Les scandinaves (suédois, norvégiens et finlandais) ont une longue tradition du tir sportif: à preuve, ils sont rarement loin des podiums de biathlon aux championnats mondiaux et aux jeux olympiques d'hiver.
En ce qui concerne le Québec, il faut absoudre les chasseurs à la carabine pour leur soi-disant manque d'empressement au tir. Les choses sont ainsi parceque telle était la volonté politique des gouvernements fédéraux et provinciaux à partir du milieu des années 90.
Pour étouffer toute opposition à C-68 il fallait disperser les chasseurs et les tireurs du Québec. Et pour ce faire on précipita la fermeture des petits clubs de tirs sous des prétexte sécuritaires, alors que les incidences d'accidents ou de crimes étaient inexistants dans ces structures.
Rien n'a véritablement changé entretemps: s'il était possible d'éliminer toutes les armes à feu utilisées à la chasse au profit d'une autre bébelle, nos politiciens sauteraient volontier sur l'opportunité.
Pour l'heure, hélàs, les répercussions sociales et les pertes économiques pour les régions sont désastreuses. De fait c'est tout l'avenir de la chasse à visibilité de seulement 20 ans qui est en jeu.
Il serait intéressant de décompter le nombre de petits clubs de tir québécois qui ont été contraints de fermer par la Sûreté du Québec au prétexte du "soucis sécuritaire".
J'ai moi-même été président un moment de l'un de ces clubs, or l'ironie de la chose c'est que les policiers du poste de la Sûreté local en furent membres payants et officiels pendant plusieurs années, avant de nous forcer à poser le cadenas.
Si notre pas de tir au pistolet-révolver (en plein-air...) était si peu sécuritaire, pourquoi payait-on pour venir s'y pratiquer?
Quoiqu'il en soit, je ne suis au fait d'aucun club de tir
civil au Québec qui offre un pas de tir de 300 m. Dans la périphérie de Québec, au "club des chasseurs et pêcheurs lévisiens" (qui compte semble-t'il près de 800 membres en règle...) le pas de tir de 200 verges était encore à l'étude au printemps dernier.
Dans toute la région de Lanaudière (Joliette et alentours...) il n'existe qu'un club de tir privé
réservé à la Sûreté du Québec. Autre que cela il faut aller à Terrebonne pour règler une carabine.
Les montréalais qui souhaitent s'entraîner au tir fréquentent des clubs aussi distants que celui de Saint-Hyacinthe.
A vrai dire avec C-68 et les normes de sécurité imposées aux clubs, c'est toute la structure du tir qui s'est effondrée dans la Province. C'est grand dommage car cette structure véhiculait des valeurs sociales, sportives, humaines et associatives très précieuses. Mais fermons la parenthèse...
Concernant les modes de chasse suédois, pour ce dont j'ai été moi-même témoin, je parle bien de "battue" avec chiens. En effet, les chasseurs sont postés stratégiquement et ce sont des rabatteurs avec leurs chiens qui "poussent" les élans vers les chasseurs selon un plan établi d'avance.
Bien entendu les suédois pratiquent aussi la chasse d'approche et d'affût, mais l'essentiel du tableau de chasse annuel est le résultat de la chasse collective.
Le calibre 6,5x55 suédois avec balles lourdes est toujours encore utilisé dans ces battues, spécialement par des chasseurs plus âgés qui pendant toute leur vie n'ont même pas rêvé à un autre calibre, tellement celui-ci remplissait leurs besoins: je le répète, la balle lourde, de ce calibre,
très longue pour son diamètre, est animée d'une capacité de pénétration peu commune, de sorte qu'à 50 mètres de distance un élan adulte ne fait pas un pli si la balle est placée correctement.
Un autre élément à considérer dans cette équation c'est le fait que l'élan (incluant le nôtre et les autres sous-espèces d'Amérique...) n'est ni très nerveux, ni très résistant aux balles.
Dans ma jeunesse, au cours des années 50 et 60, un très grand nombre de chasseurs québécois (dois-je écrire: "la majorité"?) allait à l'orignal avec une 30-30 Winchester ou une .303 british.
Tout cela ne le détracte en rien aux réelles vertus du calibre 9,3x62 (que je connais et que j'ai pratiqué par intermitence à raison de 25 battues annuelles et parfois davantage pendant plus de douze saisons.
Sako en a d'ailleurs lancé une version "améliorée" avec son calibre 9,3x66 qui tarde toutefois à prendre des parts de marché significatives en Europe.
Donc, pour te faire part de mon point de vue, entre les mains d'un chasseur raisonnable, sachant tenir une carabine, et capable d'évaluer ses distances, je ne vois pas de contre-indication à l'emploi du 6,5 suédois pour quêter l'orignal.
Mais bon, il faut faire preuve de jugement...

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