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PERDU DANS LA BRUME… par Christian Autotte

Quand vient l'automne et ses nuits froides un phénomène intéressant peut survenir tôt le matin: la brume matinale.
Certains voient la brume de façon négative: les jours de brume, il fait souvent froid et humide et le soleil brille par son absence. Mais les « vrais » photographes préfèrent généralement la mauvaise température au beau temps et voient la brume d'un tout autre œil. Les journées brumeuses donnent au paysage un « mood » particulier dont il faut profiter lorsqu'il se présente.
La brume, c'est bien connu, réduit la visibilité; le détail des sujets éloignés s'estompe, donnant un effet de profondeur impossible à obtenir avec toute autre technique. Lorsque les conditions sont favorables, il peut même être possible d'utiliser un téléobjectif pour accentuer cet effet. La compression du téléobjectif se combine alors à l'effet de la brume. Par contre, un peu de brume peut être une nuisance, réduisant la résolution, atténuant les détails et diminuant d'autant l'impact de l'image sans en augmenter l'intérêt. On voit souvent ce manque de détails dans les images réalisées au téléobjectif lorsque l'atmosphère manque de transparence. Les images de grandes villes souffrent également du même phénomène les jours de smog.

Bien photographier dans la brume demande toutefois quelques ajustements de la part du photographe. Un mur de brume peut être rendu en tons de gris ou, si on le surexpose, en surface blanche avec très peu de détails visible. La tonalité choisie (soit à l'exposition ou en post-production) aura également un effet certain sur les émotions transmises par l'image finale. Une image grise et sombre donne l'impression d'un monde plein de mystère avec des connotations de dangers cachés. Une exposition tirant plus vers les tons pâles parait au contraire plus lumineuse, engageante, calme et douce comme de la ouate…

Bien exposer son image une journée brumeuse devient souvent un exercice d'équilibre entre la luminosité de la brume et les tons plus sombres du paysage de l'avant plan. Au moment de la prise de vue, il faut surveiller l'histogramme pour éviter de surexposer la brume ou le ciel; une image surexposée sera plus difficile à travailler si tous les détails sont perdus. Dans certains cas extrêmes, il peut même être préférable de travailler en silhouettes, comme mentionné dans un blogue précédent.

Ceux qui préfèrent conserver du détail dans toutes les portions de leur image pourront passer en mode HDR, soit dans leur appareil ou avec des logiciels appropriés en post-production. Une autre option, principalement pour un ciel trop pâle, consiste à utiliser un filtre gradué qui permet alors de contrôler la luminosité du ciel sans affecter la portion inférieur de l'image.

Évidemment, on peut retrouver de la brume ou du brouillard à tout moment de l'année, surtout si on s'approche des côtes. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai perdu l'ile Bonaventure dans la brume même au milieu de l'été!
 
Christian Autotte

Note de chevreuil.net : Christian Autotte est photographe professionnel et conseiller chez Lozeau, rue st-Hubert à Montréal. Si vous désirez vous faire conseiller pour l'achat d'un nouvel appareil ou objectif, n'hésitez pas à le rencontrer.
 
LES PHOTOS

En fin d'automne, un peu avant l'arrivée des premières neiges, ce hêtre a été photographié au téléobjectif pour compresser l'image et accentuer l'effet de la brume.

Canon 7D, 100mm f/8, 1/10 sec, ISO 200


Canoe in fog 1810091 : Un peu de brume, un peu de pluie, et quelques pêcheurs sur le lac.

Copie d'une diapositive


Je photographiais le paysage lorsque ces deux hommes sont arrivés avec leur canot. Je les ai incorporés dans l'image dès qu'ils se sont mis à pagayer.

OMD E-M1, 12-40mm f/8, 1/80, ISO 400


Un sentier forestier en novembre.

Copie d'une diapositive


Un matin d'automne j'ai trouvé la mare à castor dans la brume alors que le reste de la forêt en était privée. La journée m'a donné un bon nombre d'images individuelles et quelques panoramiques.

Canon 7D, 10-20, f/13, 1/80, ISO 400


La compression d'un téléobjectif est particulièrement évidente dans cette image du Saguenay.

Copie d'une diapositive


Parc de La Mauricie, en octobre 2017.

OMD E-M1, 40-150mm, f/8, 1/125, ISO 400



Le Parc de la Gaspésie au début juillet, preuve s'il s'en faut que la brume peut survenir n'importe quand dans l'année.

OMD E-M1, 12-40mm, f/10, 1/125, ISO 400


Durant la même randonnée que les photos précédentes, le Mont Albert apparaissait et disparaissait tour à tour dans les nuages…

OMD E-M1, 12-40mm, f/10, 1/200, ISO 400


Durant un voyage de paléontologie en Gaspésie, je trainait un petit compact pour limiter le poids. Il m'a tout de même donné des images décentes de l'ile Bonaventure à demi-cachée dans la brume.

Canon Powershot A570, f/7.1, 1/400, ISO 100


La côte de la Gaspésie se retrouve souvent dans la brume, même en plein été.

Canon 7D, 100mm, f/22, 1/125, ISO 200


En revenant d'une visite au volcan Irazu, Costa Rica j'étais passager, ce qui m'a permis de faire quelques clichés rapides au détour du chemin…

Canon 7D, 17-40mm, f/7.1, 1/500, ISO 400



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