Langevin a écrit :
oui l'hiver tue en majorité... hei!! on pourrait tu savoir pourquoi?? on pourrais tu trouver des solutions... pour sauver les chevreuils.. on pourrais tu amener des pistes de solution... on graisse la patte des forestiers.. on subventionnes l'industrie du bois.. on pourrait les obliger a créer des espaces hivernaux pour nos chevreuils... battince c'est pourtant pas si dure..
Salut Langevin
Je suis entièrement d'accord avec toi sur la satisfaction des chasseurs... on pourra pas contenter tout le monde et il faut accepter une part d'insatisfaction car c'est POUR le chevreuil qu'on fait ça avant que les chasseurs ne soient à leur tour contenté. Non ça apportera pas l'abondance mais on restera moins longtemps dans la médiocrité suite à un hiver difficile, la population remontera. Et malgré que le but n'est pas d'avoir plus de chevreuil, la chasse sera plus intéressante car les interactions entre mâles seront plus nombreuses et on verra plus de frottés et grattés... moi je devient fou quand j'en vois..

Sur la question des ravages, demander aux forestiers de créer des espaces hivernaux... c'est déjà le cas. Il y a un cadre légal et réglementaire qui défini ce qu'est un ravage de cerf et ce qu'on a droit d'y faire.
Premièrement, qu'est-ce qu'un ravage aux yeux du MFFP? Un ravage c'est une surface d'au moins 250ha (2,5 km2) et qui est occupé l'hiver par le cerf. Le MFFP a défini les périmètres permanent des ravages qui se trouvent en terres publiques suite aux divers inventaires aériens. Donc, les ravage sont identifiés sur les cartes et sont gérés de manière différente des autres terres publiques. Deux problèmes sont présents ici.... 1- les petits ravages de moins de 250ha ne sont pas comptabilisés ni considérés lors de la planification des opérations forestières en terre publique et 2- les ravages en terres privées n'ont pas de protection légale et en théorie un propriétaire de boisé privé peut en toute légalité couper tout le ravage qui se trouve sur sa terre (sous réserve des autres lois et règlements à respecter). Un bémol sur cette dernière affirmation, les propriétaires qui font affaire avec un groupement forestier et qui ont un ravage officiellement reconnu sur ses terres ne peut pas détruire ce ravage s'il veut bénéficier des avantages financiers du programme de mise en valeur des forêts privées (du moins au BSL).
Deuxièmement, quelle foresterie peut-on faire dans un ravage de cerf en terre publique? Il faut partir du principe que le cerf recherche deux choses dans un ravage... l'abri et la nourriture... en fait une troisième est importante.. la proximité entre l'abri et la nourriture (ce qu'on appelle l'entremêlement). Un ravage qui n'a que de l'abri ne nourrira pas beaucoup les chevreuil. Un ravage qui n'a que de la nourriture n'abritera pas les chevreuils. Ça prend un équilibre entre les deux qui dépend du taux historique d'enneigement. Par exemple, là où les hivers sont plus rudes (comme le BSL pas exemple), ça prend 60-70% de la surface du ravage en abri. Dans le sud de la province, ce % peut descendre aussi bas que 25% si le taux d’enneigement annuel historique est faible. L'abri ne peut pas se maintenir indéfiniment... la sapinière de 50 ans ne pourra pas perdurer jusqu'à 100 ans... un moment donné les arbres mourront et ça fera place à la succession forestière. Suivant ce constat, un ravage ça se gère. C'est pourquoi le MFFP désigne la ressource cerf comme la première ressource en importance dans les périmètres de ravage identifiés. La foresterie arrive en 2e. Ça veut dire qu'on peut faire des interventions forestières mais que celles-ci doivent obligatoirement répondre à un besoin du cerf (normaliser l'abri ou créer de la nourriture là où il n'y en a pas assez... idéalement les deux à la fois). Les opérations forestières vident à respecter les cibles de % d'abri dans les blocs de ravage et à créer un entremêlement entre la bouffe et l'abri, question de limiter les déplacements des chevreuils pour se nourrir ou s'abriter. On illustre souvent lsituation idéale d'un ravage serait comme une nappe en dentelle où les trous sont des sites nourriciers (coupes plus ou moins récentes) et les zones pleines comme étant l'abri.
Donc, on ne fait pas ce qu'on veut dans un ravage de cerf et il est même souhaitable d'y réaliser des coupes.... mais il faut qu'elles soient faites au bon endroit et au bon moment. On doit planifier dans le temps aussi, prévoir à l'avance où on s'en va.
La planification, c'est le MFFP qui la fait, ce n'est pas la compagnie. La compagnie ne fait qu'appliquer les plans. Du moins, dans notre région, c'est comme ça que ça marche. Si ça marche autrement dans d'autres régions, plainte au plus sacrant car dans ce cas le MFFP ne prend pas ses responsabilités.
À titre d'exemple, on gère un territoire public sur lequel il y a un ravage et c'est le MFFP qui nous impose le plan d'aménagement et l'emplacement des coupes. Bien entendu, notre connaissance intime du territoire fait en sorte qu'on peut proposer des solutions alternatives pour des raisons de logistique (ex, ce serait con de construire un chemin de 5 km pour aller récolter un petit peuplement de 1 ha). Suite à notre proposition, c'est le MFFP qui prend la décision.
Voilà... juste un "petit" texte pour informer que la gestion des ravages est déjà un fait et bien encadrée. Est-ce que c'est parfait? Je ne dis pas ça. Est-ce que l'abus est possible? Quand c'est l'humain qui est impliqué c'est toujours possible. Mais je veux surtout mentionner ici que ce n'est pas parce qu'on voit une forestière débarquer dans un ravage que c'est forcément un mauvaise nouvelle... c'est même le contraire car l'intervention est fait avant toute chose pour favoriser le chevreuil. La compagnie va faire des $ avec le bois c'est bien certain mais elle laisse derrière elle un ravage en meilleur posture ou avec un futur devant lui (en autant que le MFFP mène sa mission sérieusement dans votre région).
Suggestion de lecture:
http://mffp.gouv.qc.ca/publications/fau ... rginie.pdf