Chevreuil.net - Le site de référence pour le plein air au Québec




Suivre tous les blogues de Chevreuil.net
 
 
 
 

Un coffre à pêche pour aller aux chevreuils !

Depuis mon tout jeune âge, mon père a toujours été une grande source d'inspiration pour moi, non seulement au niveau de la chasse, mais plus particulièrement au sujet de la pêche. Mais pourquoi cela ? Je ne peux compter le nombre de sorties de pêche que nous avons fait ensemble. À la pêche, ce qui m'a toujours étonné de mon père, c'est que, peu importe le rendement que nous avions sur le lac, il insistait toujours pour changer de leurres ou la façon d'utiliser ceux-ci. Même qu'à l'occasion, je pouvais éprouver de la frustration quant il déplaçait l'embarcation d'un secteur où les attaques de petites mouchetés étaient régulières. En fait, je ne comprenais pas son entêtement à changer d'endroit quant celui-ci donnait du rendement. Mais mon père était exactement comme je le suis depuis que j'ai « accroché » solidement au monde de la chasse aux chevreuils. Pour mon père, la récolte de petites truites en grande quantité n'était plus un défi. Il voulait, à chaque occasion, attraper la plus grosse du lac ou du moins la plus grosse de la journée. Le pire dans tout cela, c'est qu'il réussissait à me battre à 90% du temps. Loin de lui, l'idée d'être désagréable avec cela. Il agissait ainsi, bien plus pour réaliser ses défis personnels que de rivaliser avec moi ou ses compagnons de pêche. Souvent, je le critiquais en lui demandant, « Veux-tu bien me dire pourquoi tu changes de « spot et de leurres » quand ça mord si bien ? Sa réponse était d'une logique incontestable. En quoi cela concerne-t-il la chasse aux chevreuils ?

N'avez-vous pas remarqué que 90% des chasseurs de chevreuils utilisent toujours la même méthode de chasse ? Nul besoin de la décrire en profondeur, vous avez tous deviné que je cette méthode est celle de la chasse à l'aide d'appâts. Alors que bon an mal an, ce sont toujours les mêmes qui récoltent les sujets les plus intéressants. Vous êtes-vous questionné à savoir ce qu'ils faisaient de différent ? Et bien, ils font exactement ce que mon père fait à la pêche ; ils utilisent plusieurs leurres, voir utilisent diverses microtechniques et ils changent de place souvent. Ces mêmes chasseurs sont, tout comme moi, toujours à la recherche de signes ou d'indices pouvant les mener à la récolte du plus gros buck ou comme disait mon père « la plus grosse du lac ».

J'étais loin de me douter à 12 ou 14 ans qu'un jour je prendrais plaisir à me comparer avec mon père, mais en le faisant en rapport à la chasse aux chevreuils. Du plus loin que je puisse me souvenir, dans mon cercle familial ou d'amis, j'ai toujours été le chasseur obtenant les meilleurs résultats de chasse aux chevreuils et cela à 90% du temps, tout simplement parce que je fais autrement et ce dans différents endroits. Ce que j'essaie toujours d'enseigner aux chasseurs assistant à une de mes conférences ou formations sur la chasse aux chevreuils, c'est qu'il faut varier nos approches, nos leurres et endroits de chasse. Voilà les raisons pour lesquelles j'ai eu l'idée de vous entretenir sur le sujet.


cache de chasse
Ce qu'il est important de retenir de ce que je vais vous expliquer c'est qu'il n'y a aucune technique ou microtechnique miracle. Aucune ne fonctionne à tout coup. Il est donc important d'éveiller en vous tous vos sens afin d'augmenter votre perception de la chasse aux chevreuils. En premier lieu l'aspect que je considère le plus important aujourd'hui est la réflexion. Cela m'a pris beaucoup d'année à développer cette habileté. Il faut se poser plus de question concernant le secteur que l'on chasse, les préoccupations des cerfs à chaque moment de la saison. Il faut évaluer chaque possibilités de site nourricier, agricole ou forestiers et ce en fonction de chaque moment de la saison. Et ce n'est pas fini. Il faut ajouter à ces réflexions les phases du rut. Et en plus de cela, ces mêmes phases doivent être analysées différemment en fonction du ratio mâle femelle, ainsi que de la pression de chasse du secteur chassé. Certes, jusqu'à présent, vous devez trouver tout cela bien compliqué et je vous donne raison. Mais croyez-moi, si votre objectif de chasseur est la récolte d'un mâle à toutes les saisons et en plus, si votre objectif est dans récolter un mâle mature, alors, vous devrez vous vous aussi vous y mettre un jour ou l'autre. Dans le cas contraire, en vous contentant de la méthode traditionnelle des deux dernières décennies, vous obtiendrai tout comme 90% des chasseurs les résultats traditionnels des deux dernières décennies. Encore une fois inutile de vous faire un dessin, vous devinez de quoi je parle.

Un exemple bien concret.

Un ami à moi me racontait voilà quelques années ses chasses aux chevreuils des sept dernières saisons.  Lisez bien les prochaines lignes, car cela pourrait peut-être bien allumer en vous une certaine lumière face à votre analyse de vos futures chasses.

À sa première année de chasse, à la fin des années 90, mon ami avait été invité par un compagnon de travail à l'accompagner pour une fin de semaine de chasse dans les montagnes de bois franc bornant la réserve Papineau Labelle en Outaouais. Mon ami n'avait donc aucune connaissance ou presque de son adversaire et encore moins des façons les plus efficaces de le chasser. Au petit matin du samedi de l'ouverture il débarqua du véhicule de son compagnon en bordure de la route. L'hôte avait bien préparé sa cache, bien garnie de carottes et de pommes et ce, régulièrement pendant les deux semaines précédant l'ouverture. Mais mon ami n'était pas suffisamment prêt mentalement. Le seul conseil qu'il reçu de son hôte fut, « marches en forêt jusqu' à temps que tu trouves des signes, sentiers, grattages ou frottages et lorsque tu en auras trouvés, caches-toi là et attends ».


Mon ami attendit sur le bord de la route que le jour se lève et parti en montagne. Il mit plus de deux heures de marche avant de trouver ce qu'il connaît aujourd'hui comme étant un grattage primaire « grattages de grande dimensions ». Il scruta autour de lui et vit un cap de roche à 45 mètres du grattage. Il décida d'aller s'y accoter pour quelques minutes, car il n'avait rien à perdre se disait-il et avait surtout besoin d'une pause. Il eut l'intuition d'enlever les feuilles du sol afin de pouvoir s'asseoir sans faire de bruit. Le fait de gratter le sol avec ses pieds a dû avoir eu pour effet d'imité les bruits d'un mâle effectuant un grattage, car 15 minutes plus tard un magnifique mâle de 10 pointes fit son apparition rapidement, tête baissée et complètement excité. Mon ami qui n'avait jamais vu de chevreuil mâle en personne en milieu sauvage fut extrêmement énervé et a dû tirer à trois reprises avant de foudroyer le chevreuil au sol d'une balle à la colonne vertébrale. Le mâle avait pourtant continué d'avancer vers le grattage malgré les deux premiers coups manqués.
 
Était-ce la chance du débutant ? Pas du tout. Je ne suis pas un homme superstitieux et je ne crois plus vraiment en la chance. Certes oui, je sais qu'il a toujours un facteur chance dans l'activité de chasse et pêche mais je crois bien plus que l'on fait sa chance. Dès ce jour, mon ami fut accroché à son nouveau loisir pour la vie.
La saison suivante il se promettait de tout préparer comme tout bon chasseur le fait. Une cache fut construite dans le flanc de montagne où il avait récolté son buck l'automne d'avant. Bien qu'il aurait aimé la construire près de l'endroit où il avait récolté son chevreuil, le VTT ne pouvant se rendre à proximité, il se contenta du flanc de montagnes à 400 mètres de l'endroit. La vue y était superbe, car une fois les feuilles tombées, il pouvait y voir jusqu' à 200 mètres autour de lui. Une saline fut aménagée. Une fois la mi-octobre arrivée, les pommes et les carottes furent déposées à trois reprises avant le samedi d'ouverture tant attendu. Le va-et-vient des chevreuils promettait une autre chasse facile. Les pommes et carottes disparaissaient à un bon rythme.

Croyez-vous que mon ami a connu beaucoup de succès durant cette saison et les saisons suivantes ? En sept saisons de chasse dans son merveilleux condo, sa récolte fut d'une biche récoltée grâce à un chanceux permis de cerfs sans bois. Par la suite, il récolta un cinq pointes à sa troisième saison. Mais pourquoi me direz-vous ? Sans le savoir, mon vieux chum était tombé dans le panneau de vouloir trop en faire, mais surtout, de mal le faire. En devenant ce que j'appelle, « maniaque », il avait mis tous les efforts connus de la majorité des autres chasseurs. Pourtant cet ami aurait dû tirer une leçon vite faite de sa première récolte. Car au fond c'était la seule fois qu'il avait chassé de la bonne façon compte tenu du territoire qu'il disposait. Commencez-vous à comprendre ?

Ce qui est le plus important selon moi, est bien plus de connaître l'animal, ses habitudes, ses mœurs et surtout, chasser aux bons endroits, aux bons moments et varier nos approches. Mon ami avait, le jour de la récolte de son « dix pointes », fait ce qu'il fallait faire pour obtenir le succès. Celui-ci n'est que très rarement rapide. Mais si vous y mettez les efforts, tôt ou tard, la loi de la moyenne vous favorisera et cela pourrait même se reproduire à chaque saison.

La prospection active.

Voilà le terme que j'utiliserai pour une des nombreuses microtechniques que j'emploie pour chasser. Vous souvenez vous de votre jeunesse ? Tous les chasseurs dans la quarantaine, comme moi, ont des souvenirs de nos oncles et parents partant pour la chasse au début des années 80. Aucun de ces chasseurs n'apportaient de pommes en forêt. Moins de 20% utilisaient des miradors. Pourtant, sans être à un niveau aussi élevé qu'aujourd'hui (dû à un cheptel beaucoup plus modeste), la récolte avait lieu quant même. Nos pères et « mononcles » récoltaient des beaux sujets.
Nos chevreuils sont rendus tellement éduqués que mêmes les mâles d'un an et demi sont souvent nocturnes et regardent dans les arbres aux sites des chasseurs. Récolté un 6 pointes d'un an et demi est devenu un exploit pour plusieurs chasseurs. Ne croyez pas que je juge le choix de récolte de tous et chacun, loin de là. Mais je veux juste vous faire comprendre que vous devez réviser votre approche de chasse. La chasse à l'appât n'est qu'une microtechnique qui, lorsque bien utilisée, peut rapporter. Mais pour espérer le succès à tous les ans, il faut varier nos approches.

Alors la voici la prospection active. Trop de chasseurs ont peur de prospecter une fois la saison débutée. Le risque de contamination du secteur par les odeurs, la peur de pousser les chevreuils chez les voisins ne sont que deux exemples revenant souvent comme prétextes pour ne pas marcher le territoire durant la chasse. Certes il peut y avoir certains risques associés aux deux éléments mentionnés précédemment. Mais quel succès obtiendrez-vous si vous n'êtes pas au bon endroit au moment de chasser ? J'insiste beaucoup sur ce fait lors mes journées de formation ou d'analyse sur le terrain de chasse de mes clients. J'ai constaté au cours des dernières années, que cette lacune était très répandue et contagieuse. Alors je vous propose maintenant une série d'approches proactives qui m'ont donné du succès. Je vous explique la microtechnique qui m'a procuré le plus de succès en période de rut. Mais d'entrée de jeu, je vous explique ma façon d'effectuer la prospection active. Dit simplement, la prospection active est une prospection immédiate. Règle générale, les chasseurs effectuent leurs prospections bien avant leurs chasses. Bien que cette prospection soit un incontournable, elle ne nous donne pas les informations nécessaires lorsque arrive le moment de chasser. J'effectue une prospection, soit la veille de ma chasse ou lors de mes journées de chasse. Une fois un endroit chaud découvert, je le chasse immédiatement et ce jusqu'à ce que je comprenne que le secteur n'est plus chaud. Que ce soit dans la période de rut ou dans une période de nutrition active des mâles je fais toujours ce type de prospection. Plusieurs chasseurs ont peur de déranger les cerfs en marchant leurs secteurs de chasse. Ce qu'il faut comprendre, c'est que les cerfs n'ont pas le choix de vivre dans le bois. Ainsi, pour éviter de les stresser trop fortement, à chaque fois que je vais marcher mon secteur, je m'annonce constamment. C'est à dire que je marche d'un pas rapide et je fais du bruit. Avec cette façon de marcher les cerfs m'entendent arriver de loin et ne font que se tasser de quelques dizaines de mètres pour, à l'occasion, me regarder passer. Souvent leur curiosité les ramènera à venir sentir ce que j'ai fait. Un cerf sait comment faire la différence en l'attitude d'un promeneur et celle d'un chasseur. Le chasseur essaie de ne pas faire de bruit et passe de long moment à analyser chacun des détails de la forêt. Mais le promeneur ne s'attarde pas. Je ne suis pas le premier à écrire cela, mais j'insiste toujours sur la force de cet énoncé. N'avez-vous jamais aperçu un cerf incrédule à moins de 30 mètres de vous lors d'une balade bruyante en forêt ? Alors, marchez votre secteur et chassez les endroits chauds immédiatement après votre découverte. Sinon, vous risquez fort de chasser des points morts pendant que ça brasse quelque part sur votre terrain de chasse.

 


Lignes d'odeur avec urine.

Avant toute chose, je m'assure toujours d'effectuer ce stratagème dans un environnement propice. Pour cette microtechnique, je recherche les sentiers empruntés par les mâles. Je m'assure aussi qu'il y a présence de grattages frais ayant été visités au moins dans les 48 dernières heures. Une fois l'endroit du secteur qui semble le plus fréquenté par les mâles du coin, je chasse l'endroit immédiatement ou au plus tard le matin suivant. Je vais tout simplement marcher d'un point central, ciblé comme le plus chaud, en direction nord en vaporisant une de mes bottes à tous les 150 pieds avec de l'urine de biche en chaleur et l'autre botte avec de l'urine de mâle. Je marche comme ça pour environ 800 pieds en autant que le terrain puisse le permette. Je répète le même manège dans la direction des trois autres points cardinaux soit sud, est et ouest. Si vous effectuez vos lignes d'odeurs à la noirceur le matin. Marcher le plus rapidement possible, sans toutefois exagérer pour ne pas tomber, car si vous marchez lentement et dérangez des chevreuils ils risquent de vous prendre pour un prédateur. Il m'est arrivé régulièrement de pousser des chevreuils de cette façon et de les voir revenir directement à l'endroit où ils se sont poussé pour arriver le nez au sol sur ma ligne d'odeur. Croyez-moi cela fonctionne.


Ensuite, je me cache directement au sol à l'intersection des 4 lignes. De cette façon j'ai un rayon d'action de 800 pieds tout le tour de moi. Des appels de biches en chaleurs, des appels de mâles et même le rattling peuvent être jumelés à cette microtechnique. Sans entrer dans les détails des propriétés des urines commerciales, laissez-moi vous conseiller les urines qui se sont avérées les plus fraiches possibles. Celles-ci sont embouteillées dans un contenant de verre fumé et ne laissent pas passer la lumière et elles sont conservées au frais. J'ai obtenu du succès avec plusieurs marque d'urine, mais sans contredit, l'urine extrême a largement dépassé la moyenne de succès des autres que j'ai essayées. Cette microtechnique peut selon moi vous procurer du succès à partir du 25 octobre jusqu' aux environs du 25 novembre. Pour ceux qui trouve que l'urine est dispendieuse, dites-vous que vous n'avez qu'à couper une partie du budget de pommes ou de vos autres appâts et augmenterez vos chances de succès de chasse.

Charles-Henri Dorris

Représentant agence ÉRIC MONTY.
Chroniqueur sentier chasse pêche.
Écrivain (Le chevreuil et récit de chasse, livre).
FORMATION ET ANALYSE DE TERRAIN DE CHASSE POUR LA CHASSE DU CHEVREUILet de L'ORIGNAL
Tél. : 819-699-6494 


Cela pourrait vous intéresser aussi




Ça vous a échappé ?




@ Infolettre
Votre nom :*
Votre courriel :*