La chronique de Dominic Imbeau


Bonjour à tous !

C’est avec grand plaisir que je me joins à l’équipe de Chevreuil.net.  Je suis heureux de faire partie de ce groupe de chroniqueurs aussi talentueux. Permettez moi de vous donner une brève description de la personne que je suis.

Mon nom est Dominic Imbeau, je suis un Québécois pure laine, natif de la région nord de la ville de Québec, Val-Bélair pour être plus précis.  En 1988, mon travail m’a donné l’opportunité de quitter le Québec, mais non sans peine pour venir m’installer dans une petite ville qui s’appelle Cold Lake en Alberta.  Pour ceux qui se demandent où se situe Cold Lake, et bien, ça ce trouve à quelques heures au nord-est d’Edmonton.

Cold Lake chevauche la frontière de la Saskatchewan, alors vous pouvez vous imaginer les opportunités de chasse que j’ai à la portée de la main. Depuis mon arrivée, j’ai concentré mes efforts dans ces deux provinces. Je chasse principalement le chevreuil, chasse qui m’apporte beaucoup de satisfaction et de challenges.

 

Mais, comme bien des chasseurs, je ne suis pas exclusif au chevreuil, l’orignal et le wapiti font partie de mon régime de chasse ainsi que le cerf-mulet et l’antilope.  Dans les temps morts de l’hiver, vous me retrouverez à coup sûr dans les champs en quête de mon prédateur et vermine favori: le coyote.

Je me qualifierais de chasseur polyvalent, j’ai chassé plusieurs années avec une arme traditionnelle telle que l’arc.  Je suis dans le monde du chien d’arrêt depuis plusieurs années aussi.  En 1995, je me suis marié pour devenir père de deux petites filles, alors mes responsabilités m'ont amené à quitter plusieurs de mes activités de coureur des bois. J’ai alors délaissé la chasse à l’arc et la pêche pour concentrer mes efforts sur le chevreuil
trophée à la carabine.  Malgré l’abstinence de certains de mes sports favoris, la chasse au chevreuil trophée accompagnée de tous les préparatifs encourus, me rendent bien souvent non disponible à ma famille, j’en profite alors pour remercier ma femme et mes enfants d’être aussi patients avec moi, je vous adore.

J’ai l’intention de partager avec vous mes histoires de chasse ainsi que mon expérience en tant que nemrod du chevreuil. Mes articles traiteront directement et parfois indirectement de la chasse aux chevreuils. 

Merci beaucoup à Pierre Chabot de me donner l’opportunité de faire partie d’une équipe aussi dévouée et merci à l’équipe pour votre support dans le futur, à vous le lecteur, un merci spécial pour votre intérêt.

Dominic Imbeau.             


Quatre articles de Dominic :

  1. La Saskatchewan, mon paradis (décembre 2004)

  2. Présentation sur la technique pour l'éviscération du chevreuil

  1. Notre fascination avec les bois de chevreuil.

  2. Chasse aux panaches.  


La Saskatchewan, mon paradis !

Vous savez, le Canada est le plus beau pays au monde, non seulement par sa beauté, mais par sa diversité faunique.  Chaque province offre une opportunité quelconque pour plaire à la majorité des citoyens Canadiens.  Je ne m’étendrai pas sur ce que chaque province a à offrir, mais je peux vous dire que la Saskatchewan offre les meilleures opportunités de récolter un chevreuil mature d’envergure impressionnante.  Bref, la Saskatchewan est le paradis du chevreuil…mon paradis.

À chaque année, j’ai l’opportunité d’accueillir quelques-uns de mes amis Québécois.  Il sont tous des maniaques de chevreuil, au début, pour eux, la grosseur du panache leur importait peu, la viande étant la raison principale de leur visite.  Il y a maintenant 6 ans que je m’efforce de leur faire réaliser l’importance d’un aménagement sein au niveau du cheptel.  Avec le temps, je réalise que mes conseils n’ont pas été en vain.  Étant moi-même un supporteur du QDM depuis nombreuses années, je m’aperçois que leur mentalité a complètement changer et ce, pour le mieux.  Ils sont maintenant devenu sélectif quant à leur prise.  Je peux le constater par la qualité des chevreuils récoltés dans notre zone de chasse.  Maintenant, je crois que nos rencontres annuelles sont principalement devenues une raison de se côtoyer et la chasse nous donne cette belle occasion. Les moments que nous chérissons le plus ensemble sont ceux que nous passons autour du truck à déguster notre lunch.  Les conversations sont, bien entendues, reliées à nos observations du matin.

Contrairement à bien des résidents de la Saskatchewan, nous, nous chassons les bucks de bois.  La majorité des chasseurs chassent les champs entrecoupés de lisières de bois et de boisés.  Les champs produisent de gros bucks à chaque année. On ne peut pas en dire autant des bucks de bois, mais, dans notre zone de chasse, les clients des pourvoyeurs en récoltent quand même des gros à faire rêver.  En novembre 2002, Yves Bécotte, le père de mon partenaire de chasse Stéphane, a manqué le deuxième plus gros buck au monde, celui juste en arrière du Hanson buck.  Malheureusement, ce buck à été récolté sous notre nez par un des clients de « Dunham Outfitting », voir l’histoire de « Big Buck » Magazine VOL. 15, NO. 4, Spring 2002.  Ce buck s’appelle maintenant « The Adams Buck ».  Le nom du chasseur est Dennis Adams et il demeure à Brewton, Alabama…maudit chanceux.   

Je ne suis pas un fervent de l’appâtage, mais dans notre secteur il est nécessaire de faire de la sorte, sinon, les pourvoyeurs s’approprient nos territoires.  Voyez vous, en Saskatchewan, si vous érigez un site d’appâtage, c’est la loi d’identifier votre site avec une pancarte ayant vos coordonnées, tel que: nom, adresse et numéro de téléphone.  Dès que votre site est appâté et identifié, vous êtes la seule personne ayant droit de chasser sur votre site.  Ordinairement, les gens respectent cette loi, même les pourvoyeurs.  Par contre, si vous attrapez quelqu’un sur votre site, il est passible d’une amende sévère.  Contrairement au Québec, les pourvoyeurs ici n’ont pas de droits exclusifs aux territoires qui leur sont assignés.  Ces territoires demeurent toujours des terres de la couronne, donc, premier arrivé, premier servi.

La Saskatchewan offre non seulement d’excellentes opportunités de chasse au chevreuil, la province a une politique de porte ouverte pour tout chasseur non-résident canadien.  Contrairement à l’Alberta, il est très facile d’y venir pour chasser.  Le prix du permis est très raisonnable, soit $140.  Il ne vous reste qu’à suivre les lois à la lettre et de demander la permission aux propriétaires terriens.  Les fermiers sont très sympathiques et sont ordinairement très heureux de vous laissez l’accès. Dépendemment des zones, bien souvent vous ne verrez aucun chasseur lors de votre séjour.

Alors notre chasse débuta le 15 novembre, comme d’habitude, nous étions en retard.  Il nous fallais rafraîchir nos sites d’appâtage (balle de luzerne avec moulé) et nous étions tous installés dès 08 :30.  Moi, de mon côté, je ne suis jamais pressé de me rendre à mon site, il me semble que ça ne bouge pas beaucoup le matin dans mon secteur.  Pour vous situez un peu, je chasse près d’une rivière. J’ai un site d’appâtage moins fréquenté que mes compagnons, mais je sais que l’action ne tardera pas. Dès 10 :00, un buck se présente à mon site, un jeune 10 pointes. Je le regarde et c’est tout.  Lui de son côté, il n’est pas intéressé par mon appât.  Il se dirige dans ma direction et s’arrête pour sentir un gratter à peine 5 mètres de moi.  Il me regarde et je lui envoi la main en lui disant bonjour, j’ai maintenant son attention, j’ai le vent dans la face, alors il ne peut pas me sentir mais il passe à peine à 3 mètres de moi pour essayer de me renifler, mais sans succès.  Il fait un bond, s’arrête et me regarde quelques instants et il repart à la marche dans la même direction qu’il est arrivé.  Quelques minutes plus tard, à ma droite, j’entend un grunt, un autre buck. Celui-ci me fait le même manège que le premier, mais lui c’est un buck mature, un 10 pointes plus que raisonnable, mais trop petit pour moi.  Je le surnomme « Red le Chinois » parce qu’il a le «toupette» roux et les yeux en amende.  Alors je lui envoi la main et lui dit bonjour, au lieu de déguerpir, il demeure figé et me regarde avec ses drôle de yeux.  Il renifle l’air mais comme l’autre sans succès.  Ce beau buck s’est approché de moi à moins de 4 mètres.  Il est finalement reparti dans la même direction qu’il est apparu.  Après avoir vécu ces émotions.  Je me suis levé et je suis allé prendre une marche dans un sentier très fréquenté par le chevreuil.  Contrairement à bien des chasseurs, je n’ai pas de patience à demeurer au même endroit pour longtemps, j’adore la chasse fine.  En revenant dans le sentier, il se faisait tard et je devais aller rejoindre mes compagnons pour la bouffe, c’est à ce moment que j’ai entendu du bruit tout prêt d’un bûché, des chevreuils qui courent dans ma direction, je me suis arrêté et j’ai attendu figé dans le sentier.  Une femelle sort dans le sentier et se fige à ma vue, elle fait tout les manèges habituelles des chevreuils pour me faire réagir, mais j’étais comme une statue, le doigt sur la gâchette.  J’entends un autre bruit tout prêt du bûché et je peux voire une silhouette assez impressionnante s’approcher entre les arbres. Le chevreuil ne veux pas sortir dans le sentier, c’est alors que j’ai entendu pour la première fois un drôle de son sortir de ce monsieur, un grunt suivi de plusieurs sifflements, la femelle le rejoint mais elle tient à tout prix à traverser de l’autre côté du sentier.  Finalement elle sort et traverse en m'ignorant totalement, le buck suit et lorsqu'il passe devant un arbre, j’épaule nerveusement.  Après plusieurs longues secondes, le buck est juste en avant de moi à moins de 15 mètres… « tabarnouche, c’est Red le Chinois ! ».  Je replace mon cran de sûreté et je dirige dans sa direction, il s’est poussé à 10 mètre dans les arbres et m’a regardé passé.  Je me suis arrêté et je l’ai regardé pour quelques secondes et je suis reparti.

Vers 09 :30, je croit entendre un coup de feu dans la direction de mes copains, quand j'arrive pour dîner, il manque du monde, je me dirige alors vers les autres sites pour investiguer.  Yves a récolté un beau 14 pointes qui a scoré 161 7/8 (voir photo).  Moi et mon copain Stéphane, nous avons déjà passé prêt de heurter ce même chevreuil en VTT la fin de semaine précédente en allant rafraîchir nos sites d’appâtage.  Yves était fou comme un balais de son buck.  Alors pour Yves, ça lui a donné l’occasion de passer le restant de la semaine avec ses petits enfants.

 

                            Yves avec son buck qui score 161 7/8.  Le Adams Buck a été récolté 400 mètres en avant de Yves il y a deux 

                            ans.  Ce site est l’un des plus fructueux du secteur.  Ce buck s’est acharné à faire des grattés 

                            impressionnants et des frottages en quantité industrielle autour du site d’appâtage à Yves.  C’est son plus

                           gros à vie.  Lorsque Pierre Chabot est venu appâter avec moi, c’est dans ce site qu’il a prit des photos du

                           gros 8 pointes que vous voyez sur un de ses vidéos dans sa chronique ‘’Ma chasse en Alberta’’.

 

Notre territoire de chasse à une superficie de 32km carré et est constitué principalement d’essence de bois mou.  À travers ce bois, il y a des transitions constantes de peuplier au pin gris et épinette rouge et noir.  Plusieurs coupes intégrales ont été effectuées au cours des années. Il y a alors un potentiel énorme de sites nourriciers que nous exploitons, bien sur !

Notre deuxième journée de chasse à été ordinaire.  Nous avons vu les jeunes bucks habituels.  Au retour à la maison ce soir là, ma femme me dit sur mon cellulaire qu’Alain Jr. Madore est venu me payer une visite.  Je lui ai offert de nous accompagner pour quelques jours et il accepta.  Il a passé une journée avec moi, armé de sa caméra vidéo et de sa caméra numérique.  Nous avons parlé bien entendu de chevreuil.net, mais surtout de techniques de chasse.  Alain est un connaisseur de chevreuil. J’aime bien son approche vis-à-vis les odeurs.  Il m’a fait voir plusieurs de ses techniques sur le terrain et il m’a expliqué sans retenue sa façon de procéder.  Je crois qu’Alain est un pro et il va aller loin dans le domaine du chevreuil au Québec.  Au cours de la troisième journée, mon frère Christian désirait récolter le gros 8 pointes qui se promène dans son coin.  Alain décida de l’accompagner pour mettre le tout sur vidéo, mais malheureusement le 8 pointes a traversé la ligne de coupe à une telle vitesse que personne n’a eu le temps de faire quoi que ce soit.

Ce même matin, Bernard Môme, une autre membre de notre groupe fit feu sur un 10 pointes, mais il le manqua.  Comme tout bon chasseur, il vérifia attentivement qu’il n’y avait pas de sang sur place.  À ce moment il regarda du côté où le chevreuil était reparti et il était là à moins de 20 mètres.  Ce fut un tir facile pour Bernard et le chevreuil n’a fait que quelques mètres.

 

Bernard Môme et son premier buck en 3 ans de chasse ici en Saskatchewan.  Bernard est un chasseur émérite, il parcours l’Europe (la France, Belgique et les Alsaces) en quête de sanglier,  dain rouge et le  chamois.  Bernard est un fervent de l’ile d’Anticosti.  Nous n’avons pas mesuré ce 10 pointes, mais nous suspectons qu’il mesure dans les 140 Boone & Crockett.

La quatrième journée, Alain et moi-même avons passé la journée ensemble.  Nous avions planifié de faire des sessions de rattlings dans différents secteurs. Ce matin, nous nous sommes retrouvé tout près d’un gros frottage que j’avais découvert au début de la semaine.  Après quelques séances, l’endroit s’avère infructueux. Nous avons donc décidé de trouver un secteur plus propice. Après plusieurs minutes de marche, nous nous sommes retrouvé à l’endroit où Yves a récolté son buck.  Nous nous sommes éloigné l’un de l’autre et Alain a débuté sa session de call ; grunt de buck, grunt de femelle, call de femelle en chaleur avec breeding bellows. Par la suite, nous entendons le grunt de 2 bucks différents avec sifflement de challenge et finalement l'entrechoquement des panaches se fait entendre.  L’action ne se fait pas attendre. Un jeune buck à ma gauche et un jeune buck du côté d'Alain. Les deux ont finalement pris la fuite, queue entre les pattes, après avoir satisfaient leur curiosité.

En après-midi, nous nous sommes retrouvé près de la rivière.  Alain aimait bien cet endroit.  Nous avons fait plusieurs séances de rattling mais il y a des jours ou rien ne fonctionne.  Nous avons alors prit une marche en direction d’un bûché lorsque le cri plaintif de quelques coyotes se fait entendre non loin.  Étant un fervent du coyote, je sort mon call à coyote et montre à Alain quelques techniques de call.  Alain m’aide avec un call de chevreuil en détresse. J’avais une bonne idée de l’endroit où le coyote sortirait, alors je me suis placé au sol carabine sur mon snatchel pour me stabiliser parce que mon tir serait de longue distance.  Le coyote n’est jamais venu, mais un jeune buck se présenta à près de 100 mètres et traversa le chemin, quel beau spectacle.  Quelques minute plus tard, nous avons attendu un coup de feu en direction de mes copains.  Nous sommes retourné au truck, mais il n’y avait personne.  Nous avons concentré nos efforts dans les bûchers jusqu'à la noirceur et rien.  De retour au truck, mon frère était là et il nous attendait, il nous apprend que c’est lui qui à récolté un buck.  Sans plus attendre, nous sommes allé le chercher.

   

Un jeune buck récolté par mon frère Christian.  Christian chasse avec moi à tous les ans en Saskatchewan depuis 4 ans.  Un douze pointes avait été vu à cet endroit par mon Partenaire de chasse Stéphane la journée précédente, alors Christian voulait tenté sa chance, mais il ne l’a pas vu.  La semaine avance vite et celui-ci s’est présenté.  Christian à plusieurs beaux bucks à son actif, celui-ci est un des plus petits.

Alain est reparti vendredi matin en route vers son territoire de chasse en Saskatchewan. J'ai eu vraiment du plaisir de rencontrer ce monsieur. Il est très sympathique et très professionnel dans son approche. Si vous avez la chance de le rencontrer, il est très ouvert aux questions et il s’empresse de répondre sans retenue.

Le restant de la semaine s’est avéré infructueux pour moi et mon copain Stéphane. Nous n’avons donc pas récolté.  Par contre, nous avons vécu de belles expériences en compagnie de bons copains. Voyez vous, il est très peu important pour moi de récolter, ce qui compte, c’est de passer un bon moment en bonne compagnie et d’étudier sur le terrain, le chevreuil.  Il pourrait paraître invraisemblable pour plusieurs d’entre vous la façon dont le chevreuil réagit ici, mais il faut comprendre que la crainte de l’homme est presque inexsistante.  Notre territoire de chasse fait l’envie de plusieurs, il est grand et à très basse pression de chasse.

La Saskatchewan est ouverte pour tous, un bon chasseur québecois n’aurait pas trop de difficultés à récolter s'il s’y prend de la même façon qu’au Québec.  Plusieurs régions sont à basse pression, surtout au nord de la Saskatchewan.  Alors préparez vous et venez visiter le paradis de la chasse au chevreuil…mon paradis.

Pour chevreuil.net

Dominic Imbeau

Le 4 décembre 2004   

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Présentation PowerPoint sur la technique pour l'éviscération du chevreuil

Cette présentation de type “Power Point Show” se veux facile à suivre.  Malgré mes recherches, je n’ai pu trouvé de travail littéraire en français sur le sujet.  Alors, pour vous, lecteurs de Chevreuil.net, voici ma technique qui est employé par la plupart des chasseurs à travers l’Amérique du Nord.  Cette technique s’applique à tout autres Cervidés Nord-Américain.

17 décembre 2003

Bonne Chasse !        Dominic Imbeau 

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Notre fascination avec les bois de chevreuil.

Il y a quelque chose de magique et de mystique avec les bois de chevreuil.  Ce qui les rendent davantage séduisants, est que chaque bois est différent et unique.  Cependant, notre fascination avec les bois de chevreuil a ses racines ancrées profondément dans notre culture.  Nos ancêtres ont chassé les bêtes ornées de bois depuis que l’homme existe.  Ils ont même confectionnés des outils à leur base et les ont utilisés afin d’exprimer leurs croyances religieuses.

Aujourd’hui, ils demeurent tout aussi captivants. La façon dont les bois croissent et sont rejetés chaque année attire la curiosité et suscite l’émerveillement.  Les bois font partis des accomplissements les plus remarquables de la nature.  La famille des Cervidés a les capacités de faire pousser leur bois d’année en année.  Ils sont les seuls mammifères ayant la capacité de régénérer ces accessoires complexes.  Les bois de cervidé sont les structures qui poussent le plus rapidement dans le règne animal.

La pousse des bois chez le buck débute lorsqu’il n’est qu’un faon, cependant, le buck faon ne croît des bois qui n’atteignent la grosseur d’un court bouton qui ne durcis que rarement.  Ces boutons se développent éventuellement en court merrains occasionnellement appelés “spike” ou en fourchette “forked spike” dès l’âge d’un an et demi.  L’envergure des bois continue de croître d’année en année jusqu’à ce qu’ils atteignent un développement maximal qui est vers l’âge de six ans et demi.

Certains fermiers se spécialisant dans la reproduction du chevreuil ont constaté que si les faons mâles étaient castrés avant la première formation de leur bois, le panache ne croît pas.  Si on administre une quantité de testostérone à des femelles, de petits boutons apparaissent dans le front de celles-ci qui se développent éventuellement en panache.

Le panache des bucks débute leur croissance tard l’hiver ou tôt le printemps.  La croissance du panache se fait lentement au début, mais dès la fin de mai, il prend de l’ampleur et croît plus rapidement.  La croissance du panache est généralement terminée par la fin du mois d’août.  Par la suite, le velours durcis et tombe durant le mois de septembre.  Les bois tombent entre janvier et mars.

Pourquoi y a t’il un cycle annuel de la pousse des bois?

Et bien croyez le ou non, l’inclinaison de 23 degrés de l’axe de la terre est la cause du cycle annuel.  Si la terre était perpendiculaire dans son orbite autour du soleil, il n’y aurait pas de changement de température et la durée des journées demeurait la même en tout temps.  Cette inclinaison crée les changements de saison annuelle.  Les chevreuils ont adapté leur physiologie et leurs habitudes en fonction de ces changements.

Le signal environnemental qui gouverne la pousse du panache, est la somme de lumière produite dans une journée appelée photopériode.  Le signal physiologique est l’hormone mâle appelée testostérone.  La façon dont tout ceci fonctionnent ensemble est compliquée, mais le changement de la somme de lumière dans une journée est perçu par l’œil qui lui envoi un message à la glande pituitaire(hypothalamus) via le nerf optique.  La glande pituitaire(hypothalamus) est un organe de la grosseur d’un pois et est situé à l’arrière du cerveau, elle produit différentes hormones.  Une des hormones produite est l’hormone lulibérine, elle contrôle le montant de testostérone produit par les testicules. 

La glande pinéale produit aussi une hormone appelée mélatonine.  Cette hormone agit de façon à supprimer la production de l’hormone lulibéline qui en retour abaisse la production de testostérone.  La mélatonine est produite en plus grande quantité lorsque les journées raccourcissent.  Tôt en été, les journées s’allongent, la production de mélatonine est donc ralenti permettant ainsi à la glande pituitaire de produire l’hormone lulibéline.  Une hausse de cette hormone a comme résultat de produire une hausse de testostérone qui déclenche ainsi une réaction qui fait durcir les bois et le velours de tomber.  La perte du velours survient en deçà de 24 heures.

Le cycle du panache prend plusieurs mois de retard comparé aux changements des journées parce que les changements hormonaux prennent plus de temps à survenir.  À l’automne, les journées raccourcis, ce qui a pour cause d’augmenter la production de mélatonine, résultant ainsi d’une diminution de la production de l’hormone lulibéline et de testostérone.  Une diminution de la testostérone cause la chute des bois.  

 

                   Photo prise par Hélène Gingras

Pourquoi les bois tombent-ils?

Les bois tombent lorsqu’une fine couche de tissu destructif appelé couche d’excision se forme entre le point d’attache du panache et le panache lui-même. Cette couche se forme résultant de l’abaissement du niveau de testostérone.  A l’instant ou le tissu connectif se dissout, le panache tombe de par lui-même ou est ébranlé par le chevreuil qui se frotte la tête sur les arbres.  Cette dégénération du tissu connectif est considérée comme étant le tissu qui se détériore le plus rapidement dans le règne animal.

Il a été constaté chez le Cerf de Virginie qu’une diète restreinte engendre la perte précoce du panache.  Il est également suspecté que la malnutrition affecte d’une façon la production de testostérone.   Les bucks affectés par un stresse nutritionnel ont démontrés que la croissance du panache est retardé le printemps et que la perte du velours se produit plus tard l’automne.  Il serait donc possible que les bucks plus âgés perdent leur panache plus tôt que les jeunes bucks.      

Il a été rapporté que les bucks matures dominants perdent leurs bois plus tôt que les bucks non-dominants.  Les bucks matures dominants d’un certain âge ont tendance à perdrent leur panache plus tôt à cause du coût de l’énergie encourue afin de maintenir une haute place dans le rang hiérarchique. Quoiqu’il n’y est pas de preuves évidentes que la température affecte la perte des bois, il est plausible que les hivers difficiles puissent influencer la perte des bois plus tôt que la normale due au stress nutritionnel.

Le but de la perte des bois(Shedding).

Pourquoi est ce que les bucks dépensent tellement d’énergie à se faire des bois pour les rejeter quelques mois plus tard?  Pourquoi ne demeurent-ils pas attachés et ne continuent pas de grossir avec les années comme les cornes de mouton, chèvre et bovin?  Les scientifiques ont examiné cette même question pendant plusieurs années et ils ne connaissent toujours pas la réponse.  Toutefois, il y a plusieurs théories qui ont été développées pour expliquer le but de la perte annuelle des bois.

Une des théories les plus communes est que les bucks perdent leur bois pour pouvoir remplacer tous les dommages encourus lors des combats, tel que merrain cassés.  Cette théorie est très valable parce que l’exhibition du panache est très important afin d’acquérir des femelles, et durant les combats de dominance.  Si un buck casse un merrain et n’est pas dans la possibilité de le remplacer, il se pourrait qu’il soit incapable d’acquérir les privilèges d’accouplement nécessaire afin de disperser ses gênes. Une autre théorie suggère que les bucks perdent leur bois afin de suivre le rythme de leur croissance corporelle. 

Une autre théorie suggère que les bois tombent pour éliminer le danger de faire du mal aux faons.  Une théorie tout à fait plausible serait que les bucks perdent leur panache dû à l’épuisement causé par le rut.  Il est dit que le buck perd ses bois pour imiter une femelle en santé, limitant ainsi les agressions des prédateurs qui sont à la recherche de buck épuisés par le rut..  Et finalement, une théorie suggère simplement que les bois sont perdus chaque année pour la conservation d’énergie afin d’éviter une perte non-nécessaire de poids en dehors de la saison du rut.  Un panache est très lourd, encombrant et demande beaucoup d’énergie après la saison des amours.  Cependant, pour que ceci soit vrai, il doit être vrai aussi que la croissance des bois demande moins d’énergie qu’à les garder l’hiver…

Quelle théorie est la bonne?  Qui sait?  Peut être que la réponse est une combinaison de toutes ses théories ou peut être qu’aucune est la réponse.  Espérons qu’un jour les scientifiques puissent  découvrir la réponse à ce mystère.

Dominic Imbeau

2003-09-01

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Chasse aux panaches.

  

Qui n’éprouve pas un brin d’excitation lors de la découverte d'un bois de chevreuil, ou encore mieux, de la paire ?  Et bien, laissez moi vous dire que malgré des centaines de ces trouvailles à travers les années, je me retrouve de nouveau en enfance à la vue d’une. Chaque bois trouvé fait virer les rouages de l’imagination.  Malgré ce fait, les panaches récoltés ont une histoire réelle…celle d’un buck sur votre territoire de chasse.  Malgré la panoplie de techniques et d’outils utilisés aujourd’hui dans le but d’observer des bucks matures sur vos territoires de chasse, rien n’est aussi excitant, à mon avis, que la chasse aux panaches. Vous me direz sans doute que les caméras de type “Vigil” sont indispensables. Eh bien, je suis d’accord que ce type d’appareil est utile mais il l'est davantage lorsqu'il est utilisé en complément aux autres techniques d’aujourd’hui. 

L’envergure d’un grattage, le diamètre des arbres sur lesquels le buck s’est frotté le panache pour délimiter son territoire, la grosseur des pistes, tout ça ne sont que des indications potentielles de la présence d’un buck mature sur votre territoire.  À mon avis, il n’y a que quatre façons d'avoir la certitude de la présence d’un buck mature sur votre territoire, soit :

  • de l’avoir vu en automne lors du pré-rut ;

  • de l’avoir photographié à l’aide d’un vigil ;

  • pour ceux qui nourrissent dans la cour arrière, de l’avoir observé après la saison de chasse ;

  • et finalement, d’avoir trouvé son panache au printemps.

Malgré que le gros du rut se termine aux alentours de décembre, il m’est arrivé à plusieurs reprises de trouver des panaches sur des sites d’appâtage délaissés à la fin du même mois. Il serait donc avantageux de revisiter vos sites, ou même de continuer d’appâter légèrement durant la saison hivernale.  Les bucks après le rut se nourrissent à plein afin de se réapprovisionner de l’énergie perdue durant la période amoureuse. Maintenir un site d’appâtage permettra de tenir les bucks occupés sur votre site, vous donnant ainsi une opportunité de trouver des panaches. 

Personnellement, j’aime mieux pratiquer la chasse aux panaches le printemps quand il ne reste que quelques centimètres de neige au sol, c’est à dire entre le mois de mars et mai. De plus, la température est un peu plus agréable, ce qui me permet de demeurer plus longtemps à faire mes recherches sans avoir trop chaud ou froid.  Les panaches sont très visibles dans la neige, le soleil reflète sur leur couleur plus foncée les rendants ainsi plus visibles.  Les panaches des cervidés sont une bonne source de calcium et ils font la convoitise des rongeurs, alors n’attendez pas trop longtemps avant d’entamer votre prospection.        

Les sentiers de transitions

Tout comme nous, les chevreuils ont une chambre à coucher et un garde-manger, il suffit donc de trouver ces deux éléments et de découvrir l’allée et venue des chevreuils entre ces deux points. À titre d'exemple, les ravages offrent cette opportunité et il serait bien d'explorer ces mines d’or. Mais soyez courtois, abstenez vous de déranger le chevreuil durant cette période et y retourner le printemps serait une bonne idée.  Les hivers à température clémente avec peu de neige, ça se voit de plus en plus. Les ravages sont donc moins utilisés à ce moment là. Il serait donc avantageux de découvrir les sentiers menant aux garde-manger et les jeunes bûchers offrent ce genre d’opportunités. Dans mon coin de pays, les chevreuils ne ravagent pas puisque l’ouest Canadien n’offre que très peu de neige avec température très froide sur des périodes de 2-3 mois. Ainsi les garde-mangers sont très facile à localiser. L'on peut penser, à titre d'exemple, aux secteurs de transition entre la forêt et les terres agricoles contenant de la luzerne ou du grain. 

Les clôtures

Je ne peux m’empêcher de discerner chez vous un brin de scepticisme. Et bien oui, les clôtures offrent la chance de récolter des panaches puisque les chevreuils aiment bien se frotter les bois sur les piquets lorsqu’elles sont prêtes à tomber. Il ne faut pas oublier que le panache est un item quand même assez encombrant sur la tête d’un chevreuil.  J’ai découvert plusieurs panaches longeant des clôtures et lorsque les bucks les franchissent et que le panache est sur le point de céder, le choc du saut suffit parfois à les faire tomber. Alors ne négligez pas ces endroits productifs.   

La bordure des champs

En d'autres mots : “transition du garde-manger”.  L’abords des champs offrent des opportunités incroyables de trouver des panaches puisque 35% de mes récoltes se font dans ces secteurs. Je concentre alors mes efforts tôt le printemps dans ces endroits où le soleil fait fondre la neige plus rapidement.

Les balles de foin

Je ne laisse rien au hasard dans ma quête. Après m’être concentré sur les abords des champs, je me retrouve sur mon VTT pour faire de la prospection dans le champ même. Il m'arrive fréquemment de trouver des panaches en plein milieu.  Les fermiers ont parfois l’habitude de laisser leurs balles de foin dans les champs jusqu’au printemps. Lors d’une occasion toute particulière, j’ai trouvé un côté de panache logé dans une balle de foin ronde. J’ai trouvé ça hors de l’ordinaire, mais parfois les places les plus inusitées offrent des opportunités.      

 

Les lignes de coupe (arpentage)  

Les lignes de coupe fraîches donnent l’opportunité aux chevreuils de se créer de nouveaux sentiers et les jeunes repousses qu’elles contiennent offrent un choix alimentaire des plus variés à la survie de tout buck en voie de rétablissement du rut. Alors ne négligez pas ces endroits
potentiels

Les parcelles de bois sale

Ce n’est pas toutes les parcelles de bois sale qui contiennent la chambre à coucher d’un buck
mature. Mais si ces parcelles font partie intégrante de votre territoire de chasse, il serait à
votre avantage de les visiter.  Cela vous permettrait d’ailleurs de confirmer la présence ou non d’un buck en plus de vous donner la chance de, peut-être, trouver des panaches.     

Les jeunes bûchers

Pour ceux qui ne chassent qu’exclusivement dans les forêts à essence mixte entrelacées de bûchers relativement jeunes, et bien quelle belle opportunité que vous avez. À mon avis, ce sont les meilleurs endroits pour découvrir de beaux panaches trophées.  Ce genre d’environnement offre, selon moi, les meilleurs garde-mangers disponibles pour le chevreuil.  

 

Techniques de recherche

Lorsque vous trouvez juste un côté de panache, le but est de retrouver l’autre côté. Alors voici les techniques que je pratique à cette fin.  Ordinairement, quand un coté du panache tombe, l’autre partie est sur le point de tomber aussi. Alors, il ne suffit que de suivre le sentier dans lequel vous avez trouvez le bois. Généralement il ne sera pas bien loin et personnellement, je les retrouve à une distance de 30 à 150 mètres.  Il arrive à l’occasion que l’un d’entre eux semble introuvable. Retournez à votre point de départ et faites un parcours en spirale en agrandissant votre champ de prospection. Si vous avez un copain qui vous accompagne, cherchez à deux, ça rend la vie un peu plus facile.

La couleur du panache trouvé est importante afin de déterminer si c’est un bois frais ou un bois âgé de plusieurs années.  Les bois récents auront une couleur foncée et garderont, même parfois à leur base, des débris causés par l’habitude du buck à frotter les arbres.  Les bois âgés auront une apparence délavée et blanchâtre causée par la pluie et le soleil. Dans les endroits humides, ils auront une apparence délavée accompagnée de vert de gris. 

 

Conclusion

La chasse aux panaches n’est pas une science exacte. Trouver des panaches sur votre territoire de chasse ne garantie en rien que vous allez voir ou récolter ce même buck lors de votre prochaine saison de chasse, mais c’est une très bonne indication que ce buck parcoure votre secteur.  Comme vous le savez bien, il y a un certain nombre de bucks matures qui ne survivent pas à l’hiver. La saison du rut rend la vie bien difficile aux bucks maîtres de leur territoire. Mais si vous récoltez leur panache au printemps, il y a de bonnes chances que votre buck soit encore en vie.

Faire la récolte des panaches est une technique que je dirais, assez méconnue. À mon avis, elle devrait faire partie intégrante de vos techniques de prospection. De plus, ça vous donnerais l’occasion de renouer votre amitié avec la nature et de vous garder en santé.  Si vous pratiquez le rattling, il n’y a rien de mieux qu’une vraie paire de bois.
Les bois agés seront d'une couleur délavée et souvent accompagnés de vert de gris.

 La chasse aux panaches n'est pas une science exacte, mais elle complémente parfaitement les autres techniques de "scouting" que l'on retrouve dans le monde de la chasse d'aujourd'hui.  De plus, quelle belle façon que de se tenir en santé.

Bonne Chasse !

Dominic Imbeau  

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