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Préparez-vous pour le match ultime

Si votre souhait pour la prochaine saison de chasse aux chevreuils est de prélever un mâle mature, vous devez être bien préparé car dites-vous que votre adversaire lui, il le sera.

Dans cet article, je vous ferai part d'un condensé de mes connaissances acquises sur la chasse aux chevreuils dans le but de partager avec vous les différents aspects qui ont changé ma façon de pratiquer la chasse.

À mes premières années de chasse, n'ayant pas trop de connaissances, je procédais de la même façon que ceux qui m'avait initié, 2 poches de pommes à 2 semaines avant l'ouverture et je passais quelques heures assis dans la même cache durant les trois fins de semaines de chasse. Après avoir récolter 2 ans de cette façon, un faon la première année et un spike la deuxième, je fus atteint d'une maladie qui est pour moi incurable, la passion de la chasse aux chevreuils. L'hiver qui a suivi, je commençais à vouloir approfondir mes connaissances sur cette magnifique chasse et après des dizaines d'heures de lecture d'articles dans des revues, des livres et sur le site Chevreuil.net, en plus d'assister à des conférences et de visionner de multiples dvd, ma façon de chasser la saison suivante avait déjà commencé à changer. Aujourd'hui, je ne pourrais m'imaginer rester à la maison durant la plus belle période de l'année qu'est la chasse aux chevreuils.
          
Depuis quelques années j'ai comme objectif de récolter un mâle d'au moins 2 ans et demi. Si l'occasion ne se présente pas pour différentes raisons, je m'abstiens de prélever un mâle plus jeune. Avec le temps et les efforts que je consacre à la préparation de ma saison, je préfère de loin gracier un mâle immature que de venir encore diminuer mes chances de rencontrer un tel mâle dans les années futures. À force de lire et d'assister à des conférences sur la gestion de cheptels de chevreuils j'ai vite compris qu'avec mes objectifs, je devais emboiter le pas et aujourd'hui je ne peux que remercier les personnes qui m'ont amené à cette gestion (QDM).

Sur un de mes territoires qui est passablement petit, difficile d'accès et pas très achalandé de chevreuil, j'ai décidé de faire de la gestion. Je suis seul à le chasser et compte tenu de la faible population de chevreuils, la pression de chasse aux alentours y est plutôt faible. Après 2 ans sans rien prélever mais en y ajoutant de bonnes salines et en maximisant l'utilisation de mes caméras afin d'amasser le maximum d'informations sur les individus ainsi que l'utilisation qu'ils font de ce petit territoire, je me suis rendu compte que l'achalandage a augmenté. De plus, après quelques provocations de ma part cet automne, le nombre de mâles et les signes qu'ils m'ont laissés m'a jeté à terre. Les frottages et les grattages sont nombreux et de qualité.

Les photos parlent d'elles-mêmes. Après 2 ans d'abstinence, j'ai recensé cette saison 1 mâle mature d'au moins 3 ans et demi, un mâle de 2 ans et demi et au moins 2 d'un an et demi, sur un territoire que j'estime être fréquenté par environ 10 à 12 chevreuils. Je dois rappeler qu'il y a 2 ans, je ne trouvais ni frottage, ni grattage et je photographiais un jeune mâle de temps à autres. Donc, même si je n'ai pas récolté mon « Trophée » cette saison, je peux vous dire que mes efforts sont tout autant récompensés.

Après chaque saison de chasse, qu'elle soit couronnée de succès ou non, je fais une analyse de ma saison ; un genre d'après match en vue de ma prochaine saison. Le but est simple, retenir ce qui m'a porté fruits et surtout, ne pas répéter mes erreurs.

Dès ma saison terminée, avant la venue de la neige, je suis déjà à la recherche des signes que les mâles du secteur auraient pu me laisser, (grattages, frottages, sentiers) et je cherche le ou les dortoirs du ou des mâles de mon secteur. Je prends soin d'intégrer ces données à mon GPS. Un peu plus loin dans l'article vous comprendrez ce que je fais de ces données.

Le printemps venu, je retourne en forêt, question d'être certain d'avoir le maximum d'information sur l'utilisation du territoire par le ou les mâles que je convoite afin d'établir mes stratégies pour la saison. Il y a des secteurs ou je ne remettrai pas les pieds avant le printemps suivant tels que les dortoirs, ce que j'appelle les sanctuaires.  Après cette visite du printemps, je m'abstiens d'y retourner le reste de l'année sinon mes efforts seront vite anéantis. Il est possible que le dortoir se trouve chez vos voisins, repérez les sentiers menant du dortoir vers votre territoire. Vous pourrez ainsi vous servir de ces sentiers pour établir vos stratégies futures.

Je profite aussi de l'occasion pour réactiver mes salines que je considère comme de bons atouts dans mon plan de match. Les salines ont deux rôles. Le premier est évidemment d'attirer les chevreuils dans mon secteur et d'y créer un achalandage. Le deuxième est celui de donner aux chevreuils de mon secteur, un petit coup de main avec l'apport de différents minéraux. Cela viendra aider les chevreuils qui ont passé parfois un hiver plutôt difficile. Cela aidera également les femelles qui allaiteront durant l'été. Elles, profiterons de cet apport en différent minéraux et y amèneront leurs faons qui l'utiliseront à leurs tours. Bien que les chevreuils retrouvent ces différents minéraux dans leur nourriture, leur système absorbe rapidement ces éléments et aide au bon fonctionnement de leur métabolisme. Plus tard, en début d'automne, j'ajoute des produits à odeur fruité (sucré) dans le but de conserver l'achalandage dans mon secteur.

J'ai remarqué avec les années que ce n'est pas tous les mâles qui fréquentent les salines. J'ai plusieurs photos prises en fin d'été, voir début de l'automne, près des sites de nourriture ou dans différents sentiers. Celles-ci, qui mon dévoilé un ou des bucks que je n'ai jamais pris en photo sur mes salines même si une caméra y était installée dès le printemps. Ne pensez donc pas avoir fait un recensement valide des bucks de votre secteur seulement en laissant votre caméra à vos salines d'avril à octobre. 

En termes de hockey, les caméras de surveillance sont mon « premier trio ». Avec ces espions qui travaillent pour moi, je suis capable de connaître presque chaque individu de mon territoire et de connaitre leurs déplacements habituels selon la période de l'année. J'ai une caméra qui est en permanence sur mes salines de mars à octobre et d'autre que je déplace selon l'évolution de la saison. Je déplace mes caméras aux 3 à 4 semaines. Quand l'été est bien installé et que les cultures sont en pleine croissance, j'installe mes caméras dans les sentiers qui mènent aux sources de nourriture.

Étant un accro de la chasse aux chevreuils, je veux faire durer le plaisir au max donc ma chasse débute fin septembre lors de la période arc/arbalète. Durant cette période le ou les mâles que je convoite sont en mode nutrition. Dès le début de l'été, j'identifie les cultures en croissance, sachant très bien qu'en septembre et début octobre, le soya et les prairies de trèfle sont prisés par les chevreuils. Plus tard suivra les champs de maïs. J'établi en conséquence mes postes d'affuts. Je me mets en mode « embuscade ». La stratégie est simple, je veux intercepter le buck sur un des sentiers reliant son dortoir à son garde-manger ou le surprendre au champ.

Plutôt, je vous parlais que j'intégrais sur mon GPS les données recueillies lors de mes prospections. Quand j'ai toutes mes données (sentier, dortoir, frottages, grattages et connaissances des cultures en cours) je transfère ces données sur mon logiciel de GPS et par la suite avec la fonction « afficher sur Google Earth », ma carte du champ de bataille apparait. Visualiser « mon terrain de jeu » me permet d'établir mes stratégies et mes postes d'affût.
L'accès a plusieurs postes d'affûts est primordial. Vous devez absolument disposer d'au moins 3 ou 4 postes différents. La raison est simple. Si vous souhaitez récolter un mâle mature et que vous disposez d'un seul site d'affût, vos chances de le rencontrer vont fondre à vue d'œil.  De plus, si le buck vous a détecté à ce poste, vous venez de vous faire sortir des séries comme on dit. Pensez pas revoir ce buck à cet endroit le lendemain vous venez de rendre ce buck méfiant et quand il repassera à cet endroit il y a de fortes chances que vous n'y serai pas.

Non seulement il vous faut gérer vos postes d'affûts en fonction des déplacements de vos mâles mais vous devez également ne pas négliger le facteur vent. Quand vous allez installer votre poste d'affût, pensez aux vents qui vont transporter vos odeurs. C'est un facteur qui milite pour l'installation de plusieurs postes d'affut. Pour ma part, je dispose de 2 à 3 postes d'affut différents sur le même champ de trèfle pour pouvoir y avoir accès par vent différent. Si le vent tourne et que je cours un risque d'être détecté, je quitte ce poste immédiatement. Vous êtes mieux de quitter plutôt et perdre quelques heures de chasse que de risquer de brûler votre site et peut-être brûler vos chances de récolter le buck qui vous fait rêver depuis plusieurs mois.

Il existe plusieurs types d'affût. Sans vouloir m'étendre sur le sujet, un affut peut être un simple fossé, un arbre renversé, une tente de chasse, un ladder-stand, un tree-stand et évidemment une belle grosse cache que j'appelle condo. Même si j'utilise à l'occasion le condo, je considère ce type de cache comme la moins intéressante. Si je veux tendre une embuscade à mon buck, je dois miser sur l'effet de surprise. J'opte pour des tree-stand ou ladder stand ou même carrément au sol bien caché et ce, pour trois raisons que je considère majeure. La première la discrétion, la deuxième, la mobilité. Si je me rends compte après quelques séances à un affût qu'il aurait dû être à 200 pieds plus loin, je peux alors le déplacer assez facilement. Quand je suis à l'affût, je veux tout entendre et tout voir ce qu'une cache fermée ne m'offre pas. Elle restreint ma vision et l'audition y est beaucoup affectée. 

Je vous disais qu'à cette période, les mâles sont en mode nutrition donc j'ajoute à mon jeu l'appâtage. Je me donne ainsi d'autres chance de croiser les mâles du coin. Je fais quelques sites d'appâtage à des endroits stratégiques. Mon but n'est pas nécessairement d'avoir des corridors de tir sur mes appâts mais plutôt d'attirer les mâles dans des endroits où il pourront profiter de cette manne tout en étant le moins alerte possible. De là la raison pour laquelle je chasse rarement aux appâts. Je préfère me retirer le long des sentiers qu'ils vont emprunter pour se rendre aux appâts, de cette façon je laisse beaucoup moins d'odeur au site d'appâtage et ne risque pas de ruiner ma stratégie. Si je me fais détecter le long d'un sentier qui mène aux appâts les conséquences seront beaucoup moins importantes.

Si votre chasse ne s'est pas terminée durant la période d'arc/arbalète vous devez vous préparer pour la deuxième et dernière ronde éliminatoire, la saison à l'arme à feux qui coïncide avec la période du rut. Cette période où les mâles vont tenter d'accoupler les femelles qui sont à leurs dispositions. Pour y parvenir, ils doivent établir leur dominance, laisser leur « carte d'affaire » en marquant le territoire de leurs frottages et grattages et affronter les autres prétendants. Vous comprendrez que les mâles ne sont plus en mode nutrition mais plutôt en mode reproduction, tellement que les mâles durant cette période, peuvent perdre de 20 à 25% de leur masse corporelle. 

En sachant que le ou les mâles que vous recherchez ont maintenant changé de mode vous devez faire de même. Vous devez revoir vos plans de match et modifier vos stratégies. Vos postes d'affûts qui étaient le long des sentiers qui menaient à des sources de nourriture seront moins efficace.  Quand le blé d'inde n'est pas récolté le champ devient l'endroit où les chevreuils passent la majeure partie de leurs temps. Durant les heures de chasse, ces champs leurs offrent les 2 choses qu'ils ont besoin nourriture et couvert. Vous devrez surveiller les accès à ces champs. Les femelles vont aller s'y nourrir et s'y cacher. Les mâles vont roder un moment ou l'autre dans les parages en espérant en trouver une femelle qui voudrait bien passer du bon temps avec lui. Si le champ est récolté mais pas labouré il aura encore un bon intérêt pour les chevreuils mais le coté protection n'est plus là pour eux. Ils sont ainsi plus vulnérables et y retourneront plutôt sur le couvert de la nuit.

Considérant que les bucks sont moins en mode nutrition, vous devrez trouvez leurs corridors de déplacements. C'est là que vos prospections du printemps et de l'automne passés vont vous être utiles. Établissez vos postes d'affut le long des sentiers ou des frottages et grattages ont été observés. Si vous en observez des nouveaux qui viennent d'être faits, vous êtes déjà sur une bonne piste. Avec un peu de provocation tel le rattling et le call, vous aurez peut-être la chance de croiser le fer avec les mâles de votre secteur.

En prenant le temps d'établir vos stratégies et passer davantage de temps en forêt à prélever le maximum de renseignements sur votre territoire, vous serez beaucoup mieux préparé pour la période des séries finales.

Suite à cet article, j'ai pensé vous présenter quelques capsules web qui vont vous aider à planifier votre plan de match.

Patrick Bayard  

 

 

 


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