Les chroniques de Charles-Henri Dorris

Bonjour à tous

Il me fait plaisir de me joindre à l’équipe chevronnée de chevreuil.net en tant que chroniqueur. Depuis 20ans, je suis passionné de chevreuils. Bien que la chasse soit mon activité favorite, je ne manque jamais une occasion d’aller observer leurs rituels de vie.

Que se soit l’hiver pour les localiser en fonction de la chute des bois, le printemps pour la recherche de ces mêmes bois, jamais je ne manque une occasion de m’évader en forêt pour en faire l'observation. J’en profite ainsi pour satisfaire mon insatiable besoin de prospection et pour faire de la photographie.

Je demeure dans la région de la Mauricie et y chasse activement. Depuis 2 ans, je vis aussi de belles expériences de chasse
dans l'ouest canadien . L’Alberta est un vrai livre ouvert sur mon animal préféré et j’y apprend beaucoup. Ma quête de gros mâles ne lâche jamais mais j`accepte d'être satisfait à l’occasion par des bêtes plus modestes. Tous leschevreuils récoltés légalement demeurent des trophée à mes yeux.

Ma chasse de prédilection est la chasse à l’arc. Je suis par contre très ouvert aux autres styles de chasse. Que se soit à l’arme à chargement par la bouche, le fusil ou la carabine, j ai récolté des cerfs trophées avec chacune de ces armes.

Depuis maintenant 4 ans, j’offre de la formation sur la chasse aux chevreuils. Cela me permet de partager mes secrets et astuces avec des chasseurs désirant approfondir leurs connaissances.

L’orignal est un gibier qui me fascine tout autant. À quelques occasions, j’ai eu la chance de guider des chasseurs d’orignaux. Plusieurs orignaux trophées et certains plus modestes ont déjà goûtés à ma médecine.

Bien que ma priorité demeure le gros gibier, j’ai aussi réussit à récolter 2 ours avec mon arc sur 3 saisons.

En terminant, je tiens à féliciter monsieur Pierre Chabot pour le site haut de gamme qu’il à mis au monde et qui sert de référence à bien des chasseurs.

Merci de me lire et à bientôt.

3 articles de Charles-Henri Dorris :

  • Les lignes d'odeurs, vous connaissez? (21 mars 2009)

  • La prospection printanière en milieu agricole. Mais quand ????? (22 fév. 2009)

  • Pensez autrement ! (10 mai 2009)

1er article :

 

LES LIGNES D’ODEURS, VOUS CONNAISSEZ?

Avez-vous déjà remarqué que lorsque vous croisez une belle inconnue, l’odeur de son parfum reste imprégné dans votre mémoire. Cette rencontre odoriférante nous enivre et provoque chez l’homme une image sensuelle. Imaginez un instant que les odeurs de biches provoquent une réaction semblable chez les cerfs mâles, réaction souvent même plus forte qu’une simple sensation de sensualité…

J’étais assis adossé à un bouquet d’érables depuis 50 minutes lorsque j’entendis les craquements de branches caractéristique d’un chevreuil qui marche. Allait-il passer près de moi? Par mesure de précaution, j’avais instinctivement tourné mon corps perpendiculairement à ces mêmes bruits. Environ 50 secondes passèrent et je vis la silhouette d’un géant, le nez au sol, marchant en direction d’une rencontre sublime. Rien ne pouvait l’avertir de ma présence : il était déjà trop tard pour lui. Mais avant de m’adosser à cette talle d' érables, j’avais pris soin de mettre en place toute une mise en scène : des lignes d’odeurs.

Revenons à notre rencontre avec la belle inconnue. Si vous étiez en quête d’une rencontre féminine, l’envie de la suivre l’aurait remporté sur votre bon sens. C’est exactement ce qui est arrivé au mâle chevreuil de ma précédente chasse. Celui-ci avait croisé une des lignes d'odeurs d’urine que j’avais étendue avant de m’installer au sol à 10 mètres d'un sentier de mâles. À environ 300 mètres de là, se trouvait mon site appâté. Je savais qu’un bon nombre de biches et de jeunes mâles le fréquentait. En prenant soin de me placer sous le vent de ce même site appâté, j’ai pris un bon 30 minutes à tirer 4 lignes d'odeurs en fonction de la croisée d’un sentier de mâles et celui d un sentier de femelles. Après avoir vaporisé une de mes bottes d’urine de biche en chaleur et l’autre de mâle, j’ai marché en ligne droite sur près de 300 mètres. Je renouvelais l’urine régulièrement sur mes bottes afin que l’odeur soit plus forte lorsque j'approcherais de mon site d’affût. Je répétai le même manège dans les trois autres directions situées autour de mon site d’affût. Ce qui tout simplement crée une intersection de 4 coins. En effectuant cette démarche, j’espérais qu’un mâle mature patrouille au tour de mon site appâté .Si tel était le cas, j’avais des chances de l’attirer jusqu’à moi.

POURQUOI FAIRE CELA ?

Bien simplement pour augmenter ma portée d’action durant ma séance d’affût. Étant donné que les cerfs préfèrent le couvert relativement dense, étendre des lignes d’odeurs augmente vos chances de capter l’attention de tout cerf passant à l’extérieur de votre champ de vision. Bien sûr, ce n’est pas à tous coups qu’un mâle dominant rencontrant une ligne d’odeurs se rendra à la source mais il y sera tenté. Voici quelques trucs que j’utilise pour maximiser mes chances de rencontre avec des mâles matures.

LES ODEURS À UTILISER :

Je crois que les meilleures odeurs à utiliser sont sans contredit les odeurs se rapportant à la période du rut. Voici celles à privilégier :

  • l’urine de biche en chaleur sous forme liquide ou de cristaux.
  • l’urine de mâle sous forme liquide ou de cristaux.

QUAND UTILISER CES ODEURS ?

Selon mon expérience personnelle, l’utilisation de lignes d’odeurs avec des urines peut fonctionner très tôt en saison et être utile jusqu’au début octobre. Mais pour avoir le plus haut taux de réussite, les dates coïncidant avec la fin du pré-rut sont les meilleures périodes : soit du 28 octobre aux environs du 10 novembre. La raison est simple : les mâles sont prêts 100% pour les accouplements et les femelles réceptives sont rares. Donc Les males doivent donc voyager sur de longues distances à la recherche d’une biche en chaleur. Ceci emmène les mâles en chasse à traverser beaucoup de sentiers dans une journée. L’urine de biche en chaleur sera alors très efficace. Personnellement, je crée toujours un aspect de compétition en jumelant cela avec de l’urine de mâle. De cette façon, je combine la séduction et la compétition dans une même ligne d' odeurs. À la fin du pré-rut, les mâles matures sont très agressifs et cela les pousse souvent à défier les autres mâles, surtout croyant une femelle en chaleur dans le secteur. Je préfère de loin l’utilisation des cristaux d’urine pour mes lignes d’odeurs car ils ont l’avantage de conserver leurs arômes plus longtemps en plus d être simple à utiliser. Par contre, l’urine liquide possède un arôme plus puissant à court terme. Je dispose toujours des 2 sortes d’urine dans mon équipement de lignes d odeurs.

J’utilise surtout les lignes d’odeurs pour la chasse de fin de journée car je peux prendre le temps d’étendre mes lignes d odeurs de façon efficace sans trop perturber le couvert : chose assez difficile à faire à la noirceur. Par contre leur utilisation est aussi efficace le matin quand la situation s’y prête : les nuits de pleine lune sont idéales pour créer des lignes d odeurs avant le lever du jour.

LES ODEURS SUCRÉES

Dans cette gamme d’odeurs, il y a place pour l’imagination du chasseur. J’ai eu du succès avec des arômes de vanille, de pommes, de cannelle, d’anis et de menthe. L’idée étant d’attirer l’attention du gibier par son ventre. Contrairement aux odeurs se rapportant au rut, j ai remarqué que les odeurs de sucré n’intéresseront pas les cerfs sur de longue distance. En fait, j’ai observé en plusieurs occasion des cerfs croisant des lignes d’odeur de sucre et s’en lasser après 40 ou 50 mètres. Pour cette raison, je n’étends pas mes lignes d’odeurs sur plus de 150 mètres : ce qui est souvent suffisant pour faire la différence entre une flèche tirée et une laissée dans le carquois.

Les odeurs de sucré sont très efficaces aussi pour stopper un cerf à un endroit choisi pour un tir d’archer. J’utilise les odeurs sucrées tout au long de la saison. Je préfère par contre les utiliser quand les mâles sont en mode nutrition à 100%.

De la même façon qu’avec les urines, j’étends des lignes d’odeurs en vaporisant mes bottes pour marcher dans les sentiers de cerfs au tour de mon affût. Vous devez toutefois faire attention au détail suivant si vous êtes un archer : ne pas vous rendre à votre affût avec des odeurs attirantes sous les pieds! Vous éviterez ainsi que les cerfs sentent votre présence dans votre mirador. Et un cerf trop près d un mirador n’offre pas une cible idéale pour les flèches… Le meilleur truc est de passer ses bottes dans la boue ou de les frotter avec de la terre. Une autre façon consiste à utiliser des petites guenilles que l’on attache en dessous des Ses bottes. N’importe quel vieux tissu propre peut très bien faire l’affaire. Vous n’avez qu’à imbiber ce tissu a l’aide d’un spray. Une fois les lignes d’odeurs terminées, je retire les guenilles et les accroche à un endroit choisi afin d y attirer les cerfs. Cela peut vous donner une opportunité de tir lorsque le cerf s’arrêtera pour les sentir. Parlants de spray, je conserve chaque bouteille d’urine à vaporiser que j’achète afin de la remplir de divers produits qui me serviront pour mes futures lignes d’odeurs.

OÙ UTILISER LES LIGNES D’ODEURS ?

Il n y pas de lieu ou elles ne peuvent être utilisées. Par contre, il y a des endroits à privilégier. Les endroits que je recherche le plus sont les zones d’attente. Dans ces zones, beaucoup de chevreuils passent car elles sont situées près des sites de nourritures et à l’abri des regards provenant de ce même site de nourriture. Plusieurs sentiers de cerfs convergent dans les zones d'attentes, ce qui augmente les probabilités qu’un cerf suivre votre ligne d’odeur. Un autre endroit où j’aime bien utiliser les lignes d’odeurs est près des sites de repos des mâles. En prenant soin de ne pas trop y faire incursion, j’aime bien en faire le tour sous le vent en laissant des lignes d odeurs. Tôt ou tard, dans ces lieux, il y aura un mâle qui y passera et ce sera à vous d’y être. Il faut toujours considérer que le chasseur ayant en tête des idées originales sera un jour récompensé par la récolte d’un cerf. Partout où les cerfs vivent, les lignes d’odeurs peuvent servir : j’ai déjà utilisé une ligne d odeur en plein champ avec succès.

REVENONS À MON GÉANT

J’étais prêt : mon dos bien accoté sur les 2 plus gros érables de la grappes, les épaules à peine dégagées du bouquet d’érable. Mon fusil de calibre .12 appuyé sur mon genou gauche, j’attendais tous simplement que mon géant fasse un arrêt.

Ce qu’il fit à moins de 10 mètres de moi, parfaitement de coté. Le fusil bien aligné sur son énorme cou, ma respiration retenue, je laissai partir le coup. La réaction fut instantanée pour ce pauvre buck qui venait de suivre un sentier d’odeur attirante pour la dernière fois…

Bonne chasse.

  • Charles-Henri Dorris
    Formateur spécialisé
    dans la chasse au chevreuil
     

22 février 2009

Pour de plus amples informations sur les cours offerts :
Lesdorris@hotmail.com
819-293-6494

 

2ème article :

La prospection printanière en milieu agricole. Mais quand ?????

Le plus tôt possible après la fonte de la neige, j’ai toujours fait la majeure partie de ma prospection tôt au printemps.


Les principales raisons sont les suivantes :

Premièrement, quand la neige vient tous juste de quitter le sol, les signes de la présence des cerfs de l’automne précédent sont très faciles à voir car le peu de végétation au sol est sensiblement la même que durant la dernière saison de chasse .De cette façon je peux facilement me retremper dans l’atmosphère de la chasse. C’est d’ailleurs en réfléchissant à cette dernière saison que je peux me concentrer sur la recherche des indices suivants :

  • Frottages ou lignes de frottages car tôt au printemps il reluisent dû a l’humidité.
  • Grattages ou lignes de grattages car ils sont encore bien dégagés. Identification des sites nourriciers.
  • Repérage des aires de repos.
  • Recherche de sentiers menant à ces 2 derniers points.
  • Identification des zones d’attente (staging area)


    Par où commencer.

    Je débute toujours ma prospection en localisant les points de nourritures. Pour ce faire, je débute par faire un tour sommaire de la propriété, soit en voiture ou à pieds. Cela me permet de vérifier ce qu’il y avait dans les différents champs autour de cette même propriété lors de la dernière saison de chasse. Cela m’aidera à connaître les allées et venues des cerfs du secteur en relation avec ma période de chasse.

    Une fois ces informations trouvées, je vais aller sur le terrain. Tout en marchant autour des sites de nourriture, je cherche les indices laissés par les mâles : frottages de début d automne, frottages de rut, grattages, grattages primaires, ainsi que les sentier débouchant sur les sites nourriciers. Lorsque je trouve un sentier débouchant sur un secteur de nourriture ayant des indices de présence mâle, je passe à l’étape suivante.

    La marche en forêt.

    En marchant dans un sentier de cerfs, je vais tenter de trouver le repaire des buck du secteur. Ma priorité est de trouver un secteur comprenant une grande quantité de frottages. .
    Pourquoi ? Simplement parce que les mâles frottent beaucoup autour et à l’intérieur de leur site de repos. À l’occasion, il arrive qu’une grande quantité de frottages soit observée dans les zones d’attentes (stagin area).Ces fameuse zones d’attente se trouvent près des sites nourriciers et permettent au mâle d’attendre la fin du jour en sécurité avant d’aller se nourrir. Il est important de différencier ces deux lieux pour une planification optimale de sa chasse.


    Le site de repos.

    L’étape suivante est cruciale car le site de repos est la pierre angulaire de votre stratégie de chasse. Il est donc primordial de trouver l’information qui dictera les allées et venues des bêtes du coin. Jusqu’à ce moment, nous planifions notre chasse en fonction des signes de l’année précédente. Pour avoir une bonne idée du comportement des mâles du secteur, cela est une bonne base mais durant la prochaine saison, les habitudes risquent de changer. Comme les cultures sont souvent en rotation, les habitudes alimentaires du cerf varient selon les ans. Les cerfs suivent le cheminement des récoltes pour trouver leur diète hebdomadaire et il faudra s’ajuster en fonction des nouvelles cultures. Pour avoir ces informations, il faut vérifier avec les fermiers locaux leur planification de semences ou tous simplement attendre une légère pousse du champ.

    Une fois les points de nourriture déterminés, je peux faire mon plan de chasse. Ayant trouvé le dortoir du secteur, je saurai quel sentier chasser en fonction de l’avancement des nouvelles récoltes.

    Bien sur, tout cela n’est encore qu’une prospection sommaire, mais si vous faites cette prospection efficacement, vous serez en bonne position pour déjouer le gibier.

    Bonne prospection!


    Charles-Henri Dorris
    Formateur spécialisé
    dans la chasse au chevreuil
     

22 février 2009

Pour de plus amples informations sur les cours offerts :
Lesdorris@hotmail.com
819-293-6494

3ème article :

Pensez autrement !

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi tout le monde ou presque chassait en utilisant une cache ou mirador? Sans contredit, le fait d’être en hauteur nous donne un avantage indéniable sur le chevreuil. Mais est-ce toujours approprié? En réfléchissant bien à la question il apparaît évident que bien souvent cette méthode de chasse est requise. Mais en certaines occasions, l’habitat ou même les circonstances ne le permettent pas .Ces dans ces temps-là, il faut penser autrement.

La hauteur.

Le positionnement en hauteur aide le chasseur à camoufler ses mouvements. Les odeurs deviennent aussi plus difficiles à détecter par le chevreuil .Votre vision sera avantagée par rapport à celle des cerfs se déplaçant la tête basse. Bien que les cerfs aient l’habitude de marcher la tête vers le sol, il n’est pas rare de voir maintenant des chevreuils « éduqués » reluquer les arbres au loin pour détecter la présence d’un chasseur en hauteur.

Lors des séances de chasse en après midi, la pression atmosphérique fait descendre les odeurs au sol. Le simple fait d’être juché à 25 pieds dans les airs sera dans ces circonstances plus un handicap qu’un avantage. Si vous avez le vent pour vous, tout sera merveilleux. Mais dans le cas contraire, vous auriez mieux fait de vous embusquer au sol et ainsi limiter votre odeur à une petite circonférence au tour de vous. Dans le cas contraire, votre cône d’odeur sera d’un diamètre très grand : avant que votre odeur touche le sol, elle aura l’espace dans l’air pour s étendre plus largement qu’étant directement au sol.

Comment bien se cacher au sol n’est pas sorcier. Souvent on s’en fait trop avec ça. Un simple arbre renversé peut servir de cachette à un chasseur. Se placer à genou dans un fossé peut aussi faire un cachette surprise. Les bords des champs de blé d inde sont des endroits de prédilection pour se cacher.

J aime bien surprendre les chevreuils. Une bonne façon de le faire est justement de les chasser de façon différente de la tangente locale. Les chevreuils connaissent tous les secrets de la forêt dans laquelle ils vivent. Chaque changement dans leur habitat est remarqué et étudié par ceux-ci.
Le moins de perturbation vous ferez à l’habitat pour vous y cacher, plus grandes seront vos chances de les surprendre au sol.

Les choses importantes à faire et ne pas faire en étant au sol.

La première étape

La règle d’or est de toujours dégager le sol en dessous et autour de nous. Si le besoin de bouger se fait sentir car votre corps est ankylosé par une longue attente, vous serez avantagé d’avoir bien dégagé le sol. Aussi, lorsqu’un cerf se présentera et vous donnera l’opportunité de tirer, vous serez bien heureux que vos mouvements ne causent aucun bruit au sol. Peut importe où je chasse au sol, le dépouillage du sol de toute forme de végétation pouvant être bruyante est la principale chose à faire. Inutile d’être bien caché si je suis bruyant.

Deuxième étape à respecter

Vous devez vous placer en fonction de votre interprétation de l’action à venir. Chaque fois que je chasse au sol, je fais une analyse rapide des lieux m’entourant. Exemple : si je chasse en bordure d’une source de nourriture en soirée, je vais m’assurer d’être en position de tir et de regard vers le ou les sentiers menant à ce site nourricier. Encore plus important est d être déjà en bonne posture pour prendre une position de tire favorable .Que se soit à l’arc, l’arbalète ou l’arme à feu, le moins de mouvements vous aurez à faire pour vous placer en position de tir, le plus de chances de réussite vous aurez.

Évitez de vous placer face au sentier dans lesquels vous anticipez l’arrivée des chevreuils. Mieux vaut être toujours de coté pour que leurs zones vitales soient toujours bien visibles et que vos chances d’être vus demeurent faibles.

Troisièmes étapes à respecter.

Vos odeurs.

Peut importe que vous ayez bien respecté les 2 critères précédents, il est inutile de rêver si vous ne surveillez pas votre odeur. Le vent vous trahira à plusieurs reprises si vous n’y portez pas attention. Il existe plusieurs produits et vêtements sur le marché qui ont fait leurs preuves pour camoufler ou neutraliser vos odeurs .Sans être efficace à 100%, ces mêmes produits vous donneront une marge d’erreurs légèrement plus grande.

Mais en générale, si vous surveillez la provenance du vent au moment de votre séance d’affût de façon à avoir le vent en votre faveur, vous devriez avoir des résultats supérieurs au cas contraire.

Quatrième et dernière étape.

Le camouflage

La dernière partie du travail consiste à se fondre dans l’habitat. Inutile d’avoir l’air d’un sapin dans une érablière : les cerfs vous démasqueront très rapidement .À moins bien sûr qu il y ait un bosquet de sapin justement près de l’endroit ou vous comptez vous installer.

Allez-y logiquement .Dans une forêt mélangée, le choix est large. Tout bosquet dense peut très bien faire l’affaire. N’oubliez jamais de vous dégager une ou des trouées dans votre camouflage si vous êtes dans un bosquet dense.

Ce n’est pas le temps d’ y penser quand le Buck de votre vie passe à 20 mètres de vous… En terrain plus clair, bien des chasseurs n’osent pas se placer au sol. J’ai déjà récolté un vrai trophée bien adossé à un bouquet d’érables. Ces mêmes arbres qui poussent en bouquet servent facilement de cache naturelle sans avoir aucune branche basse. L’important lorsque vous êtes moins camouflé est d’être complètement immobile. Autant que possible, placez-vous dans une dépression du sol. Gardez en tête d’avoir un profile bas en terrain découvert.

Pour terminer, laissez-moi vous raconter une de mes chasses à l’arc au sol.

La terre à bois où je chassais a été complètement rasée pour faire place à un nouveau champ agricole. Ce nouveau champ est entouré sur 3 côtés par des boisés dans lesquels je n’avais pas permission de chasse. Par contre, j’avais l’autorisation de chasser le quatrième côté boisé bornant ce champ.

Étant placé dans un treestand durant 2 séances d’affût consécutives, j’avais eu la frustration de voir sortir en 2 soirée d affilée un groupe de 7 bucks exactement à l’endroit où, les années d’avant, j’avais des arbres pour m y jucher. À la première année de ce nouveau champ, le cultivateur y avait semé sur le tard de l’avoine afin d’enrichir le sol. L’avoine était parfaite pour les chevreuils au début octobre mais j’avais un gros problème : aucun arbre ne pouvait être utilisé pour avoir accès a cette sortie au champ.

Ce champ d’avoine était bordé par un champ de blé d’inde. Les bucks sortaient justement à la jonction des deux types de cultures.

Une idée me vint à l’esprit : j’allais me cacher dans les premières rangées du champ de blé d inde.

Donc le samedi suivant, à la noirceur, je partais me cacher à cet endroit.

Un premier chevreuil sortit du boisé en longea le champ de blé d’inde, se gavant de plante d’avoine, pour passer à près de 5 mètres de moi. Trop peu camouflé, je n’eus aucune chance pour un tir d’archer.

Mais comment les déjouer?

Un pit blind

En anglais cela signifie un trou dans le sol comme cache : comme ceux utilisés pour la chasse aux oiseaux migrateurs. Je pris donc la décision de me creuser un trou dans le champ de blé d inde en prévision de ma séance d’affût du soir.

De retour vers 14 :30, j’avais pris soin d’apporter une pelle ronde. Je choisis une rangée du champ de blé d’inde qui m’offrait une vue indirecte sur la sortie du boisé. Je pris soin de reculer de 15 mètres, à l’intérieur du champ. Ensuite, je creusai le sol jusqu’à la hauteur de mes épaules, d’un diamètre me permettant de m` y assoire les jambes allongées et m’offrant une bonne position de tir à l’arc assis. Je remblayai le tour du trou avec la terre enlevée du fond du trou pour augmenter ma muraille .Par contre, je laissai un petite fente à ma gauche afin d’ y passer ma flèche. Ensuite, je coupai quelques tiges de maïs pour permettre à ma flèche de passer .Tout ce qu’un chevreuil pourrait voir de moi serait mon visage couvert d un masque.

Avant de m’y installer, je pris soin de tirer une ligne d’odeur de menthe liquide pour arrêter le ou les chevreuils qui passeraient devant ma ligne de tir très petite.

C’est vers 18 :10 que mon petit Buck fit sa sortie. En faisant ma ligne d’odeur, j’avais fait l’erreur de continuer directement vers mon trou avec de l’odeur sur les bottes.

Résultat : le Buck suivit ma ligne d’odeur mais toujours face à moi jusqu’à ce qu il se retrouve à 5 mètres devant moi .À ce moment, le chevreuil eut la surprise de découvrir un angle lui permettant de voir la silhouette d’un homme .J’aurais payé 1000 dollars pour avoir eu la chance de lui filmer les yeux ...
Les yeux sortis des orbites, il figea sur place. Tout ce temps mon arc était étirée mais impossible de le tirer .Une minute qui parut 1 heure et il décida de se retourner très doucement sur lui-même …..C ‘étais tout ce qu’il me fallait et je laissai filler ma flèche.

Qu’elle sensation de récolter un chevreuil d’aussi près et ce à l’arc. J’en étais tellement fier et j’en suis encore aussi fier que si le Buck avais eu 10 pointes.

 

Fait inusité.

Pour cette chasse, j’avais utilisé de la menthe liquide pour ma ligne d’odeur. Qu’elle ne fût pas ma surprise et ma rigolade de voir ce jeune Buck se pencher et renifler une bonne dose de menthe liquide. Le cerf se mit à tousser pendant un bon 5 minutes,pppffff ppfffff ppfffff, J’en riais aux larmes seul au fond de mon trou. Ses muqueuses avaient aspirées de la menthe.

Pensez autrement ! Les anglais appellent ça

Think out of the box

  • Charles-Henri Dorris
    Formateur spécialisé
    dans la chasse au chevreuil
     

10 mai 2009

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