Pour ajouter un peu de bases scientifiques à nos propos...
Citer :
GENDREAU, Y., J.-P. TREMBLAY, C. DAIGLE, M. HUOT et S. LEFORT. 2008.
Conséquences biodémographique potentielles de l’application de restrictions
sur la taille légale des bois des cerfs de Virginie abattus à la chasse sportive,
Université Laval et ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Direction
de l’expertise sur la faune et ses habitats, Québec, 103 p.
Dépôt légal – Bibliothèque nationale du Québec, 2008.
ISBN 978-2-550-54141-7 (version imprimée)
978-2-550-54142-4 (pdf)
RÉSUMÉ
Alors que les populations de cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) atteignent les
niveaux les plus élevés répertoriés dans l’histoire de l’aménagement de la faune au
Québec et ailleurs en Amérique du Nord, on dénote un intérêt croissant pour
l’application de mesures visant à modifier la structure des populations et les
caractéristiques des animaux prélevés par la chasse. La chasse sélective constitue l’un
des outils de gestion disponibles pour atteindre ces objectifs. Nous nous sommes
intéressés aux conséquences potentielles de l’application de mesures de Restriction sur
la taille légale des bois (RTLB) des cerfs abattus à la chasse (autres que la présence de
bois ≥ 7 cm) sur les composantes biodémographiques des populations de cerfs. Nous
avons effectué une revue de la littérature scientifique se rapportant aux composantes
biodémographiques des cerfs qui pourraient être influencées par l'application de RTLB
(développement phénotypique, survie et succès reproducteur des différents segments
de la population et structure démographique des populations). Nous présentons des
statistiques sur la chasse, les caractéristiques phénotypiques des animaux, la structure
de la population et le rapport des sexes dans certains États américains appliquant
différentes mesures de RTLB. Enfin, nous avons intégré les connaissances
biodémographiques des cerfs dans des modèles de dynamique des populations qui
permettent d’évaluer différents scénarios de RTLB sur les cerfs du sud du Québec
(zones de chasse 4, 5 et 6).
Une première constatation ressort à la suite de nos travaux : le manque de
connaissances quant à la structure d’âge et de sexe attendue dans une population pas
ou peu exploitée, mais soumise à la prédation. Néanmoins, les modalités de chasse
actuelles entraînent un déséquilibre du ratio des sexes en faveur des femelles et de la
structure d’âge du segment mâle en faveur des jeunes mâles. Bien que ces conditions
ne semblent pas compromettre la productivité des populations de cerfs au Québec
comme ailleurs, une augmentation de l’âge moyen des mâles, par l’intermédiaire de
mesures de RTLB jusqu’à l’âge auquel ils atteignent leur masse asymptotique (3 ou
4 ans), permettrait l’expression des caractères sexuels secondaires des cerfs mâles. Le
choix du partenaire sexuel sur la base de ces caractères par les femelles pourrait
exercer des effets positifs sur l’âge de la première reproduction, la survie des faons, la
masse adulte et le rapport des sexes à la naissance. L’abondance de cerf, laquelle iv
influence la disponibilité des ressources et la condition physique des individus, constitue
un autre facteur influençant le phénotype. La mise en place de RTBL devrait donc se
faire en combinaison avec des mesures de contrôle de l’abondance, notamment avec la
récolte de femelles.
Des mesures plus restrictives de RTLB ont pour effet de réduire la récolte de mâles de
l’ordre de 30 % durant les deux premières années de leur application, le tout suivi d’un
rétablissement du niveau de récolte. Toutes les mesures de RTLB examinées
permettent d’augmenter l’âge moyen des animaux récoltés à court terme.
Toutefois, certaines mesures de RTLB peuvent créer une sélection contre le phénotype
sélectionné à plus long terme. En effet, les mesures les moins restrictives, plus
particulièrement celles qui limitent la récolte aux animaux dont les bois ≥ 2 pointes sur
un côté (ou 4 pointes au total), ont pour effet d’éliminer les jeunes animaux qui
présentent le meilleur potentiel phénotypique. À long terme, ces mesures risquent de
diminuer la masse et la taille des bois des cerfs matures, puisqu’elles peuvent courtcircuiter le processus de sélection sexuelle par les femelles.
Plusieurs des entités administratives qui ont mis en place des mesures de RTLB au
cours des dernières années, l’ont fait dans un contexte expérimental et sur une portion
de leur territoire. Les résultats de ces expérimentations donneront bientôt un meilleur
éclairage sur l’effet de ces mesures de chasse sélective.
La partie en rouge (emphase par moi) fait mon affaire, c'est sûr. Mais la partie en bleu (emphase par moi) me laisse très perplexe!!! Si on laisse les spikes survivre et devenir des cerfs plus matures (2 1/2 ans, 3 1/2 ans), comment ceci peut-il dégrader le baggage génétique de l'espèce??? Ils auront eu la chance de se reproduire plus que si ils avaient été tués à 1 1/2 ans. Les femelles seraient fécondées plus vite, auraient des portées de faons plus tôt au printemps, des faons plus forts à l'automne, plus de recrutement. Il y aurait plus de compétition entre cerfs mâles, d'où sélection naturelle. Je suis sceptique...
Aidez moi à comprendre, quelqu'un
