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Réflexion sur l'image de la chasse

En ce temps ou la plupart des chasseurs et pêcheurs se préparent pour les prochaines saisons de chasse et de pêche qui arrivent à grand pas, il serait peut-être temps de prendre quelques minutes pour se poser quelques questions et peut-être revoir nos habitudes et façons de voir ces activités. Certes, tous éprouvent du plaisir à les pratiquer. Pour certains c'est le fait de se rassembler dans un endroit isolé en forêt, d'autres plus solitaires, préfèrent le silence total et les moments seul avec la nature qui les entourent.

L'adrénaline que peut provoquer l'attaque soudaine d'un poisson à notre appât ou le passage d'un chevreuil ou dindon sauvage à quelques mètres suffisent pour nous ramener dans ces merveilleux endroits chaque année. Par contre, je me demande si nous ne prenons pas tout cela pour acquis et oublions trop facilement que le privilège de chasser et pêcher n'est pas un droit acquis et que la majorité de la population est en désaccord avec ces activités. Mais pourquoi ? C'est avant tout l'incompréhension face au fait de tuer un animal qui pousse la plupart des gens à dénigrer les chasseurs. Pourtant la plupart de ces personnes mangent de la viande et du poisson, mais ne se sentent pas responsable de leur mort. Ironiquement, chaque fois que quelqu'un consomme de la viande, il ou elle participe à la mort de cet animal. D'un autre côté, les chasseurs et pêcheurs eux, en prennent l'entière responsabilité et vont même jusqu'à en tirer une certaine fierté. Pour la population en général, la chasse est une question de trophée qu'on accroche au mur et aux hommes qui veulent prouver qu'ils sont de vrais hommes. Nous n'avons qu'à regarder quelques films de Disney * pour bien comprendre le préjugé qu'a la majorité de la société envers les chasseurs ! Même si ce type de chasseur existe, il représente une minorité. Tous ne sont pas des « Gaston » (La belle et la bête). 



En fait, la plupart des chasseurs et pêcheurs sont d'avantage des aventuriers rêveurs à la recherche de liberté et de sensations fortes. C'est avant tout pour le défi et tenter de déjouer le gibier qui motive les chasseurs et pêcheurs. Loin du stéréotype du carnivore sanguinaire voulant à tout prix remplir le congélateur. Bien sûr, nous apprécions le fruit de nos chasses et pêches, mais s'il n'en était que pour le résultat, mieux vaudrait acheter la viande et le poisson au marché, car dans la plupart des cas cela serait bien moins dispendieux.

Il est le devoir de tous les chasseurs et personnes qui aiment les animaux de s'impliquer dans leur conservation et l'amélioration et maintien des habitats dans lesquels vivent ces animaux. L'implication des chasseurs et pêcheurs peut passer par les dons et participation dans des organisations et associations qui s'impliquent et travaillent à tous les niveaux pour que tous puissent profiter de cette nature. À titre d'exemples : Canards Illimités *, QDMA Canada *, Fédération Québécoise pour le Saumon Atlantique *, CWTF *, etc. Pour ne nommer que ceux dans lesquels je participe. Mais vous pouvez aussi faire une grande différence en vous impliquant et en encourageant toutes personnes qui posent un geste de conservation. Que ces personnes s'impliquent dans les mouvements anti-pollution, organismes environnementaux, projet de reboisement, ensemencement des lacs et rivières, ou simplement agissent avec respect envers la nature et les richesses qui nous entourent. Tous doivent servir d'exemple pour les générations futures. Parlant de générations futures, il est d'une importance capitale d'assurer la relève pour les chasseurs et pêcheurs. Depuis des siècles, nous sommes les plus grands acteurs en conservation partout dans le monde et les générations qui nous succèdent, auront ce rôle à jouer à leur tour. Sans les chasseurs et pêcheurs, plusieurs espèces d'animaux, aujourd'hui très nombreux, seraient sur la liste d'être en voie de disparition.

Tous les chasseurs ayant à cœur leur passion, devraient être en mesure de fournir une réponse incluant les raisons fondamentales pour lesquelles ils chassent et expliquer que les chasseurs chérissent les animaux et les prélèvent dans le respect. Qu'il n'y a rien de plus naturel que de prélever eux-mêmes la viande qu'ils consomment comme les maraîchers récoltent les légumes qu'ils ont préalablement engraissés et arrosés jusqu'à maturité. Même chose en ce qui concerne le contrôle des prédateurs, il est nécessaire et équivalant aux herbicides et insecticides utilisés en agriculture. Si les chasseurs s'impliquent dans la conservation et l'aménagement des habitats pour les animaux qu'ils prélèvent et le font avec respect et conscience de l'impact écologique, personne ne pourra leurs reprocher de tuer et éprouver un plaisir à le faire. Ce geste de tuer n'en est pas égoïste et gratuit l'lorsqu'on peut l'expliquer et démontrer qu'on a fait plus, pour que cet animal ait une vie complète et de qualité dans un environnement naturel et à l'état sauvage, que n'importe quelle personne qui achète un poisson ou un morceau de viande au marché. Nous n'avons pas à nous justifier, mais nous avons le devoir d'éduquer et sensibiliser les gens qui nous entourent et nous regardent. Ces personnes pourront à leur tour expliquer à leur entourage que la chasse et la pêche, permettent de maintenir et sauvegarder les richesses naturelles et non de les détruire. Ne partez pas en guerre contre les non-chasseurs, ils sont plus nombreux que nous. Mais prenez en charge l'image que vous projetez. L'avenir passe par l'éducation et ça commence par nous-mêmes les chasseurs.

Ci-dessous, un exemple de photo utilisée par les anti-chasseurs, le contexte et l'endroit n'étant pas spécifié, une française voit des loups de France (protégés et en voie de disparition) et crie au meurtre. En réalité, ces loups font partie d'un programme que le gouvernement Albertain a mis sur pied, en collaboration avec des biologistes, afin de rétablir la population de caribous du nord de l'Alberta. Ils ont été abattus par des professionnels dans le cadre de leur travail.



Les photos représentent une grande partie de cette mauvaise image. Je vous en prie, même si pour vous, voir une bête éviscérée, attachée à un véhicule et qui sort la langue fait partie de votre quotidien, ça ne fait pas partie de celui de 94% des autres personnes qui ont un mot à dire sur notre privilège de chasser et pêcher. Prenez quelques minutes supplémentaires pour immortaliser ces moments de façon à obtenir des photos plus propres. Vous en serez encore plus fiers ! Accompagnez vos vidéos de chasse de messages de conservation et de respect de l'animal. Du moins, éliminez les images qui manque de respect envers l'animal. Il faut montrer que c'est l'animal qui est le plus important et non le chasseur. Plusieurs émissions de télé ont déjà entamé le pas en démontrant que la chasse est une activité et un mode de vie prônant le respect et la conservation et non une série de «  kill shot » sur des trophées. Mais il y a beaucoup de place à l'amélioration.
 
Le réputé biologiste et scientifique Shane Mahoney, insiste sur le fait que si notre désir est de changer cette image, il faut commencer par changer notre langage. Il suggère de cesser l'utilisation des adjectifs comme « trophée » de chasse ou chasse « sportive » qu'il voit comme source d'interprétation défavorable envers la chasse. Je suis en accord avec ses propos et je porterai personnellement une attention particulière sur les mots que j'utilise à l'avenir. Ce qu'il faudrait simplement dire, c'est que c'est de la CHASSE. Que l'animal prélevé est la réussite et l'aboutissement de vos efforts de chasse. Qu'il porte des bois impressionnants ou non, c'est un souvenir et une expérience unique qui vous appartient. Que la chasse ne s'arrête pas à tuer un animal, que c'est le résultat d'un travail mental et physique. Que le choix de prélever cet animal en soit un prémédité, témoigne que ce n'est pas un moment de folie, mais bien un acte calculé et un choix de vie qui vous apporte fierté et bonheur tout en vous connectant avec la nature et l'environnement. 
 
En conclusion, je crois que tous les chasseurs devraient se questionner sur le sens qu'il donne à la chasse et faire une vraie réflexion sur le sujet. Je suis convaincu que si chacun prend le temps d'analyser son comportement en tant que chasseur, plusieurs réaliseront qu'ils pourraient s'impliquer d'avantage dans l'image et la préservation de la chasse et des habitats qui nous permettent de pratiquer nos passions !
 
Merci de partager ce message.
 
Guillaume Paquette
Technichasse.ca



 


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