de l’hiver cruel… L’agent lui répondant « madame vous attirez des chevreuils de partout vers une diète inappropriée de foin et de maïs », et en pointant deux carcasses de cerf congelées à quelques mètres de la mangeoire de la dame, « je suis désolé mais vous allez en voir d’autres comme ça» d’ajouter l’agent.

Comme plusieurs, je recommande d’avantage l’exécution de plans d’aménagement du territoire, qui est plus efficace et d’avantage bénéfique pour le chevreuil que le nourrissage artificiel. 5 En fait, le nourrissage artificiel ne devrait être envisagé qu’en dernier recours, et comme une solution inhabituelle. Pour ne pas nuire au chevreuil, le nourrissage demande énormément de temps, une quantité astronomique de nourriture spécialisée et beaucoup d’équipement, tout en procurant un résultat plutôt mitigé. Le nourrissage du chevreuil en hiver n’augmente aucunement le succès de chasse. Bien au contraire, à la fonte des neiges, les mâles quitterons votre secteur, souvent sur-brouté, en quête d’un secteur plus riche. Vous risquez plutôt d’alimenter le succès d’autres chasseurs... !

 

Objectifs de l’Article

Suite à l’hiver 2007-2008, j’ai décidé d’écrire un article sur le nourrissage du chevreuil.

 

Chevreuil sans doute victime de carottes gelées en bordure de route

L’objectif préconisé par cet article est avant tout d’informer les lecteurs sur cette pratique dangereuse pour les chevreuils. L’auteur espère partager les fruits d’une recherche approfondie sur le sujet et de plusieurs années d’évaluation et d’observation sur le terrain. En conclusion, quand, comment, et pourquoi nourrir ou plutôt ne pas nourrir pour éviter les erreurs qui peuvent être dommageables et même mortelles pour nos chevreuils.

 

Seront discutés dans l’article les points suivants :

  • Qui sont généralement les survivants de l’hiver.
  • Sans un rumen actif, les cerfs sont comme nous et incapable de digérer le contenue fibreux des plantes et des branches qui constituent leur diète hivernale.
  • Les « nourritures » couramment données aux chevreuils et leur danger potentiel.
  • Le nourrissage du chevreuil dans les zones de chasse risque d’avantage de nuire à votre succès de chasse !
  • L’aménagement du territoire comme solution durable et efficace.
  • Le nourrissage, comme solution de dernier recours. Quand, comment et pourquoi.

Qui sont généralement les survivants de l’hiver ?

Les survivants de l’hiver ne sont pas ceux qui mangent en plus grande quantité, mais plutôt ceux qui ont emmagasiné suffisamment d’énergie avant l’hiver et conservé leur énergie pendant l’hiver.6 Comme un conducteur de voiture qui roule au ralenti et évite les accélérations foudroyantes pour économiser le carburant, les cerfs sont au ralenti durant l’hiver. Les cerfs mangent très peu, leur niveau d’activité diminue et ils se déplacent moins. Ils passent à travers l’hiver en puisant dans leurs réserves de graisse, et subsistent et maintiennent leur rumen actif en consommant une faible quantité de ramilles de différentes espèces d’arbres incluant certains conifères. En dernier recours, ils vont même s’attaquer à l’écorce des arbres. 7 , 8

Les chevreuils sont beaucoup plus aptes à survivrent à nos rudes hivers que nous le pensons. 9 À la suite d’un hiver difficile, les chevreuils peuvent décéder d’épuisement; épuisement des réserves de graisse accumulée durant l’été et l’automne, épuisement de leur énergie vital. La survie des chevreuils est directement proportionnelle à leurs réserves de graisse et la diminution de leurs activités durant l’hiver. Ces réserves sont généralement la plus élevées chez les femelles que chez les mâles, et encore plus basses chez les veaux; particulièrement les veaux mâles.

Selon mes observations et selon la littérature scientifique à ce sujet, les premiers à succomber à l’hiver sont les veaux mâles. Les veaux mâles ont une dépense énergétique au repos plus grande que celle des veaux femelles, 10 Dans les secteurs affectés par un débalancement des sexes, les veaux mâles atteignent une maturité sexuelle au début de l’hiver et épuisent leur énergie à courtiser les femelles. 11 Nous avons enregistré deux mortalités à l’hiver 2007-2008 : deux veaux males, un mort avant les opérations de nourrissage, l’autre visiblement actif auprès des femelles durant l’hiver.

Les femelles, même en gestation sortent les grandes gagnantes. Elles sont sans doute les mieux préparées, ayant accumulé davantage de réserves de graisse avant l’hiver, et ayant conserve leur énergie durant tout l’hiver. 12

Le nourrissage vient malheureusement contrecarrer les plans de la nature. En effet, l’absorption d’une faible quantité d’une diète artificielel (maïs, moulée avec mélasse, fruits, légumes…) aura pour effet d’augmenter le métabolisme basal, d’augmenter les déplacements, et de réveiller l’animal qui pourrait dépenser d’avantage d’énergie que ce qu’une nourriture artificielle peut procurer, d’où l’importance de ne pas nourrir, ou de nourrir en quantité et en qualité suffisante.

 

Sans un rumen actif, les cerfs sont comme nous et incapable de digérer le contenue fibreux des plantes et des branches qui constitue leur diète hivernal

Les principaux constituants de la diète naturelle des cerfs durant l’hiver sont les fibres (cellulose) (25%+), les protéines (moins de 7%), les sucres simple (moins de 2%) et l’amidon (moins de 2%). Malheureusement, sans un rumen en bonne condition, qui est un véritable réacteur biochimique qui transforme la matière fibreuse (cellulose) en énergie assimilable, le chevreuil peut mourir de faim.

  • Les cellulolytiques sont des bactéries qui digèrent la fibre (plantes, branches…). Ils représentent la plus grande proportion des bactéries digestive du rumen en période hivernal. Ils sont aussi très importantes pour la digestion, et ce peu importe la période de l’année. Ces bactéries se reproduisent lentement et sont très fragiles. Elles subsistent dans le rumen à condition que le pH soit neutre à basic entre 6.9 et 8.7. L’animal ingérant un contenu élevé en fibre maintiendra l’activité de ces bactéries digestives tout en retirant une bonne quantité d’énergie. Cet animal survivra plus facilement aux conditions hivernales, et tirera profit plus rapidement des nouvelles repousses à sa disposition.
  • Les amylolytiques sont les bactéries qui digèrent l’amidon. Les protozoaires ont aussi un rôle au niveau de la digestion de l’amidon. Les amylolytiques et les protozoaires sont généralement moins présents dans le rumen des chevreuils en période hivernale pour faire place aux cellulolytiques. De plus, les bactéries amylolytiques produisent de l’acide lactique qui fait chuter le pH du rumen!
  • Une diète artificielle contenant de l’amidon (maïs, blé…) risque de faire diminuer rapidement le pH du rumen, ce qui détruirait l’activité des bactéries cellulolytiquesnécessaire a la digestion de leur nourriture hivernale. Un contenu en amidon (maïs, blé…) causera la famine pendant plusieurs jours!

Il est important de constater la fragilité du système digestif du chevreuil, 13 particulièrement en hiver, et l’importance de choisir une nourriture appropriée qui se rapproche de la composition d’une diète naturelle; riche en fibre (25%+), faible en protéine (10%-) et faible en amidon. Un animal nourri avec la mauvaise nourriture peut mourir de faim le ventre plein…

 

Les « nourritures » couramment données aux chevreuils et leur danger potentiel 

FRUITS ET LÉGUMES

Les fruits et les légumes n’offrent aucun bénéfice aux chevreuils qui les consomment en période hivernale.

Les fruits et légumes sont principalement constitués d’eau et de sucre, et risquent d’affecter le métabolisme du chevreuil et de le « réveiller » inutilement. Si les pommes, carottes ou autres sont gelés, les animaux qui les consomment devront puiser dans leurs réserves de graisse pour réchauffer cette nourriture, en plus d’abaisser momentanément la température du rumen. L’abaissement de la température du rumen de quelque dégrées suffit à diminuer l’activité des bactéries digestives. En conclusion, plus les chevreuils consomment de fruits et de légumes gelés, plus ils perdent leurs réserves de graisse rapidement.

Suggestion : Eviter les fruits et légumes en hiver, surtout gelés; ils n’ont aucune valeur nutritive en hiver.

CÉRÉALES (MAÏS, BLÉ, ORGE, AVOINE)

Le contenue en amidon dangereusement élevé des céréales, risque de nuire sérieusement aux chevreuils en affectant directement le rumen du system digestif. Le maïs contient environ 8% de protéine, 75% d’amidon et moins de 2% de fibres alors que l’avoine entière contient 13% de protéine, 47% d’amidon et 16% de fibre.

Un apport élevé en amidon causera une chute du pH ruminal et une accumulation d'acide lactique et de méthane. On observe alors la mise en place d'acidose ruminal, du durcissement de la paroi du rumen, une mauvaise absorption des nutriments, et une chute de la digestibilité de la fibre. Imperceptible par les « nourrisseurs » bien intentionnés, un animal affecté décède, ou dans le meilleur des cas, c’est la famine pour cet animal pendant plusieurs jours pendant que le rumen s’ajuste…. ». Les chevreuils raffolent du maïs et le maïs est souvent utiliser pour les «  observations de fin de semaines » et cette pratique est extrêmement dommageable pour nos chevreuils.

Suggestion : Il est conseillé de ne jamais donner de maïs pur. L’avoine est la céréale la plus sécuritaire de par son contenu plus élevé en fibre. La famine qui suit la période d’ajustement du rumen aux céréales peut durer jusqu'à trois semaines. Le nourrissage devra donc se poursuivre jusqu’au printemps! Je vous invite à lire la chronique de Denis Harvey sur chevreuil.net.

FOURRAGES DE MIL, LUZERNE OU LUZERNE EN PASTILLE

Plusieurs m’ont rapporté avoir trouvé des carcasses à proximité de balles de luzerne. Étant donnée que le rumen fonctionne au ralentie, un animal pourrait mourir à la suite de compaction d’une trop grande quantité de fourrage dans le rumen. Les chevreuils doivent ruminer longtemps avant de tirer profit de cette nourriture. De plus, le taux de protéine élevé de ces fourrages se traduit par un excès d'ammoniaque qui s'accumule dans le rumen, passe dans le sang pour être transformé en urée et devient toxique alors pour l'animal. 14 On observe alors une baisse de l'ingestion, de l'immunité, et un taux élevé d’avortements !

Suggestion : Les fourrages de luzerne ou de mil ne doivent jamais être donnés en excès, ou comme nourriture d’urgence. Étant donné qu’en hiver le rumen fonctionne au ralenti et que les fourrages contiennent une forte teneur en protéine (18%+), il serait préférable d’éviter complètement les fourrages durant l’hiver. On peut en distribuer tôt en hiver avant que la famine s’installe et/ou en très petite quantité à la fois en hiver, bien dispersé.

NOURRITURE AVEC MÉLASSE (Bétail, « Ruminant Sauvage », #1954 ou #M910…)

Ces mélanges de céréales sont acceptable, mais en raison du contenue de mélasse, les cerfs en consomme plus qu’ils en ont besoin. Ces mélanges ont souvent un taux de protéine trop élevé en plus d’être faibles en fibre. Finalement, ces mélanges contiennent du maïs entier, et il arrive parfois que certains chevreuils vont manger sélectivement le maïs.

Suggestion : Ces mélanges ne sont pas idéaux pour le chevreuil. Il existe des solutions de rechange plus abordable.

PURINA 5614 ou équivalent (Moulée pour chevreuil)

La 5614 est une moulée complète avec vitamines spécialement formulée pour les chevreuils. Elle contient 14% de protéine et 18% de fibres, et se rapproche de leur nourriture hivernale. Malheureusement, elle contient du maïs parmi les ingrédients d’où sont contenue en amidon d’environ 20%.

Suggestion : Ce mélange n’est pas nuisible pour le chevreuil, mais en raison d’une période d’ajustement du rumen aux céréales qu’il contient, le nourrissage devra se poursuivre jusqu’au printemps!

PURINA 5644 (Complément de Fourrage, Pulpe de Betterave)

La 5644 est une bonne moulée pour le chevreuil en période hivernal. Elle contient environ 10% de protéine et plus de 30% de fibre, et ce rapproche en plus de leur nourriture hivernale. Cette moulée ne contient presque pas d’amidon et de sucres puisque c’est un sous-produit fibreux isolé après l’extraction du sucre de betterave. D’autres produits équivalents sont disponibles ; il suffit de demander un complément dans lequel la source d’énergie provient de fibres.

Suggestion : Distribué au bon moment et au bon endroit, ce mélange est bon pour le chevreuil en hiver. Il peut être mélangé au Purina 5614 ou équivalent de façon à fournir aussi une bonne quantité de vitamines.

BLOC DE SEL

Bien que les sels minéraux ne constituent pas une source de nourriture, un bloc de sel fournira des minéraux tels que le calcium et le phosphore nécessaire au bon fonctionnement du rumen. Je vous invite à lire les articles de Benoit Cloutier and Pierre Chabot sur Chevreuil.Net. En hiver, un bloc de sel bien positionné est une solution sécuritaire aux « observations de fin de semaines ».

 

Le nourrissage du chevreuil dans les zones de chasse risque de nuire à votre succès de chasse !

Nous sommes portés à croire que de nourrir les chevreuils l’hiver augmente le succès de chasse à l’automne suivant. Au contraire, particulièrement pour les mâles qui quittent le secteur au printemps. Je vous invite à lire l’article d’Émilie Allard sur Chevreuil.net.

En augmentant le nombre de chevreuils sur votre terrain durant l’hiver, même avec une nourriture adéquate, le sur-broutage est inévitable. Votre terrain s’appauvrit durant l’hiver, et devient moins attrayant pour les chevreuils qui choisiront un autre secteur au printemps.

Vous nourrissez des trophées potentiels qui vont sélectionner un secteur plus riche pour y passer l’été et une partie de l’automne. Vous avez donc augmenté le succès d’autres chasseurs… !

 

Male mature de passage durant l’hiver

Étant donné que les chevreuils occupent un territoire différent en hiver, le mauvais nourrissage de quelqu’un à plusieurs kilomètres peut affecter les chevreuils qui occuperaient votre territoire de chasse en automne, et ainsi ruiner votre chasse ! De votre coté, plutôt que de nourrir, conscientisez votre entourage à ne pas nourrir et vos succès de chasse risques d’augmenter au passage…

 

L’aménagement du territoire comme solution durable et efficace

Les chevreuils sélectionneront des secteurs avec un bon couvert protecteur et une quantité de nourriture abondante. En hiver, une plantation de pins constitue un bon abri mais une zone très pauvre en nourriture. C’est la même chose pour une érablière, dépourvue de conifères et dépourvue de repousses, ce type d’érablière constitue un mauvais habitat autant en été qu’en hiver. Les meilleurs habitats comprennent un heureux mélange de conifères comme zone d’abris et des zones clairsemées nourricières.

COUPES JARDINIÈRES ET AMÉNAGEMENT FORESTIER

Les zones clairsemées sont très importantes. Elles favorisent les jeunes pousses de ramilles qui constituent la source principale de nourriture durant l’hiver alors que les herbages fournissent une bonne quantité de nourriture durant le printemps, l’été, l’automne et au début de l’hiver pour bien préparer les chevreuils avant l’arrivée de l’hiver.

Vous aurez donc aménagé un secteur de choix pour le chevreuil.

 

 

Champ nourricier « naturel » sans semence à partir d’une éclaircie avec rajout d’engrais seulement

 

Ces zones clairsemées sont plutôt faciles à créer; il suffit de couper certains feuillus (éclaircir) durant la période la plus difficile de l’hiver, et de laisser les arbres au sol jusqu’au printemps.

Un aménagement est beaucoup plus efficace, moins couteux et davantage bénéfique que le nourrissage artificiel. Pour avoir plus d’information à ce sujet, je vous invite à lire les chroniques d'Étienne Lemieux sur Chevreuil.net.

 


Eclaircie coup sélective sur flanc sud au printemps

LES CHAMPS NOURRICIERS

Un champ nourricier fait partie intégrante d’un habitat de choix sélectionné par les chevreuils. Un champ nourricier bien préparé fournira plusieurs tonnes d’une nourriture de qualité pour les chevreuils. Les champs nourriciers sont plus qu’un outil de chasse ils bénéficient directement les chevreuils en les préparant pour l’hiver. Je vous invite à lire les articles de Louis Gagnon, Yann LeBihan et Luc Brodeur sur chevreuil.net.

De mon coté, j’aimerais vous proposer deux types de champs nourriciers économiques, efficaces et demandant peu ou pas d’équipement sois le champ nourricier naturel et l’ avoine en automne.

 

Le premier consiste à simplement éprendre de l’engrais manuellement pour favorise les plantes fourragères naturelles dans les éclaircies et les sentiers de VTT.

La seconde consiste à simplement épandre à la volé de l’avoine ordinaire sur le sol en septembre durant une semaine pluvieuse. En quelques jours l’avoine aura germé et en quelques semaines les chevreuils bénéficieront d’un champ nourricier en pleine forêt!

 

Le nourrissage, comme solution de dernier recours : quand, où et comment

PLANIFICATION

Le nourrissage pour être efficace demande énormément de temps, énormément de ressource et d’équipement. Aurez-vous le temps, et les moyens de poursuive tout l’hiver ? Aller vous être en mesure de continuer l’année suivante si nécessaire ?

Avant d’entreprendre tout nourrissage, vous aurez besoins d’une remorque ou d’un camion pour transporter l’équipement, d’une motoneige et d’un traineau pour transporter la nourriture sur les sites de nourrissage, de plusieurs chaudières, et de l’aide.

Il faut planifier ½ kg de moulée par chevreuil par jour, ce qui équivaut a une poche de 40 kg par chevreuil pour l’hiver, ou 18$ par chevreuil.

 

 

 

 

Préparation et distribution

 

QUAND COMMENCER À NOURRIR ?

Les dépenses énergétiques, le stress et la famine commencent à se faire sentir dès que l’enfoncement dans la neige est supérieur à 50 cm.

Il est suggéré de commencer à nourrir 20 jours après que l’enfoncement dépasse 60 cm 15 , moment ou il est impossible de marcher sans raquettes. Tout particulièrement si les accumulations de neige se suivent. Le nourrissage doit se poursuivre tant que les chevreuils n’ont pas facilement accès à une nourriture naturelle. Il est complètement inutile de débuter le nourrissage après le mois de mars d’où l’inefficacité rapporté de la majorité des opérations de nourrissage d’urgence. 16

 

À partir de la fin mars, les chevreuils en famine avancée sont irrécupérables, et les autres en meilleur état doivent être laissés à eux mêmes pour éviter les dépenses énergétiques inutiles.

Le moindre ajustement à une nourriture artificielle pourrait être fatal pour ces chevreuils. De vous engager à restreindre l’accès aux sites d’hivernage est d’avantage utile aux chevreuils que le nourrissage en fin d’hiver.

 

OÙ NOURRIR?

Il est primordial d’aller porter la nourriture là ou les chevreuils vivent, loin des maisons, loin des routes, et loin des activités humaines. De préférence près de leurs sentiers, et sous le couvert forestier, et ce, en dispersant le plus possible la nourriture.

COMMENT?

Des dizaines de tas (poignées) au sol, sur la neige propre, compactée par chevreuil. Quand de nouveaux sentiers se développent, on augmente le nombre de sites de nourrissage pour disperser les animaux le plus possible. Ceci évite la compétition, les dépenses énergétiques inutiles, et la transmission de maladies. Le nombre de sites de nourrissage augmente graduellement, de 3 à 18, et le nombre de chevreuils passe facilement de 30 à plus de 200… ! Il faut donc prévoir en conséquence !

Il est fortement déconseillé d’abattre un arbre strictement pour nourrir des chevreuils ! Un arbre prends des décennies à pousser et fournira de la nourriture et un couvert à plusieurs génération de chevreuils; une fois abattu, il nourrira a peine trois chevreuils pendant une semaine…! Utilisez plutôt un sécateur et coupez quelques ramilles inaccessibles de feuillue ou de cèdre.

FRÉQUENCE

De préférence les sites de nourrissage doivent être visités et réapprovisionnés aux trois jours, où à toutes les fins de semaines en prenant bien soin de calculer la bonne quantité de nourriture qui ne doit pas être inferieure a ½ kg de moulée par chevreuil par jour.

Conclusion

Pour que les chevreuils bénéficient de nos actions, il faut être bien préparé. Un aménagement du territoire est toujours plus efficace que le nourrissage et augmentera vos succès de chasse et d’observations. En cas de nécessit é , les chevreuils ont besoin d’une nourriture accessible, riche en fibres et faible en amidon et en protéines.

 

Références :

 

1 http://www.fapaq.gouv.qc.ca/fr/Documentation/depliant_nourrissage_cerf_02.pdf

2 Servir le cerf sans l’asservir , par Jean Hamann  http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2000/03.16/cerf.html 16 Mars 2000

3 http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/1999/03.18/cerfs.html 18 Mars 1999

4 D eer Need a Little "Tough Love" in Winter, by Jim Knight, MSU Extension Wildlife 2008

5 Female Survival Rates in a Declining White-Tailed Deer Population , by Christopher S. DePerno, Jonathan A. Jenks, Steven L. Griffin and Leslie A. Rice Wildlife Society Bulletin © 2000

6 Fasting Metabolism of White-Tailed Deer, by Helenette Silver, N. F. Colovos, J. B. Holter and H. H. Hayes The Journal of Wildlife Management, Vol. 33, No. 3 (Jul., 1969) , pp. 490-498

7 Appraisal of White-Tailed Deer Winter Habitats in Northeastern Minnesota, by John F. Wetzel, James R. Wambaugh and James M. Peek The Journal of Wildlife Management , Vol. 39, No. 1 (Jan., 1975), pp. 59-66.

8 Winter Foraging Strategy of White-Tailed Deer at the Northern Limit of its Range by André Dumont & al. Ecoscience pp. 476-484.

9 Whitetail winter - whitetail deer survive and thrive in snowy weather , Ranger Rick, FindArticles.com. 11 Dec. 2008. http://findarticles.com/p/articles/mi_m0EPG/is_n12_v31/ai_20013755

10 White-tailed Deer Habitat: Ecology and Management on Rangelands By Timothy E. Fulbright, J. Alfonso Ortega-S, Page 42, Published by Texas A&M University Press, 2006

11 Breeding by Male White-Tailed Deer Fawns, Stephen R. Schultz and Mark K. Johnson, Journal of Mammalogy, Vol. 73, No. 1 (Feb., 1992), pp. 148-150

12 Winter severity, survival, and cause-specific mortality of female white-tailed deer in north-central Minnesota by DELGIUDICE Glenn D & al. The Journal of wildlife management  ISSN 2002, vol. 66, n o3, pp. 698-717 (2 p.1/2)

13 White-tailed Deer Habitat: Ecology and Management on Rangelands By Timothy E. Fulbright, J. Alfonso Ortega-S, Page 32, Published by Texas A&M University Press, 2006

14 Capability of Mule Deer to Utilize Fibrous Alfalfa Diets by Gene G. Schoonveld, Julius G. Nagy and James A. Bailey The Journal of Wildlife Management, Vol. 38, No. 4 (Oct., 1974), pp. 823-829

15 Guidelines for Winter Feeding of Deer in Ontario Ontario Natural Resources

16 Influence of Overstory on Snow Depth and Density in Hemlock-Spruce Stands: Implications for Management of Deer habitat in Southeastern Alaska PNN-RW-454 US Dept. of Agriculture 1987

 

Éric Fournier

 

3 janvier 2009


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