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Initiation réussie : Camille et papa bien heureux !

Cette année était une année particulière dans ma carrière de chasseur. En effet, ma fille qui a maintenant l'âge imposé par le gouvernement, pouvait enfin participer, arme à la main, à la chasse. Elle n'était pas à sa première danse avec une arme à feu puisque le printemps dernier, ensemble, nous avions tenté de déjouer un ours. Malheureusement, la chasse à l'ours fût infructueuse, mais le plaisir était tout de même au rendez-vous.

Cet automne, n'ayant que très peu d'orignal dans notre secteur, je ne trouvais pas que cette chasse serait bénéfique pour ses débuts en la matière. Elle a donc attendu patiemment que la chasse au cerf à la carabine soit ouverte.

La veille de l'ouverture
Camille et moi nous rendions au campement. Arrivé sur place, vivement, je suis allé quérir le trésor que renferme une caméra de surveillance située aux appâts, pendant que Camille entrait le barda dans le camp. Pendant mon approche vers le site, vite me survient un sourir, pas un mais deux grattages font office de bienvenue. Dans mon parcours, j'ai comptabilisé également 7 frotis, toutefois, aucun d'eux n'est impressionnant. Ces signes ne mentaient pas, nous aurions assurément des cornes sur nos photos, me disais-je à ce moment là. Ce soir là, accompagné de mon fidèle ami et de ma fille, nous avions zieuté les photos de nos sites respectifs en rigolant et en spéculant du déroulement de nos chasses qui étaient désormais imminentes.

Premier matin
Nous dormions à poings fermés. La stratégie établie depuis déjà quelques jours, me dictait de ne pas chasser le premier matin et d'en profiter pour faire tirer une balle ou deux à Camille sur une cible afin de s'assurer qu'elle tirerait aussi bien que le printemps dernier. Je savais pertinement que ce serait le cas, mais pour qu'elle se donne confiance et sans le câcher, qu'elle m'en donne aussi, cela savérait une étape nécessaire. Une seule balle fût tirée, la confirmation de ses talents et la confiance étaient au maximum.

Maintenant, ce n'était qu'une question de quelques heures avant que nous abordions notre approche au site appâté et qu'ensemble nous chassions ce cerf magnifique qui me rends si fébrile à chaque année. L'observation de nos photos de caméra de surveillance de la veille nous rendait confiant.

En début d'après-midi
Le vent était carrément à l'envers, Camille n'avait que très peu de temps pour chasser, je n'avais pas de plan B qui était viable. Advienne que pourra, nous irions quand même. Notre approche fût rapide. En route vers le site appâté, le rappel de quelques conseils à ma fille, bien que je savais très bien qu'elle n'en n'avait pas besoin, étaient omniprésent. Aujourd'hui, je pense, même si elle ne me l'a pas dit à ce moment là, qu'elle me trouvait disons... un brin fatiguant et énervant pour rester poli. En bon français, j'aurais du me fermer le mâche patate. BANG! Ça venait de tirer chez notre voisin immédiat. D'un regard réconforteur, j'encourageais ma fille à poursuivre dans la hâtise. Nous étions maintenant à quelques enjambés de notre affût et je constatère qu'au moins un cerf était présent aux appâts. L'affût étant au sol et les appâts à moins de 25 mètres de celui-ci, par expérience, je savais qu'il était mieux de lui faire peur vocalement qu'en catimini. Immédiatement, je fit un cri qui ressemblait à celui d'un hibou, je le fit suffisamment fort pour qu'il déguerpisse sans se poser de question et sans souffler. Comme nous étions à notre première séance, plusieurs ajustements logistiques étaient de mise dans notre affût restreint.

La patience et l'impatience s'installèrent
En place depuis un temps, je donnais un petit coup de coudre à Camille, un premier cerf approchait. Un veau pris la peine de nous rendre visite. Un regard entre Camille et moi se gravait alors à jamais dans ma mémoire. Nous étions excité. Sa visite fût brève. Vraisemblablement, par son comportement, le vent nous trahissait. Le temps filait. Armé de patience, de Ipod et de tablette Androide, nous attendions l'arrivé tardive d'un autre cerf. Bang, un coup de feu retentit chez le voisin d'en face. Cela faisait plusieurs coups de feu que nous entendions. Mais deux d'entre eux ont été identifié chez nos voisins immédiat. Ma fille me dit « On as-tu encore des chances papa? ». Une question qu'elle me demanda à quelques reprises au fil de l'après-midi et des coups de feu qui se faisaient entendre. À chaque fois, je répondais la même chose, c'est à dire qu'il ne faut pas abandonner et que la patience est une vertue. Quelques temps plus tard, j'entendais craquer à notre droite, un cerf était en approche. Au travers les repousses de sapins, de trembles et de plaines, une ombre avançait. Les pattes du cerf en progression allait bientôt faire son apparition. Le voilà à dévouvert, parfaitement de côté à environ 23 mètres. Un six pointes estimé à 2.5 ans d'âge se tenait devant nous. Camille montait la carabine, j'ai retiré le cran de sécurité, je respirais en saccadé, je tremblais comme une feuille tandis que Camille demeurait d'un calme exemplaire. J'ai bouché mes oreilles et j'attendais la détonation plus que probable puisque Camille le tenait bien en joue. Une minute s'écoulère, et une autre. Le cerf a détecté notre présence, la queue branlait comme un plumeau, le nez en action, il déguerpit sans demander son reste. J'ai retiré alors mes doigts de mes trous d'oreilles et m'exclamère : «(blasfème), pourquoi t'as pas tiré? ». Elle me répondit aussitôt et toujours aussi calmement pendant que mon cœur battait encore la chamade et que je reprenais mon souffle : « Papa, tu m'as dis d'attendre ton go pour tirer, tu me l'as dis plusieurs fois...» Effectivement, avant la chasse, je lui avais répété cela à maintes reprises car ce que je voulais éviter le plus, c'était un tir dans une mauvaise position et un double abbatage lors de la proximité d'un CSB. Le mélange de stress, d'anxiété et d'adrénaline que j'ai éprouvé dans cette mésaventure est indescriptible, je ne suis jamais dans cet état d'habitude. Et sachez que j'en ai l'habitude. Nous venions de glisser le plus beau des bucks que j'avais sur caméra et qui visitait le site sur une base régulière. Je corrigea immédiatement la règle. J'ai dis à ma fille que le prochain, quand il serait bien placé et qu'il n'y en n'aurait pas d'autre autour, de ne pas hésiter et de faire feu à sa guise. Voici le mâle en question (Cette photo a été prise à un autre moment mais j'ai choisi celle-ci pour que vous le voyez comme il faut):


Déjouer le vent ne serait-ce que le temps d'un instant
Le temps passait et soudain, une femelle accompagnée de son veau nous fit honneur de leur présence. Encore une fois, le courant d'air jouait contre nous et le pire arriva. La femelle sonna alors le cri d'alarme à quelques reprises en tappant de la patte avant tout en regagnant le couvert forestier. Nous étions démasqués!

Comme il m'est coutume de faire, j'ai toujours quelques branches de sapin avec moi. J'ai égrainé des ramilles sans cesse, je savais qu'elle avait besoin de plus pour complètement rebrousser chemin. Elle nous sentait, mais juste un peu car tous les cerfs se rendait aux appâts avant de nous détecter et c'était la première à souffler. Elle retourna de bord jusqu'à l'orée du bois. Elle est à 70 pieds de nous et semble se calmer. Je continuais de frotter et d'écraser des ramilles odorantes entre mes doigts. La revoilà aux appâts et se mis à débuter la dégustation. Son veau quant à lui n'avait jamais cessé de croire que tout était ok. Il mangeait à grande gueule depuis le début sachant probablement que sa mère était paranoiaque comme tous les enfants pensent (rire).

Le temps va nous manquer ?
La femelle et son veau poursuivaient leur dégustation quand encore une fois, j'entendis un autre cerf en approche au même endroit que le mâle de tout à l'heure. On va lui voir la caboche dans un instant que je me dis. Il sortit à découvert et incroyable mais vrai, il s'agissait d'un buck. Il semblait avoir un moins gros panache que son prédécesseur, mais il ferait notre bonheur c'est certain. À chaque pas qu'il gagnait vers les appâts, tout était en mouvement. Les cerfs aux appâts quitaient du double de vitesse que le monsieur progressait. Camille montait son arme tandis que je retirais le cran de sécurité. Le cerf ne s'arrêta pas aux appâts, il continua de marcher en suivant la femelle et son veau faisant faire un genre de u-turn au buck. Je me dis alors qu'on le perdrerait. Le cerf était arrêté juste avant de rentrer à couvert. Il était parfaitement de côté. Je dis alors : «  Tires! ». Elle me répondit : « Je ne le vois pas ». Le cerf branlait de la queue, la tête bien haute, son départ était imminent. « Envoye shoot! » murmurais-je. Bang! La détonation me fit cligner des yeux, ils s'ouvrèrent aussi rapidement qu'ils se fermèrent. On voyait un ventre blanc au sol, il était tombé dans ses traces.

Des accolades et des calins plus tard, presque la larme à l'oeil, nous avançions vers la bête. Wow! Encore des félicitations et Camille me dit : « C'est triste... » Je lui dis que non et elle me coupa la parole en disant : « Ce que je veux dire c'est qu'il a juste 4 pointes, j'aurais aimé qu'il en ait au moins 6... » Je constatais là, l'influence que j'ai apporté à sa vision de la chasse au fil des années. Je lui expliqué que mon premier était beaucoup plus modeste et de plus, qu'elle avait récolté un beau 2.5 ans de par son gabarit et qu'elle devait être fière. Ce soir là dans le camp, ce fût des rires et des annecdotes à profusion.

Initiation réussie
Le lendemain matin, je compris qu'elle avait aimé son expérience quand elle sortit tout bonnement du camp pour aller voir le cerf pendu derrière celui-ci malgré le froid qui sévissait. Et la confirmation fût encore plus flagrante quand elle me demanda de retourner voir la panse. Elle se confiirma à nouveau lorqu'elle me demanda de venir avec moi lorsque je suis allé reporter des appâts. La cerise sur le sundae fût lors de la séance de prise de photos.

Quelles aventures avec ma fille me réservera l'an prochain...Faudra bientôt discuter de notre plan de match pour la saison à l'ours...


Malgré son modeste panache, c'est un mâle que j'estime à 2.5 ans avec son gabarit de 150 lbs éviscéré (pesé).

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