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Notre fascination avec les bois de chevreuil.

Lundi, 1 septembre 2003
Il y a quelque chose de magique et de mystique avec les bois de chevreuil.  Ce qui les rendent davantage séduisants, est que chaque bois est différent et unique.  Cependant, notre fascination avec les bois de chevreuil a ses racines ancrées profondément dans notre culture.  Nos ancêtres ont chassé les bêtes ornées de bois depuis que l’homme existe.  Ils ont même confectionnés des outils à leur base et les ont utilisés afin d’exprimer leurs croyances religieuses.

Aujourd’hui, ils demeurent tout aussi captivants. La façon dont les bois croissent et sont rejetés chaque année attire la curiosité et suscite l’émerveillement.  Les bois font partis des accomplissements les plus remarquables de la nature.  La famille des Cervidés a les capacités de faire pousser leur bois d’année en année.  Ils sont les seuls mammifères ayant la capacité de régénérer ces accessoires complexes.  Les bois de cervidé sont les structures qui poussent le plus rapidement dans le règne animal.

La pousse des bois chez le buck débute lorsqu’il n’est qu’un faon, cependant, le buck faon ne croît des bois qui n’atteignent la grosseur d’un court bouton qui ne durcis que rarement.  Ces boutons se développent éventuellement en court merrains occasionnellement appelés “spike” ou en fourchette “forked spike” dès l’âge d’un an et demi.  L’envergure des bois continue de croître d’année en année jusqu’à ce qu’ils atteignent un développement maximal qui est vers l’âge de six ans et demi.

Certains fermiers se spécialisant dans la reproduction du chevreuil ont constaté que si les faons mâles étaient castrés avant la première formation de leur bois, le panache ne croît pas.  Si on administre une quantité de testostérone à des femelles, de petits boutons apparaissent dans le front de celles-ci qui se développent éventuellement en panache.

Le panache des bucks débute leur croissance tard l’hiver ou tôt le printemps.  La croissance du panache se fait lentement au début, mais dès la fin de mai, il prend de l’ampleur et croît plus rapidement.  La croissance du panache est généralement terminée par la fin du mois d’août.  Par la suite, le velours durcis et tombe durant le mois de septembre.  Les bois tombent entre janvier et mars.

Pourquoi y a t’il un cycle annuel de la pousse des bois?

Et bien croyez le ou non, l’inclinaison de 23 degrés de l’axe de la terre est la cause du cycle annuel.  Si la terre était perpendiculaire dans son orbite autour du soleil, il n’y aurait pas de changement de température et la durée des journées demeurait la même en tout temps.  Cette inclinaison crée les changements de saison annuelle.  Les chevreuils ont adapté leur physiologie et leurs habitudes en fonction de ces changements.

Le signal environnemental qui gouverne la pousse du panache, est la somme de lumière produite dans une journée appelée photopériode.  Le signal physiologique est l’hormone mâle appelée testostérone.  La façon dont tout ceci fonctionnent ensemble est compliquée, mais le changement de la somme de lumière dans une journée est perçu par l’œil qui lui envoi un message à la glande pituitaire(hypothalamus) via le nerf optique.  La glande pituitaire(hypothalamus) est un organe de la grosseur d’un pois et est situé à l’arrière du cerveau, elle produit différentes hormones.  Une des hormones produite est l’hormone lulibérine, elle contrôle le montant de testostérone produit par les testicules. 

La glande pinéale produit aussi une hormone appelée mélatonine.  Cette hormone agit de façon à supprimer la production de l’hormone lulibéline qui en retour abaisse la production de testostérone.  La mélatonine est produite en plus grande quantité lorsque les journées raccourcissent.  Tôt en été, les journées s’allongent, la production de mélatonine est donc ralenti permettant ainsi à la glande pituitaire de produire l’hormone lulibéline.  Une hausse de cette hormone a comme résultat de produire une hausse de testostérone qui déclenche ainsi une réaction qui fait durcir les bois et le velours de tomber.  La perte du velours survient en deçà de 24 heures.

Le cycle du panache prend plusieurs mois de retard comparé aux changements des journées parce que les changements hormonaux prennent plus de temps à survenir.  À l’automne, les journées raccourcis, ce qui a pour cause d’augmenter la production de mélatonine, résultant ainsi d’une diminution de la production de l’hormone lulibéline et de testostérone.  Une diminution de la testostérone cause la chute des bois.   

Pourquoi les bois tombent-ils?

Les bois tombent lorsqu’une fine couche de tissu destructif appelé couche d’excision se forme entre le point d’attache du panache et le panache lui-même. Cette couche se forme résultant de l’abaissement du niveau de testostérone.  A l’instant ou le tissu connectif se dissout, le panache tombe de par lui-même ou est ébranlé par le chevreuil qui se frotte la tête sur les arbres.  Cette dégénération du tissu connectif est considérée comme étant le tissu qui se détériore le plus rapidement dans le règne animal.

Il a été constaté chez le Cerf de Virginie qu’une diète restreinte engendre la perte précoce du panache.  Il est également suspecté que la malnutrition affecte d’une façon la production de testostérone.   Les bucks affectés par un stresse nutritionnel ont démontrés que la croissance du panache est retardé le printemps et que la perte du velours se produit plus tard l’automne.  Il serait donc possible que les bucks plus âgés perdent leur panache plus tôt que les jeunes bucks.      

Il a été rapporté que les bucks matures dominants perdent leurs bois plus tôt que les bucks non-dominants.  Les bucks matures dominants d’un certain âge ont tendance à perdrent leur panache plus tôt à cause du coût de l’énergie encourue afin de maintenir une haute place dans le rang hiérarchique. Quoiqu’il n’y est pas de preuves évidentes que la température affecte la perte des bois, il est plausible que les hivers difficiles puissent influencer la perte des bois plus tôt que la normale due au stress nutritionnel.

Le but de la perte des bois(Shedding).

Pourquoi est ce que les bucks dépensent tellement d’énergie à se faire des bois pour les rejeter quelques mois plus tard?  Pourquoi ne demeurent-ils pas attachés et ne continuent pas de grossir avec les années comme les cornes de mouton, chèvre et bovin?  Les scientifiques ont examiné cette même question pendant plusieurs années et ils ne connaissent toujours pas la réponse.  Toutefois, il y a plusieurs théories qui ont été développées pour expliquer le but de la perte annuelle des bois.

Une des théories les plus communes est que les bucks perdent leur bois pour pouvoir remplacer tous les dommages encourus lors des combats, tel que merrain cassés.  Cette théorie est très valable parce que l’exhibition du panache est très important afin d’acquérir des femelles, et durant les combats de dominance.  Si un buck casse un merrain et n’est pas dans la possibilité de le remplacer, il se pourrait qu’il soit incapable d’acquérir les privilèges d’accouplement nécessaire afin de disperser ses gênes. Une autre théorie suggère que les bucks perdent leur bois afin de suivre le rythme de leur croissance corporelle. 

Une autre théorie suggère que les bois tombent pour éliminer le danger de faire du mal aux faons.  Une théorie tout à fait plausible serait que les bucks perdent leur panache dû à l’épuisement causé par le rut.  Il est dit que le buck perd ses bois pour imiter une femelle en santé, limitant ainsi les agressions des prédateurs qui sont à la recherche de buck épuisés par le rut..  Et finalement, une théorie suggère simplement que les bois sont perdus chaque année pour la conservation d’énergie afin d’éviter une perte non-nécessaire de poids en dehors de la saison du rut.  Un panache est très lourd, encombrant et demande beaucoup d’énergie après la saison des amours.  Cependant, pour que ceci soit vrai, il doit être vrai aussi que la croissance des bois demande moins d’énergie qu’à les garder l’hiver…

Quelle théorie est la bonne?  Qui sait?  Peut être que la réponse est une combinaison de toutes ses théories ou peut être qu’aucune est la réponse.  Espérons qu’un jour les scientifiques puissent  découvrir la réponse à ce mystère.

Dominic Imbeault
1 septembre 2003

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