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Recherche de gibier par temps chaud. Cela en vaut-il la peine?

Chaque saison de chasse réserve ses surprises au niveau de la température. Cette dernière peut atteindre des niveaux de degrés qui peuvent vaciller entre les -15℃ et les + 25℃. C'est certain qu'il ne faut pas minimiser l'importance de trouver son gibier le plus rapidement possible par temps chaud, mais il serait prématuré de conclure que ça ne vaut pas la peine d'y mettre autant d'efforts sous prétexte que la viande sera forcément non comestible. Plusieurs ont le réflexe de penser que si ils ne retrouvent pas leur bête dans l'heure qui suit le tir, leur venaison sera perdue. À part la température, certains facteurs peuvent entrer en ligne de compte dont, entre autres, le type de blessure, l'endroit où le gibier ira mourir et forcément le temps écoulé entre les deux.

Cependant, tant qu'on a pas retrouvé notre gibier, on ne peut déterminer avec certitude le temps qu'il aura pris pour succomber à ses blessures. Il faut savoir qu'un tir de panse peut prendre plus de 8 heures, voire même jusqu'à 24 heures dans de rares cas surtout si la bête s'est relevée, alors qu'un tir de foie ou de cuisse peut prendre plus de 6 heures. Même un tir aux poumons peut prendre plusieurs heures, surtout si un seul poumon est atteint ou que le tir atteint le haut des deux poumons. Il faut également tenir compte de l'environnement dans lequel le gibier mourra. Autant il peut se retrouver en plein champ que protéger de la chaleur à l'intérieur de la forêt que dans un cours d'eau. Mais nul ne peut prédire à l'avance quel sera l'endroit qu'il aura choisi pour mourir.

Le boucher Marc Mercier, formateur sur le sujet, y va aussi dans ce sens. La première chose à faire lorsque l'on retrouve un gibier et ce, même après plusieurs heures de recherche, est de l'éviscérer et de l'amener chez son boucher si nous n'avons pas l'expertise pour déterminer la condition de la venaison. Il mentionne qu'il a déjà vu des cas extrêmes où, par négligence, des bêtes lui fut amenées plusieurs jours après le tir, voir même une dizaine de jours. Bien entendu, dans ce type de cas extrêmes une mise en quarantaine de la venaison est importante et doit absolument être prise en charge par une personne compétente. Mais même dans des cas aussi extrêmes, il est possible de récupérer une partie de la venaison.
Ces spécialistes sont les mieux placés pour déterminer la qualité de cette venaison.
Voici quelques exemples de recherche :

Recherche d'un chevreuil en date du 27 septembre 2014:
Le tir a été effectué à 6h45 am à une température frôlant les 18℃. Après des recherches infructueuses par les chasseurs, je reçois l'appel à 9h30 am, j'arrive sur les lieux vers midi, il fait alors + 25℃. Après 30 minutes de recherche , la bête est retrouvée. Comme nous l'avions présumé au départ Il s'agissait en fait d'un tir de panse,. La mort du chevreuil remontait à tout au plus deux heures.
Après avoir été examiné par le boucher, il n'y a eu aucune perte de venaison.


Résultats de la recherche de Chantal Bellemare et Denis Fortier 27 septembre 2014
Température maximum : 26.1 °C
un chevreuil de 10 pointes tiré a l'arbalète dans la zone 07 à 18h00
début de la recherche: minuit
fin de la recherche : 00h45 le 28 /11
tir de foie
longueur de la recherche: 815 mètres
gibier encore bon


Par contre, avec une telle température, il serait imprudent de ne pas souligner que le risque de perdre de la venaison n'est pas plus élevé.

Résultats de la recherche de Chantal Bellemare et Denis Fortier 8 octobre 2014
Avec une température plus clémente, soit 16.7°C, une femelle tirée a l'arbalète a 7h30 am. Début de la recherche à 15h45 et la bête fut retrouvée à 16h00, soit 8h30 après le tir. Un tir de panse et une recherche de 873 mètres. Selon le boucher, le gibier n'était plus comestible.


En résumé, il est important de savoir que lorsque vous débutez vos recherches et que vous trouvez un indice laissant croire que la bête s'est couchée sur une distance de moins de 300 mètres, il est fort à parier que ce soit un tir de panse ou de foie. Votre bête prendra alors plusieurs heures avant de mourir, ce qui vous donnera du temps, peu importe la température extérieure, pour retrouver votre gibier et de demander l'aide d'un conducteur de chien de sang.

Jean Tousignant
conducteur de chien de sang
membre accsq

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