Bear 44 a écrit:
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Quelque chose me chicote, aussi. J'habite à Gatineau et soirs et matins je traverse le Parc du lac Leamy. C'est une petite forêt au coeur de la ville. Régulièrement je vois des chevreuils brouter dans les champs. Mais il s'agit toujours de biches avec leurs faons. En 12 ans je me rappelle que d'une seule fois où j'ai vu un grand mâle. C'était dans le ''pic'' du rut et il pourchassait une femelle.
Ma question est celle-ci: comme il n'y a jamais eu de chasse dans ce boisé, comment se fait-il qu'on ne rencontre jamais les gros bucks? Ils y sont, c'est certain. Mais le fait de ne pas les voir est-ce que ça veut dire qu'ils sont rares...ou qu'ils sont méfiants et savent se cacher aux heures de clarté?
Tu as un peu répondu toi-même à ta question, au moins partiellement. Les mâtures ne se comportent pas de la même façon que les femelles, les petits et les (spykes), çà c'est certain.
Peut-être que la question qu'on devrait se poser, c'est:
«Pourquoi est-ce que ce sont toujours les mêmes chasseurs qui tirent des mâles matures?»Probablement que la réponse serait, parce qu'ils chassent différemment, parce qu'ils les cherchent systématiquement.
Si c'est ceux-là qu'on veut récolter, probablement qu'il faut chasser autrement, au lieu de chasser dans une cache bien confortable près d'un site appâté, il faudra chercher autre chose, les signes laissés par les mâles, cornages, grattages, les petits sentiers moins fréquentés mais avec de pistes plus larges et profondes, dans des zones de transitions ou des secteurs plus denses. Chasser sur des (tree-stand) portatifs, installés discrètement à la dernière minute, ou dissimulé par une cache improvisée placée à bon vent le long de ces petits sentiers qu'emploient les cerfs plus expérimentés et méfiants. Les cerfs âgés ne font pas les mêmes erreurs que les jeunes, çà devrait aussi être vrai pour les chasseurs.
Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. La théorie beaucoup de chasseurs la connaissent. Mais mettre çà en pratique sur le terrain c'est autre chose, çà prend de la volonté, de la détermination et de la patience. De plus c'est indéniable que les mâles matures sont moins abondants que les jeunes, comment pourrait-il en être autrement, la très grande majorité des mâles sont récoltés avant d'avoir atteint l'âge de 2 ans et ½. Pour chasser les matures il faut être prêt à accepter de voir moins de gibier à chaque séance d'affût, et même de finir la saison avec encore son permis de chasse en poche occasionnellement.
La première chose à faire si on veut plus de chevreuils matures, c'est de les laisser vieillir un peu. Les mâles matures vont toujours être plus difficile à déjouer que les jeunes, mais s'ils deviennent plus nombreux, les occasions de rencontre et les signes de leur présence seront plus fréquents inévitablement, plus il y aura de compétition entre eux plus on aura de chances qu'ils se laissent prendre à nos provocations.
Les mâles matures connaissent leurs territoires et ceux qui l'habitent. S'ils savent qu'il y a peu de compétition dans le coin pour l'accouplement des femelles, pourquoi iraient-ils s'exposer durant les heures de clarté? Mais si le ratio mâles-femelles était plus équilibré et qu'il y avait plus de mâles en mesure de les confronter, ils devraient prendre plus de risques s'ils veulent avoir leur part des jouissances de la reproduction.
Il n'y a pas de mystère là dedans, juste du gros bon sens. La chasse c'est un jeux, un loisirs, un défi, du moins pour la majorité. Ce jeux peut devenir pas mal plus captivant si on s'entend pour en relever la défi. La venaison, c'est un plus, la cerise sur le sundae, mais un réel besoin? Pour qui?
Michel