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A Wolf et les autres,
Y a des choses qui ne peuvent pas tromper. Avec les tonnes de milions de $$$ que les américains ont mis dans les études de toutes les sortes, ne pas se servir de leurs résultats serait une grave erreur. Donc, Alain a raison que la lune influence l'intensité du rut. Mais malheureusement, le plus gros facteur est sans contredit le rapport des sexes. Voici une comparaison légèrement boiteuse mais qui illustre bien le cas présent. Si j'ai le goût de jouer aux fesses et que je vais prendre une grosse Molson chaude au bar et que je suis seul avec une dizaine de fille... j'ai pas besoin d'en beurrer épais pour en impressionner une... quoique il faut qu'il y en ait une de pas trop difficile pour s'intéresser à mon cas(hee haa). Si j'entre dans un autre bar et là les dix filles sont accompagnées par 4 à 5 beaux bonhommes, j'ai besoin de faire plus de frottages et de grattages pour les impressionner et si ça veut faire alors tu vas voir que les beaux mecs feront eux aussi plus de pirouettes pour attirer l'oeil d'une des bonnes femmes... C'est ça l'effet d'un bon rapport des sexes ( ne pas mélanger rapport des sexes et relation sexuelle...)
Comme Stéphane a mentionné, il est rare de ne pas trouver des signes de bucks sur une terre à chevreuil. Par contre, signes de buck ne veut malheureusement pas dire buck mature. il y a beaucoup de chasseurs pour ne pas dire la grande majorité qui serait surpris de voir la multitude et la grosseur des signes que deux bucks de 2.5 ans peuvent laisser sur un territoire. Il n'est pas rare d'arriver sur un secteur d'une terre et trouver des frottages de plusieurs grosseurs différentes à plusieurs types d'essences sans pour autant qu'il y ait un seul de ces signes qui soit révélateur d'un buck mature. De plus, il arrive majoritairement que la localisation des frottages indique clairement une utilisation de nuit. L'apparition des caméras de surveillance m'a beaucoup appris depuis quatre ans sur les frottages et les grattages. Plusieurs utilisent leurs caméras pour voir si ils ont des bucks sur leur territoire. Malheureusement, pour ces derniers, ce n'est pas une caméra sur une saline ou un appât qui vous apprendra la présence de tous les individus sur le territoire et encore moins l'utilisation de l'habitat par ces derniers et le caractère nocturne ou diurne de l'animal.
Depuis cinq ans, je suis consultant pour une quarantaire de clients-propriétaires de terres privées qui possèdent en moyenne 280 acres dans toutes les zones sud soit la 4-5-6-7-8-9 et10, je peux affirmer sans peur de me tromper que la majorité n'avaient pas de signes de mâles matures en quantité intéressante pour m'intéresser personnellement à y chasser malgré dans plusieurs cas une certaine abondance de signes de buck. Moins de 10 de mes clients ont des terres ayant les fameux signes laissés par un ou des matures m'assurant une chance raisonnable de récolte. Si tous les terres avaient des fameux signes de rut en quantité nécessaire pour laisser croire à une présence de chevreuils de qualité alors comment se fait-il que le succès global provincial sur les mâles matures soit moins de 10% même si tout le monde ou presque en rêve? La réponse n'est pas que les gens ne savent pas chasser. Non, la vrai raison s'est que peu de mâles survivrent jusqu'à 3.5 ans et plus et la très grande majorité des chasseurs sont rêveurs et évaluent mal les signes en place... plusieurs spikes font des signes et quelques 2.5 ans en font encore plus... Avec la pression de chasse que recoit la plupart des zones de chasse du sud du Québec, jumellé à la densité de chevreuil et la loi du mâle en place depuis plus d'une décennie, il y a environ un mâle mature (3.5 ans)par 1500 à 2000 acres. Ce chiffre peut varier beaucoup entre certains secteurs selon la pression locale et la qualité de l'habitat. Ex: J'ai une connaissance qui travaille avec moi sur un article de fond sur les frottages pour le numéro d'Aventure Chasse et Pêche de octobre 2004( Monsieur R. B. dans la zone 7), ce dernier a photographié plus de 20 mâles différents sur environ 400 acres durant les mois de septembre à décembre. Plus de 10 bucks avaient 3.5 ans et plus. ( Alain Madore connait très bien le secteur) Evidemment, la terre est beaucoup ...beaucoup plus facile à chasser avec toutes les techniques de chasse et même par un débutant qui expérimente un tas de choses. Ce secteur fait parti d'un coin à très faible pression de chasse et protéger par plusieurs propriétaires privés ayant de grandes surfaces et faisant de QDM un principe sacré. A l'inverse, j'ai un de mes clients dans la zone 5 et un autre dans la 8 qui ont plus de chevreuils au Km2 que RB mais qui ne contrôlent que 200 acres chacun et où la pression de chasse environnante est très intense comme la moyenne québéçoise. A leur deux, ils ont photographié un buck de 3.5 ans et deux de 2.5 ans et un paquet de spike de 1.5 ans. Ces derniers ne sont pas de mauvais photographes et de mauvais chasseurs, mais le rapport des sexes est d'environ 1mâles pour 6 à 8 femelles touts âges confondus. Dans ce cas, il y quelques frottages ici et là mais sans grand déploiement. De plus, les quelques signes de rut du gros bucks visitant le secteur occasionnellement se trouvent sur les terres voisines. Ce dernier exemple est une image très représentative de la majorité des terres à chevreuil au Etats-Unis et au Canada incluant la majorité des nôtres au Québec, ceci est la raison de la création de QDMA et sa philosophie.... pour ramener le sexe ratio pour avoir entre autre une expérience de chasse basée sur la qualité des chevreuils et non la quantité.
Il est très difficile pour le chasseur privillègié qui chasse dans la zone 7, à Anticosti, dans l'ouest canadien ou dans certains secteurs périurbains de l'Ontario de comprendre ce que la majorité des chasseurs ont à faire face comme défi. Si la chasse se résumait à trouver une pognée de frottages et de grattages et y mettre un peu de poudre de Rélin pin-pin pour que le tour soit jouer et le master du secteur arrive en innocent alors toutes ces destinations de rêve ne seraient pas tant rechercher et QDM n'aurait pas tant connu de succès en Amérique du Nord.
Pour finalement en venir à la fameuse lune et ces effets. Comme plusieurs autres, je vous suggère de lire le livre de Charles Alsheimer's et celui de Jeff Murray dont Alain Madore utilise à fond ces théories dans ces chroniques sur la lune.
Personnellement, en tant que Guide de chasse depuis 15 ans et non en tant que biologiste, je suis obligé de chasser avant, pendant et après la pleine lune et essayer de performer ( Ce que je ne réussis pas toujours d'ailleurs). En plus, j'ai eu la chance de cotoiyer d'autres guides et d'échanger et tester des théories de toutes les sortes avec ces derniers. Comme j'ai déjà mentionné dans mon livre ''Chasser le chevreuil'' , j'ai l'habitude de noté un paquet de données sur mes journées et saisons de chasse depuis le début de ma carrière. La lune et ces effets se résument assez rapidement selon moi mais selon aussi une multitude d'autres guides et chercheurs.
1- Plus la lune grossit, plus le chevreuil devient nocturne. Il arrête plus tôt ces activités le matin et les débute plus tard voir presqu'à la noirceur le soir. Par contre, il y a une nette recrudescence sur la mi-journée particulièrement pour les mâles matures.
2- Oui, il semble y avoir un effet surtout négatif sur l'intensité du rut certaine année que la pleine lune de novembre se trouve très décalée du milieu novembre qui est généralement le peak du rut. Le peak lui n'est pas ou très peu décalé. La preuve est la suivante. L'étude de Laroche et Alsheimer fut réalisé sur la date de mise bas des faons comme la plupart des autres recherches scientifiques sur le domaine. Toutes ces études arrivent avec dates de mise cas qui diffèrent d'une région à l'autre selon que l'étude se trouve plus au sud ou plus au nord et pourtant avec une pleine lune qui est à la même date partout en même temps. Alsheimer, Laroche, Murray et quelques autres ont préféré développer la théorie de l'effet de la lune tandis que la plupart des autres chercheurs ont développer celle de l'adaptation pour augmenter le taux de survie de l'espèce. Pour le bien de l'espèce et sa meilleure chance de survit, l'animal a adapté avec les siècles sa période de rut pour que sa période de mise bas coincide avec le maximum de pousses proteiques de la végétation tard printanière pour maximiser la production de lait et s'assurer une végétation luxuriante pour favoriser des cachettes abondantes. Comme cette période luxuriante varie beaucoup du nord au sud, ce serait la principale raison du décalage entre le peak du rut dans différentes régions. De plus, les tenants de l'anti-thèse de l'effet de la lune ont pu faire des recherches sur l'effet de la lune sur des populations en enclos où ils pouvaient contrôler le rapport des sexes et ils se sont vitee aperçu de la faible intensité du rut et d'une période d'accouplement plus longue dans des populations de chevreuils qui dépassentle ratio de 4 femelles par mâles de 1.5 ans et plus. D'où la ferme convinction en milieu de recherche axé sur le chevreuil que le rapport des sexes est le facteur le plus influent sur la fameuse période des amours de notre cervidé préféré. On croit d,ailleurs que le phénomène est presque le même chez les orignaux maintenat qu'on étudie des populations d'un peu partout en Amérique du Nord.
Finalement, Alsheimer, Laroche , Murray etcs furent beaucoup contestés avec leur théorie pas par des petits joe Bleau comme Louis Gagnon mais par d'autres chercheurs. Il y a deux ans, j'ai passé une journée en compagnie d'Alsheimer sur ces terres pour discuter d'un paquet de choses sur le chevreuil. Il me fassait la confidence que la meilleure chose qu'il lui est arrivé était le fait que son livre sur le lune et le chevreuil fut autant remis en question car les ventes n'ont jamais diminué... ( En business , les américains disent<< faite parler de vous en bien ou en mal mais l'important est d'en parler). Il conclut en disant << Louis, même si notre thérie était loin de faire l'unanimité avec plus de 12 milions de chasseurs de chevreuils aux Etats-Unis, j'étais assuré d'en avoir une tonne qui pencheraient en ma faveur... la loi de la moyenne jouait pour moi.
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