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Le nourrissage du chevreuil

Le nourrissage du chevreuil

S’il existe un sujet parfois controversé, c’est le nourrissage du chevreuil soit pour la chasse, soit l’hiver près ou dans les ravages. Depuis quelques années cette pratique est devenue courante autant l’automne comme méthode de chasse que l’hiver par les résidents des campagnes et même de villes qui ont la chance d’habiter à proximité d’un ravage hivernal.

Qu’il nous suffise d’observer les tonnes de carottes et de pommes qui sont en vente partout près des territoires de chasse, pour réaliser à quel point la chasse à l’affût sur un appât est maintenant devenue une méthode extrêmement populaire et productive.

Certains disent que c’est une méthode de chasse peu sportive, d’autres affirment que c’est simplifier le défi relier à la récolte d’un chevreuil et quelques un réclament l’abolition de l’appâtage pour la chasse et même l’hiver pour l’observation du chevreuil près des habitations.

Le nourrissage l’hiver

Il y a maintenant 6 ans que j’habite La Macaza, petit village des Hautes Laurentides, lieu d’un des plus importants ravage d’hiver du chevreuil au Québec : 300km.carré et plus de 15,000 têtes au dernier compte ( Zone 11 au complet : 552 km. carré et + de 27,000 têtes en 2000, probablement + de 30,000 aujourd’hui.

Je nourris les chevreuils depuis le début et les joies et observations que cette activité m’a procuré ainsi qu’aux membres de ma familles et amis sont innombrables. Tout de suite je dois vous dire qu’en toutes ces années, un seul chevreuil a été tué par une auto devant chez nous parce que l’automobiliste roulait très au dessus de la limite de vitesse permise. 

Par contre je crois avoir aider plusieurs individus à passer l’hiver. Il y a deux ans deux orphelins se sont pointés à notre mangeoire. Le petit mâle était plus petit que la normale et les autres chevreuils ne les laissaient pas manger. Je suis convaincu que ces deux « minis » n’auraient jamais passer l’hiver sans les rations personnalisées dont je les ai nourris jusqu’au printemps.

J’ai en tête aussi de nombreux gros bucks qui sont arrivés chez nous pas mal amochés après une saison de rut épuisante de combats et de nombreuses femelles courtisées et saillies. L’apport additionnel de bouffe que je leur sert les aident sans contredit à traversé la période critique de la fin de l’hiver alors qu’ils sont parfois l’ombre d’eux mêmes.

Voici un article de Monsieur Jean Haman qui nous en apprend davantage sur le nourrissage du chevreuil :

Servir le cerf sans l’asservir

Il serait possible de nourrir les chevreuils sans modifier irrémédiablement leur comportement naturel, suggère une étude menée par des chercheurs du département de Biologie de l’université de Laval à Québec.

Nourrir des chevreuils pour les aider à survivre au rude hiver québécois n'en fait pas des accros de la mangeoire. En effet, contrairement à ce qu'anticipaient plusieurs spécialistes de la faune, le nourrissage artificiel des cerfs de Virginie ne semble pas modifier irrémédiablement leurs déplacements quotidiens ni la superficie de leur domaine vital. C'est ce qu'a découvert une équipe de recherche du Département de biologie, formée de Diane Grenier, Michel Crête et André Dumont, en étudiant un groupe de chevreuils munis de radio-émetteurs.

À l'hiver 1995, les chercheurs ont suivi, par télémétrie, les déplacements de chevreuils dans le ravage (lieu d'hivernage du chevreuil) de Pohénégamook. Neuf de ces bêtes fréquentaient des postes d'alimentation et sept autres bêtes ne broutaient que les ramilles des arbres et arbustes poussant naturellement sur leur territoire. Les chercheurs ont ainsi estimé qu'entre janvier et avril, les animaux qui se rendaient aux auges avaient un domaine vital de 42 hectares contre 39 pour les animaux qui avaient une alimentation strictement naturelle.

"Les cerfs ont eu tendance à rester plus près des auges au début de l'hiver qu'à la fin mais leur domaine vital n'a pas varié pendant la période de d'étude, soulignent-ils dans l'article qu'ils publient sur la question dans le dernier numéro du Canadian Field Naturalist. Au cours d'un hiver où l'enneigement a été moyen, un nourrissage artificiel des cerfs fournissant environ le tiers de leurs besoins alimentaires n'a pas modifié leur patron d'utilisation de l'espace dans un ravage où la compétition pour la nourriture était intense."

En 1995, le ravage de Pohénégamook comptait 500 animaux répartis sur 25 kilomètres carrés. À l'époque, une vingtaine de résidants de cette région alimentaient les cerfs près de leur résidence et environ 20 % du troupeau fréquentait les postes d'alimentation. Comme l'ont rapporté les médias l'hiver dernier, nourrir les cerfs est devenu monnaie courante dans l'Est du Québec où la rigueur des hivers cause une forte mortalité chez les chevreuils. Lorsque le couvert de neige est trop abondant, les chevreuils limitent leurs déplacements à une zone restreinte où ils épuisent peu à peu les sources de nourriture accessible. Si les conditions de neige et de froid sont extrêmes, jusqu'à 50 % des chevreuils peuvent mourir de faim.

Les 1 500 cerfs du Témiscouata et du Bas-du-fleuve vivent à la limite nord de l'espèce. Le chevreuil tire de la langue dans cette région alors qu'il est devenu trop abondant presque partout ailleurs en Amérique du Nord. Selon le professeur de biologie Jean Huot, les opérations de nourrissage menées dans l'Est du Québec offrent tout de même un double avantage. Elles permettent de sauver des animaux lors d'hivers particulièrement rigoureux et elles mobilisent la population, ce qui crée un fort sentiment d'appartenance. "Quand la moitié du village s'occupe des chevreuils, c'est plus gênant d'en braconner", avance-t-il.

Article signée par M. Jean Haman

La chasse

Tel qu’ énoncé plus haut, la chasse au chevreuil sur appât a gagné en popularité de façon fulgurante depuis quelques années. D’accord ce n’est pas une méthode aussi valorisante que la chasse fine mais pour plusieurs c’est le moyen le plus efficace de récolter un chevreuil. Pensons aux chasseurs à l’arc, une fine à l’arc est un exploit extraordinaire, aux chasseurs ne possédants pas quelques centaines d’acres de terrain à leur disposition, aux chasseurs au peu plus âgés, aux chasseurs physiquement limités et aussi à monsieur ou madame tout le monde qui n’ont pas les habilitées ou le temps de pratiquer une chasse fine et avoir une chance raisonnable de récolte.

Les conclusion de l’étude des biologistes de l’université de Laval, publiée plus haut, s’appliquent intégralement à l’appâtage pour la chasse. De plus l’apport additionnel de bouffe sans dépense d’énergie pour se la procurer, permet aux chevreuils de débuter l’hiver avec un surplus de gras qui leur seras très profitable lors des semaines critiques de l’hiver suivant.

L’abondance de notre cheptel chevreuil permet aujourd’hui à une grande majorité de chasseurs d’avoir une opportunité raisonnable de récolter un chevreuil tout en contribuant à limiter l’expansion de celui-ci  à des niveaux néfastes. L’appâtage contribue à atteindre ces objectifs, encourage la relève et procure de la venaison à des milliers de familles.

Au lieu de critiquer les méthodes de chasse des autres, concentrons nos efforts à faire connaître notre sport sur ses vrais valeurs et avantages.

Michel Turenne

24/11/02

 

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