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CHERCHEZ ET VOUS TROUVEREZ par Christian autotte

Le meilleur équipement au monde ne peut faire de photos par lui-même. Il  faut d'abord et avant tout trouver le sujet qui saura mériter l'attention du photographe. Et c'est là l'une des plus grandes difficultés en photographie. L'idée de partir à l'aventure et de trouver ses sujets au hasard des rencontres est pleine de charme et peut occasionnellement offrir quelques surprises d'intérêt. Malheureusement, une telle approche où on se fie au seul fruit du hasard résulte souvent en une sortie improductive. Partir avec en tête une idée bien arrêtée, celle de chercher un sujet bien précis, permet généralement d'augmenter les chances de réussites. L'expression « Cherchez et vous trouverez » a bien sa raison d'être…

La quête d'un objet focalise l'attention, force le photographe à mieux observer le monde qui l'entoure. Plutôt que simplement partir en randonnée, le photographe part alors en « chasse » à la poursuite d'un gibier…

Mon domaine de prédilection,  la macrophotographie, est riche de milliers de sujets potentiels. Et parfois la multiplicité des possibilités peut s'avérer inhibitrice. Il faut alors décider, choisir, se concentrer. A titre d'exemple je demande souvent aux participants de mes ateliers photo de songer au nombre de feuilles qu'ils pourraient croiser au cours d'une courte promenade en forêt… Dans la bonne lumière, vue sur le bon angle, dans la bonne circonstance, chacune de ces feuilles pourrait s'avérer un sujet potentiel. Pourtant, combien de fois passe-t-on à coté sans même les remarquer ? Pour mieux les voir, il faut un acte de volonté : vouloir voir des feuilles, donc les chercher, pour mieux les photographier.

Il y a quelques années, je me suis donné comme projet de photographier toutes les espèces de fleurs sauvages que je pourrais trouver sur ma propriété. A la fin de l'année, j'avais accumulé plus d'un millier de photos, et environ 110 espèces différentes.




Il faudrait peut-être préciser que ma cours arrière s'étale sur un peu moins de 90 acres, avec quelques ruisseaux, un lac, et une mare de castors… Cette propriété est mienne depuis plus de 20 ans. Depuis le début, le boisé est mon studio de tournage et de photographie ; deux documentaires et des milliers de photos y ont été réalisés. Malgré cette grande familiarité avec le terrain, bon nombre des fleurs trouvées étaient des espèces que je n'avais jamais vues auparavant. Elles ne sont pas apparues subitement ; plus simplement je ne les avais jamais remarquées auparavant.

Un tel exercice peut rapidement devenir une leçon de photographie inoubliable. Ainsi, très peu de mes premières images se sont avérées satisfaisantes. Lors des premiers clichés j'apprenais en quelque sorte à connaître ma nouvelle fleur, à l'apprivoiser, à trouver son angle photogénique… C'est à force d'examiner les images (sur le terrain, ou plus tard sur l'écran de mon ordinateur) que j'en venais à trouver le bon angle et la bonne technique pour obtenir une image intéressante.




Mais attention : si la paresse et la routine s'installent, le projet risque rapidement de perdre son intérêt. Aussi faut-il se forcer à aller plus loin. Même si mon projet se voulait en grande partie documentaire, j'ai tenté d'obtenir le cliché le plus esthétique de chaque fleur rencontrée. J'ai ainsi multiplié les techniques, cherchant des angles et des situations aussi variées que possible pour ajouter de la diversité. En lumière naturelle, certaines images furent réalisées en plein soleil, d'autres durant des jours de pluie. Parfois un flash muni d'un « snoot » fabrication maison a été utilisé pour modifier le résultat final. Pour les non-initiés, un snoot consiste en un genre de tube qui permet de diriger la lumière d'un flash sur un point précis tout en évitant d'éclairer en dehors de la zone privilégié.      





Un premier cliché, suivi d'un deuxième, puis d'un vingtième… Une première fleur, commune. Puis une deuxième. Puis, surprise, une fleur jamais vue auparavant. Et une autre, si bizarre qu'on a peine à croire qu'il s'agisse bien d'une fleur… Puis mettant les chaussures de marche de coté, on prend le canot pour aller voir si le lac recèle plus que des nénuphars…  Cet été s'est avéré des plus productifs. Les photos font maintenant partie de mes ateliers, pour inspirer les participants à mieux observer ce monde qui les entoure. 

Christian Autotte

 

 

 

 

 



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