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COMPOSER UN PAYSAGE par Christian Autotte

Les façons de photographier un paysage sont nombreuses et varient non seulement en fonction du paysage photographié, mais également selon le photographe derrière la caméra. Placez une demi-douzaine de photographes devant la même scène, donnez-leur le même équipement, et vous n'obtiendrez jamais deux images identiques…

L'approche classique de composer un paysage est de le diviser en trois zones : l'avant-plan, le milieu, et l'arrière-plan. Le principal point d'intérêt peut se retrouver dans chacune des trois zones. Plusieurs photographes amateurs ont la fâcheuse habitude de photographier en se tenant debout, ce qui donne un point de vue souvent limité qui élimine des éléments d'avant plan qui pourraient grandement améliorer l'image finale. Par exemple, un bord de mer sera plus intéressant en incluant des éléments de la plage en avant-plan. Descendre au ras du sol pour inclure des roches dans la composition rehausse souvent l'image d'une belle chute ou d'un ruisseau. Un autre élément de l'avant plan utilisé par les photographes consiste à placer des branches feuillues au-dessus ou sur les côtés de l'image pour former une sorte de cadre au sujet principal.

Pour bien enregistrer les trois zones il faudra souvent avoir recours à une profondeur de champ importante. On fermera souvent le diaphragme autour de f/11 ou f/16, sans toutefois aller dans l'excès. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, fermer le diaphragme à f/45 n'est pas une bonne idée; l'ouverture trop petite du diaphragme cause des effets de diffractions qui diminuent la netteté de l'image plutôt que de l'augmenter. Pour obtenir le maximum de profondeur de champ pour une ouverture donnée on conseille également de faire la mise au point à environ un tiers de la distance totale de la zone que l'on désire avoir nette. C'est que la profondeur de champ s'étale de 1/3 devant le point de focus et de 2/3 après.

Un autre aspect à surveiller dans plusieurs photos de paysage concerne les lignes de composition, non seulement celle formée par l'horizon, mais également celles du bord des plages, les lignes de rochers, des berges de rivières, des lignes d'arbres ou autres éléments de végétation. Bien utilisées, ces lignes peuvent diriger l'œil vers les points forts de l'image, les points d'intérêts qui nous ont attirés vers ce paysage en particulier.

L'orientation des lignes aura également un effet direct sur l'aspect émotionnel de l'image. Les lignes horizontales évoquent le calme et la stabilité; les lignes verticales sont souvent signe de force et de grandeur; alors que les diagonales donnent une image dynamique, impliquant action et mouvement. Les lignes bien définies dirigent également l'œil dans l'image. Contrairement à la photographie d'un objet en particulier, comme une fleur ou un portrait, la composition classique suivant la règle des tiers est moins évidente à appliquer à un paysage. Pour rappeler la règle des tiers, il s'agit d'une façon de composer une image en la divisant en tiers à la façon d'un tic-tac-toe; là où les lignes se croisent se retrouvent les points forts de l'image où le sujet principal devrait se retrouver.

En paysage, la règle des tiers nous indique que les grandes lignes ne doivent pas se retrouver au milieu de l'image. Idéalement, la ligne d'horizon devrait également être placée sur une des deux lignes horizontale de notre tic-tac-toe, mais laquelle, celle du haut ou celle du bas? Tout dépend du paysage. Si le ciel est l'élément dominant de l'image, on place généralement l'horizon plus bas, alors qu'on place l'horizon plus haut pour donner plus d'importance aux éléments de l'avant plan ou du milieu de l'image.
Le mois prochain nous continuerons donc notre exploration en décidant où placer cette ligne d'horizon.

Christian Autotte

Note de chevreuil.net : M Christian Autotte est photographe professionnel et conseiller chez Royal Photo à Montréal. Si vous désirez vous faire conseiller pour l'achat d'un nouvel appareil ou objectif, n'hésitez pas à le rencontrer.

LES PHOTOS

 

Cette image est une suite de diagonales sans rien d'horizontal. L'impression est dont très dynamique; on imagine facilement qu'évoluer au milieu de ce paysage demandera des efforts…
Tiré d'une diapositive.

Plusieurs éléments de composition ont été utilisés dans ce paysage : avant plan, cadre généré par la végétation, ligne d'horizon placé assez haute pour mettre plus d'emphase sur l'avant plan et le lac au milieu de l'image.
Canon 6D, 17-40 à 24mm, 1/15 à f/14, ISO 160

En composant cette image j'ai évité de placer la chute parfaitement horizontale. Le ruisseau forme une première diagonale, et la chute une seconde qui vient rejoindre la diagonale formée par les roches de l'avant plan.
Canon 7D, 17-40 à 21mm, 25 sec à f/16, ISO 400

Avant-plan, milieu d'image, et arrière-plan, sont bien juxtaposés dans ce paysage d'automne.
Olympus E-M1, 12-40 à 40mm, 1/60 à f/8, ISO 200

Pour illustrer cette ancienne mare à castor vide j'ai donné beaucoup d'emphase au premier plan tout en gardant la profondeur de champ nécessaire pour que l'arrière-plan demeure net. Les diagonales formée par les troncs d'arbres de droite emmènent l'œil jusqu'au fond de l'image.
Canon Rebel, 17-40 à 17mm, 1/40 à f/11, ISO 400

En se plaçant assez bas, les roches et le feuillage forment un point d'ancrage intéressant. De là, l'œil suit le ruisseau jusqu'au fond de l'image.
Canon 6D, Laowa 12mm, 2.5sec à f/11, ISO 100

Ce phare au Nouveau-Brunswick est placé au haut d'une diagonale dynamique. Beaucoup d'emphase a également été placé sur le ciel magnifique.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 12mm, 1/200 à f/10, ISO 320

Un autre exemple de diagonales qui dirigent l'œil jusqu'au fond de l'image.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 12mm, 1/200 à f/10, ISO 320

Un avant-plan intéressant dirige l'œil vers un milieu constitué par l'ilot et la rive éloignée. Le ciel, dénué de nuages, était moins intéressant; on lui donne donc moins d'importance.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 25mm, 1/60 à f/11, ISO 400

Deux amis relaxent sur une plage du Nouveau-Brunswick. Cette image est également d'une suite de diagonales : la plage de galets, la falaise, même la ligne de nuages et les nuages eux-mêmes, forment une suite de diagonales s'imbriquant les unes dans les autres.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 20mm, 1/60 à f/11, ISO 200

L'eau sombre du ruisseau dessine un « S » sur un fond de neige, le tout bien supporté par un avant plan d'arbres enneigés.
Olympus E-M1 Mark II, Laowa 7.5mm, 1/80 à f/11, ISO 100

Enlevez les roches de l'avant plan et vous verrez à quel point on affaibli l'image. Le feuillage en haut à droite balance les feuilles de même couleur sur la gauche. Le tout forme un cadre pour cette belle chute du Parc de la Mauricie.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 21mm, 0.4sec à f/11, ISO 200

Une belle chute dans le fin fond de la Gaspésie. Le buisson de l'avant plan balance la végétation que l'on voit en haut à gauche, alors que la diagonale formée par les arbres qui poussent sur la falaise est équilibrée par la masse d'une grosse roche à gauche.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 22mm, 1sec à f/16, ISO 100

L'avant-plan prend toute son importance dans cette image. Le milieu est constitué par la multitude de fleurs, alors que l'arrière-plan de la forêt place les fleurs dans le milieu où elles poussent.
Olympus E-M1 Mark II, 12-40 à 12mm, 1/80 à f/6.3, ISO 500, stacking de 6 images dans l'appareil.


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