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LES JOIES DU FISHEYE par Christian Autotte

Les objectifs « fisheye » ou Œil-de-poisson sont bien connus pour leur particularité de déformer l'image. Ils sont également connus pour leur champ de vision couvrant pratiquement 180 degrés. C'est ce même champ de vision qui est à la fois leur principal avantage et le plus grand obstacle à surmonter dans leur utilisation.

Pour le photographe inexpérimenté un champ de vision aussi large résulte souvent en une image trop vide. Il faut apprendre à bien gérer cet espace pour bien le remplir et tirer meilleur parti de l'effet de profondeur que ces super-grands angles peuvent donner.

L'une des meilleures façons de composer une image avec un fisheye est de trouver un avant plan fort. L'effet grand angle rend alors le sujet très grand par rapport à l'arrière-plan mais ce dernier reste présent et place le sujet dans son environnement. On obtiendra aussi un effet de profondeur accrue par rapport à une optique que l'on pourrait qualifier de  plus normale.

Les fisheyes sont des objectifs « tout inclusifs » qui permettent souvent de rendre une image plus intéressante dans des situations où le manque d'espace pourrait isoler le sujet. Dans le cas de paysages où le ciel doit prendre plus d'importance un fisheye peut donner au ciel tout l'espace désiré.

Une autre caractéristique bien connue de ces objectifs est la déformation tout en courbes qu'ils donnent aux lignes droites. Si ces déformations sont bien marquées en bordure du cadre, elles ont tendance à disparaître vers le milieu de l'image. En positionnant l'horizon plus près du centre on limitera la distorsion. Sinon, il sera toujours possible de corriger l'effet fisheye en post production mais au prix d'une portion de l'image qui sera « choppée » par le logiciel.

Par contre, bon nombre de photographes qui travaillent avec un fisheye le font justement à cause de son effet déformant. Dans ce cas pourquoi ne pas faire tout en œuvre pour mettre l'effet bien en vue? Pointez vers la cime des arbres et ceux-ci semblent plier comme pour imiter la voute des cathédrales. Placez l'horizon vers le haut de l'image, et vous obtiendrez une « mini-planète » tout en courbes.

Les fisheyes existent en deux configurations : circulaire ou plein cadre. Comme son nom l'indique, le fisheye circulaire donne une image ronde. Mais cet effet fonctionne seulement avec un appareil plein cadre. Le même objectif sur un appareil APS-C donnera une image avec les coins noirs; il est alors possible soit de recadrer ou de retoucher les coins. Mais on peut aller  encore plus loin : en utilisant un adaptateur j'ai monté un fisheye circulaire conçu pour plein cadre sur un Olympus micro 4/3. Le résultat est une image fisheye qui remplit l'image sans faire de vignettage. Le meilleur des deux mondes…

Christian Autotte


Note de chevreuil.net : Christian Autotte est photographe professionnel et conseiller chez Lozeau, rue st-Hubert à Montréal. Si vous désirez vous faire conseiller pour l'achat d'un nouvel appareil ou objectif, n'hésitez pas à le rencontrer. 


Le manque d'espace et le désir de placer cette hutte de castor dans son environnement font du fisheye le choix idéal.

Canon 7D, Peleng 8mm, 1/800, f/8, ISO 400.


La crête d'un esker (une colline laissée par le retrait des glaciers) au Parc de La Mauricie. Le fisheye permet de voir la pente raide de part et d'autre de la crête.

Olympus OMD E-M1 Mark II, Peleng 8mm et adaptateur, 1/60, f11, ISO 800.


Le fisheye donne un effet de cathédrale à cette forêt printanière.

Olympus OMD E-M1, Peleng 8mm et adaptateur, 1/250, f/11, ISO 200.


L'angle très large permet d'inclure une large portion du ciel nocturne. La distorsion du fisheye est masquée par l'effet en silhouette de l'avant plan.

Olympus OMD E-M1 Mark II, Peleng 8mm et adaptateur, 30 sec, f/5.6, ISO 8000.


Le ciel nocturne du Parc de La Mauricie. Un positionnement judicieux de l'horizon a permis de diminuer l'apparence de la courbure due au fisheye.

Olympus OMD E-M1 Mark II, Peleng 8mm et adaptateur, 30 sex, f/5.6, ISO 6400.


La feuille d'érable à quelques pouces devant l'objectif donne un effet de profondeur impossible à obtenir autrement.

Canon 7D, Peleng 8mm, 1/50 sec, f/4, ISO 640.



On peut corriger l'effet fisheye en post-production, mais est-ce vraiment nécessaire?

Canon 40D, Tokina 10-17, 1/400, f/9, ISO 160.


Les fisheyes circulaires donnent une image ronde. Certains peuvent trouver l'effet intéressant…
Canon 6D, Peleng 8mm, 30 sec, f/5.6, ISO 5000.


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