La chronique de Louis Gagnon


Louis Gagnon est détenteur d'un baccalauréat en biologie animale. Louis n'est pas un gars de papier mais plutôt un gars de terrain. Aussi dès la fin de ses études, voulu-t-il réaliser un vieux rêve et devenir guide de chasse et trappeur professionnel. En août 1988, il foula la première fois le sol de l'île et vit du même coup son premier chevreuil. Il apprend vite. Dès sa première saison, sa performance égale celle des guides expérimentés. Pendant 10 ans, Louis Gagnon fut l'un des guides les plus productifs qu'Anticosti ait connus. En 1998, dans le but d'améliorer ses connaissances sur la chasse aux chevreuils, Gagnon s'embauche comme guide en Alberta et dans l'Outaouais. Aujourd'hui, après avoir chassé le cerf de Virginie pendant plus de 1000 journées durant lesquelles il a aidé directement à la récolte de plus de 500 mâles matures, Louis Gagnon vous livre ses connaissances approfondies sur la chasse au chevreuil."

Louis Gagnon à gauche sur la photo

Vous pouvez consulter le site web de Louis Gagnon " Chasserlechevreuil.com"  en cliquant ici ! 

 

Quinze articles parus :
 
PRÉDATION

Depuis maintenant huit ans, je chasse le chevreuil environ 60 jours par année dans des secteurs où abondent les prédateurs. En fait, le seul endroit où j’ai eu la chance de chasser des chevreuils sans prédation se trouve sur une île dans le milieu du Golfe St-Laurent, Anticosti. Ailleurs, les prédateurs sont le quotidien du chevreuil. En réalité, le chevreuil n’est nulle autre que la proie la plus hautement convoitée par la plupart des grands prédateurs du continent nord-américain incluant notre Québec. Les biologistes et scientifiques qui observent, étudient et gèrent les populations de chevreuils tiennent en considération ce fait. Curieusement; ce concept semble beaucoup moins intéresser les chasseurs. Pourtant la sécurité gouverne presque tous les comportements du chevreuil. La nourriture passe en second. De fait,  un chevreuil abandonnera la meilleure nourriture disponible pour ce rabattre sur un lunch de deuxième catégorie qui lui offrira une sécurité en béton.

Pour nous, chasseurs, connaître le chevreuil comme proie ne peut qu’être profitable puisque, à chaque automne, nous sommes l’un de ces plus sérieux prédateurs. Dans cette article, je discuterai des effets de la prédation sur la population générale de chevreuils et plus concrètement de l’effet des prédateurs  directement sur les comportements des chevreuils pendant la saison de chasse.

Une liste complète des prédateurs possibles du chevreuil pourrait en surprendre plusieurs. En effet, poser la question à une salle comble de chasseurs, le loup, le coyote et l’ours seront en tête de liste et habituellement les seuls mentionnés. Ajustons cette liste selon l’endroit où le chevreuil se trouve. En effet, le renard roux devient un prédateur efficace durant les premiers jours de la vie des faons; à Anticosti à tous le moins. Le lynx du Canada et le lynx roux font de même sur le continent. Le couguar dans l’ouest survit grassement sur un régime à haute teneur en chevreuil et vous pouvez pariez que si nous entendons parler de plus en plus de la ré-apparition du couguar au Québec, la récente explosion des densités de population de chevreuils  est sûrement un incitatif. En voulez-vous d’autres ? Un pékan mâle n’a aucun problème à se régaler d’un faon d’une semaine ou moins. En Floride, on documente plusieurs cas de crocodiles et d’alligators qui capturent des chevreuils venant s’abreuver. Dans notre cas, nous nous en tiendrons aux canidés et à l’ours noir.

Effets sur les populations de chevreuil.


En écologie animale, nous savons que la proie et le prédateur sont étroitement liés, à l’occasion le prédateur dépend beaucoup plus de la proie tandis qu’à d’autres occasions c’est l’inverse. Beaucoup d’exemples existent en littérature scientifique où les prédateurs ont eu un effet considérable sur les populations de proies disponibles dont le chevreuil. Près de nous, nous n’avons qu’à nous rappeler de l’épopée du chevreuil en Gaspésie durant les années 90. Plusieurs ont crié au scandale devant l’inertie des instances gouvernementales suite à l’effondrement de la population de chevreuils face à l’envahissement territorial par un super prédateur qu’est le coyote. Avec le recul, on s’entend maintenant pour dire que cette effondrement est plutôt un malheureux mélange de deux autres circonstances qui ont favorisé l’établissement de ce prédateur au point de presque éliminer complètement le chevreuil de toute la péninsule gaspésienne. En réalité, l’abattage abusif des résineux dans presque tous les ravages ancestraux fut le premier pas vers l’étacompe. Aujourd’hui, la Gaspésie et le Bas-St-Laurent sont devenus le royaume de l’orignal et cela pour encore une bonne trentaine d’année au moins.  Tant que les forêts n’auront pas eu le temps de vieillir, la rigueur de l’hiver sera le facteur déterminant suivi par la prédation provenant des populations de coyotes.

En réalité, il est très difficile de départir clairement qui de la qualité de l’habitat, de la rigueur de l’hiver ou de la prédation a le plus d’effet sur la population de chevreuils. Nous avons plutôt affaire à un système complexe étroitement relié dont  le prédateur, certaines années,  tire partie des deux autres éléments tandis que d’autres années, il en sort perdant. Certains modèles décrivant les relations prédateurs-proies sont  particulièrement bien établi chez les chercheurs spécialisés sur la question. Dans les cas qui nous intéressent, soit des populations d’ongulés à faible densité bien en bas de la capacité de support du milieu, les populations de  chevreuils sont souvent contrôlé par les prédateurs (le coyote et le chasseur) puisque dans beaucoup de régions plus nordique du Québec, nous avons affaiblit un paramètre important pour la survie du chevreuil en hiver soit le couvert forestier des ravages. Les prédateurs peuvent décimer des populations de proies dans des contextes précis comme la Gaspésie. Mais dans bien des cas, ils ne sont qu’un facteur de contrôle (Outaouais) et dans certains d’autres cas, ils ne réussissent même plus à contrôler l’expansion des populations de chevreuils comme c’est le cas de certains secteurs du sud-est du Québec.

Dans tous les cas d’étude chevreuil-prédateur, nous  faisons face à un système écologique qui est inter-relié, où aussitôt qu’un élément change, les autres réagissent positivement ou négativement. La relation proie-prédateur est sensible, complexe et surtout jamais stable.


Que peut-on faire de concret pour diminuer l’effet de la prédation. D’expérience, je crois que chaque chasseur, sérieusement impliquer dans la gestion du cheptel de chevreuils sur son territoire et ceux environnant, doit lui-même devenir un chasseur ou trappeur de canidés. De plus, il peut aussi s’assurer de prélever son ours annuellement. Un contrôle sportif des trois principaux prédateurs ne peut qu’aider à la survie et à l’augmentation des populations de chevreuils. Du point de vue de l’habitat, nous pouvons aussi intervenir en minimisant les coupes à blanc pour préconiser des coupes sélectives. En forêt de feuillus ou mixtes, protéger au maximum la repousse de conifères pour améliorer le couvert thermique et visuel. En  forêt de conifères, l’inverse est de mise, soit de protéger ou stimuler la repousse de feuillus pour introduire plus de nourriture.

Effet journalier des prédateurs sur le chevreuil.

Autre que la question de contrôle des populations, les prédateurs rendent les chevreuils beaucoup plus difficiles à chasser et à plusieurs occasions peuvent même vous faire manquer complètement un week-end ou une semaine de chasse. La présence de prédateurs près ou directement sur votre territoire, rend le chevreuil beaucoup plus nerveux et même à l’occasion le pousse à quitter momentanément le secteur. J’ai observé à plusieurs occasions ce phénomène avec le loup, en Alberta ,en Saskatchewan et même en Outaouais. Les loups, chassent souvent en grosse meute composée de cinq individus ou plus et pratiquent une chasse en embuscade basé sur la création d’un mouvement de panique des chevreuils vers une direction donnée où quelques individus bien positionnés peuvent attaquer par surprise. Les jeunes chevreuils s’y laissent prendre régulièrement mais les plus vieux, plus expérimentés choisiront souvent de se tapir en forêt dense si l’habitat le permet et laisseront passer la meute. Où encore éviteront d’utiliser les sentiers majeurs pour s’enfuir, sachant que des prédateurs y seront probablement embusqués. Suite au passage d’une meute de loups en activité de chasse, j’ai vu des superficies de plus de 500 acres se vider presque littéralement de leurs chevreuils.  Les quelques individus qui y restaient, avaient choisi des touffes de bois dense et ne s’aventuraient en milieu ouvert qu’à la faveur de la nuit. Deux amis à moi, passionnés du chevreuil, ont régulièrement observé ce même phénomène soit  Bernard Fiset dans l’Outaouais et Dominic Imbeau en Alberta. Ce dernier me disait d’ailleurs qu’il se faisait un devoir de trapper les canidés à chaque année.  Tandis que Fiset donne le droit d’accès à sa terre à un trappeur chevronné qui en plus y chasse l’ours le printemps venu.

Vous allez me dire que vous n’êtes pas concerné car vous n’avez pas de loup dans votre région ! Détrompez-vous car le même phénomène est observable avec le coyote. L’automne dernier, nous avons eu la malchance de voir l’effet spontané de la visite d’une meute de coyotes sur deux des terrains que je chassais dans l’Outaouais. En effet, sur notre terre, le matin de l’ouverture de la saison, l’un de mes chasseurs observa quatre coyotes traversant une immense étang à castor asséchée. Le groupe était divisé sur une distance d’environ 300 mètres. Avant leur apparition, un jeune ours noir sorti de la forêt en panique en se dirigeant vers le chasseur. Puis deux femelles chevreuils et un faon de l’année firent de même. Ce n’est que quelques minutes plus tard que les coyotes firent leur apparition. Moins de 30 minutes plus tard, environ 400 mètres plus à l’est, ma conjointe observa une femelle chevreuil paniquée, se tirer à l’eau devant notre maison et traverser le lac (environ 1000 pieds) à la nage pour finalement sortir  de l’eau au pied de notre demeure. Ma conjointe me raconta qu’elle était sur la galerie pour observer la scène et que les coyotes se mirent à hurler à tue-tête dans différentes directions autour du lac. Ont-ils connu du succès ? Je ne pourrais le dire. Je peux confirmer que les deux jours suivants furent très tranquille en terme d’activité pour le chevreuil et que la plupart des chevreuils  s’étaient réfugiés sur le dessus d’une montagne très densément boisée.

J’avais observé le même phénomène quelques semaines plus tôt durant la saison d’arc sur une autre terre. Nous tentions de prélever une femelle à l’arc pour un projet de QDMA et les coyotes chantaient au alentour depuis quelques heures. Nous bénéficions d’un magnifique champ de trèfle, aménagé dans les règles de l’art, en milieu forestier. Plus d’une douzaine de chevreuils y sortaient journalièrement. Ce soir-là, aucun. Le lendemain, nous décidions d’y passer la journée et encore une fois, les coyotes manifestaient tout le tour de nous et de nouveau aucun chevreuil ne voulurent s’aventurer à découvert. Ce n’est que trois jours plus tard que la situation est revenu à la normale lorsque enfin la meute de prédateurs avaient quitté les lieux pour probablement visiter un autre garde-manger . 

Les ours noirs ne sont pas en restent. Quoique ces derniers peuvent avoir un effet important sur la population de jeunes faons, ils deviennent beaucoup moins efficaces en période automnale. Par contre,  lorsqu’un chasseur décide d’utiliser une technique de chasse relié à l’utilisation d’appât, l’ours noir devient automatiquement un compétiteur qui non-seulement s’accapare une part importante de l’appât dédié aux chevreuils mais en plus, il effraie la grande majorité des chevreuils utilisant le site. Nous voilà donc revenu au même point que le coyote ou le loup.

Y a-t-il quelque chose que nous pouvons faire pour diminuer au maximum l’effet à court terme de la visite d’un groupe de coyotes ou de loup sur le territoire ou encore d’un ours sur nos appâts ? Je crois que oui mais la réponse est complexe et demande réflexion.  

La solution passe principalement par le type d’habitat que vous décidez de chasser, de la manière que vous voulez préparer votre chasse et finalement, quel technique vous voulez utiliser. Premièrement, assurez-vous de chasser des territoires offrant assez de forêts au couvert dense pour permettre aux chevreuils de toujours retrouver ces couverts de protection à quelques bonds de ces gardes-manger. Plus les garde-manger naturels ou artificiel (appât) seront près d’une zone forestière dense, moins vous serez handicapé par la fréquente visite des prédateurs. Si vous chassez une région bien pourvue en prédateur, évitez de chasser des territoires où les situations de restriction de mouvement sont fréquents. Par exemple, les rivières d’importance et les grands lacs sont favorables au succès des prédateurs lors d’une poursuite. De grands bûchers de quelques centaines d’acres vont dans le même sens, non seulement ils favorisent la vitesse de déplacement des prédateurs et la facilité de repérer leurs proies mais ils leurs procurent multiples autres denrées comme de nombreux rongeurs en période estivale pour ainsi bien les nourrir à l’année longue.

D’un point de vue plus comportemental (éthologique), la plupart des prédateurs cités précédemment misent sur l’élément de surprise pour capturer le chevreuil. L’une des stratégies d’évitement du chevreuil est justement d’éviter les situations qui le rendront vulnérable à ces attaques surprises. Comment s’y prend-t-il ?
 
D’abord, pour battre les prédateurs naturels,  notre chevreuil y va de deux gestes simples qu’il alterne ou utilise en combinaison. Le premier, très efficace,  est de se cacher et le deuxième est de se sauver. Quoique la plupart des chasseurs se représente le chevreuil avec la queue dans les airs bondissant à gauche et à droite pour se sauver, ce comportement est le dernier recourt qu’il utilise lorsqu’il s’est fait débusquer de sa cachette ou lorsqu’il n’a pas eu le temps de se glisser sous un couvert plus dense pour laisser passer le prédateur en question. L’art de se camoufler sous couvert est inné au chevreuil et se dernier commence à le mettre en pratique dès les premiers jours de sa naissance. Durant les premières semaines de leur vie, les faons passent plus de 95% de leur temps cachés dans les hautes herbes des sous-bois en attendant le retour de leur mère pour la téter. En vieillissant, le faon suit pas à pas sa mère et apprend les rudiments plus avancés de la cachette. Ceux qui ne retiennent pas la leçon vont vite faire partie du menu principal de l’un des nombreux prédateurs qui sillonnent le territoire. En effet, ce n’est que lorsque le faon commence à suivre sa mère que leur taux de mortalité s’accroît considérablement. Par contre, se cacher ne suffit pas car certains prédateurs, ceux de la famille des canidés, ont le sens de l’odorat très développé. Lorsqu’une meute de loups ou de coyotes a pris à partie un chevreuil en particulier, ils utilisent leur nez pour se maintenir sur la trace du chevreuil poursuivit. Évidemment, la meute travaille aussi en embuscade, un peu comme les chasseurs utilisent la technique de la battue pour pousser du chevreuil vers leurs tireurs. Ceci est une des principales raisons pourquoi cette technique de chasse n’a que peu d’effet sur des chevreuils plus âgés particulièrement si elle est déployé avec peu de préparation. Les vieux chevreuils opteront pour rapidement se dissimuler et laisser passer les loups, coyotes, chiens ou chasseurs. Lors d’une tentative d’approche ou d’attaque, le chevreuil, par sa vitesse d’accélération fulgurante, ces pattes beaucoup plus hautes et la connaissance approfondie de son territoire, il essaiera simplement de mettre assez de distance entre lui et ses poursuivants pour briser le contact visuel et également permettre à son odeur de s’évaporer ou de se mélanger avec celle de d’autres chevreuils utilisant le même système de trails. Ainsi les prédateurs le pourchassant n’ont que peu de chance de diminuer la distance les séparant de leur proie.

Se cacher est souvent plus efficace que n’importe lequel autre stratégie d’évitement. Comprendre comment le chevreuil se cache peut devenir très utile pour le chasseur. C’est principalement l’habitat dans lequel le chevreuil se trouve qui dictera si il doit se cacher ou se sauver. Ils choisissent des habitats et des canaux de déplacement qui leur permettre de rester camoufler au maximum ou encore de se sauver à toute allure pour atteinte des zones denses quasi impénétrables autres que par les sentiers subtiles qu’ils connaissent. Le système de défense du cerf de Virginie est axé majoritairement sur sa vitesse de déplacement fulgurante à courte distance et son étroite connaissance du milieu où il vit. Plusieurs études de réintroduction ou de déplacement de chevreuils ont clairement démontré ce point. En effet, des chevreuils qui avaient été relâchés récemment dans un nouvel habitat, ont échoué quand ils ont été poursuivis par des chiens tandis que les chevreuils résidents s’échappaient sans problème de ces derniers.

Le chasseur ne doit pas comprendre dans cet exemple qu’en chassant les sentiers bien établis, il augmente considérablement ses chances de récolte d’un buck mature. Au contraire, ces fameux sentiers semblent moins utilisés que les autres par les vieux chevreuils des deux sexes car ce habituellement sur ces sentiers que la majorité des embuscades sont montées par des prédateurs comme le loup ou le coyote. En effet, ces derniers ne chassent que rarement un individus en particulier, ils tuent souvent le premier à faire un erreur. Les vieux chevreuils ont appris que sur des territoire à forte prédation, éviter les gros sentiers de chevreuils ancestraux pour ce concentrer à utiliser des bandes de forêts plus dense, ainsi, ils sauveront leur peau. D’autant plus que ces sentiers majeurs, sont pour la plupart, régulièrement utilisés par les prédateurs pour ce déplacer rapidement sans bruit d’un secteur de chasse à l’autre.

Lorsqu’un chevreuil est poursuivit, j’ai régulièrement observé qui avaient tendance à effectuer un saut de côté d’un à deux mètres dans des touffes de bois plus serrées comme pour dissimuler leurs traces ou pour prendre avantage d’un sentier de chevreuils mieux entretenu. Selon un chercheur de l’ouest canadien spécialisé dans les stratégies déployées par le chevreuil pour contrer la prédation, ce genre de saut de coté est régulièrement employé lorsqu’il croise d’autres pistes de chevreuils pour mélanger son odeur à celle des autres chevreuils. De plus, ce comportement serait utilisé principalement en forêt plus dense pour aussi couper le contact visuel possible en la proie et le prédateur. Ce comportement met souvent fin à la poursuite ou retarde tellement la horde de loups ou coyotes qu’il devient impossible pour ces derniers de reprendre le temps perdu sur leur proie. En d’autres occasion, la stratégie est simplement de faire un large cercle pour remonter dans le centre de leur terrain. Ce comportement est utilisé plus fréquemment par les femelles qui ont généralement pas un aussi grand domaine vital que les mâles. Plutôt de se pousser dans un territoire qui leur ait inconnu, elle feront la boucle pour tenter de dissimuler leur odeurs et déboussoler les poursuivants.

L’appâtage à outrance est une autre méthode de chasse qui favorise la prédation puisqu’elle concentre le gibier. De plus en plus nombreuses sont les études provenant d’états américaines où l’appâtage sans restriction est permise. Ces études arrivent très majoritairement au même conclusion. Cette technique est la source de nombreux conflits entre propriétaires ou chasseurs de petites terres (200 acres et moins), les chasseurs augmentent le succès de chasse sur les jeunes chevreuils mais se classent souvent bons dernièrs pour la récolte de vieux individus mâles ou femelles, elle favorise l’établissement de fortes populations d’ours noirs qui profitent de la manne alimentaire pour mettre quelques kilogrammes de gras supplémentaires en banque pour l’hiver. Les femelles ourses auraient une meilleure productivité (plus de jeunes) et les jeunes de un an et demi, un meilleur taux de survie à leur premier hiver en hibernation. L’appâtage en petite quantité sur de nombreux sites auraient une meilleure incidence sur le succès de chasse pour des chevreuils âgés des deux sexes et semblerait intéressé moins les ours.

Il y a sûrement plusieurs autres adaptations et comportements non connus ou non documenté qui existent et assurent une protection adéquate au cerf de Virginie. Selon le stimuli du moment, ce dernier utilisera simplement le comportement particulier qui lui assure le plus de chance de succès pour contrer efficacement le danger potentiel venant  d’un prédateur naturel ou un chasseur.

Finalement un mot sur son dernier  grand prédateur, le chasseur. Nous ne sommes qu’un autre danger sur la liste déjà longue des ennemis potentiels du chevreuil. Dans ce sens, le chasseur ne doit pas utiliser de techniques de chasse se rapprochant des comportement utilisés par les prédateurs naturels du chevreuil. Le chevreuil âgé aura tôt fait de s’ajuster. Quand un chasseur se déplace lentement en faisant de la chasse fine, il réussit une imitation parfaite du prédateur. Automatiquement, le chevreuil adulte moins curieux et plus expérimenté maintient discrètement une distance qu’il trouve confortable en se cachant sous un couvert dense si il ne s’y trouve pas déjà. En d’autres termes, il se déplacera lentement devant vous pour ce mettre à l’abri et vous ne vous en rendrez même pas compte. Dans les milieux chassés toujours de la même manière, il se concentre à identifier les embûches humaines et à les éviter (il s’éloigne des vieux miradors ancestraux, quitte les salines à la fin de l’été et visite les sites d’appâtage la nuit venu seulement). Dans des secteurs sans ou avec peu de prédation depuis des générations, le chevreuil mature aura moins tendance à fuir aussi rapidement pour la recherche d’une couvert de très haute densité mais choisira souvent l’immobilité totale derrière un simple arbuste, une souche ou un obstacle partiel. Ce ne sera que lorsque la menace humaine deviendra trop sérieuse, qu’il se déplace rapidement à couvert plus dense pour décourager l’agresseur (c’est de cette façon que la plupart des chasseurs voient leurs chevreuils). Finalement, quand la pression des chasseurs devient trop difficile à éviter en continuant ses activités régulières, il arrête simplement tous ses déplacements diurnes pour devenir presque complètement nocturne. Dans la grande majorité des habitats agro-forestiers de l’est de l’Amérique du Nord, les mâles adultes, qui ont la chance d’atteindre l’âge vénérable de 4.5 ans et plus, deviendront à plus de 80% nocturnes selon la quantité et la qualité du couvert disponible. Une trop grande pression de chasse est le pire ennemi du chasseur qui recherche un trophée ou un mâle de qualité. Non seulement, ils sont peu nombreux à survivre à plusieurs années de chasse en milieu densément chasser mais les quelques rares individus qui restent rencontrent plus de hiboux durant leurs activités que de chasseurs.

Le fait de devenir presque nocturne apparaît pour plusieurs chercheurs en comportement animal comme l’adaptation la plus récente du chevreuil et la plus ponctuel. Ce n’est plus un secret pour personne que les chevreuils en milieu 100% forestier sont beaucoup plus diurnes que ceux en milieu agro-forestier. Ce phénomène est principalement dû à la pression de chasse plus élevé et la ressource alimentaire qui se retrouve concentré en milieu plus ouvert.

De bien connaître le comportement du chevreuil et surtout de toujours garder en tête que ce dernier est une proie depuis des milliers d’années fera de vous un bien meilleur chasseur. Jamais un chevreuil sacrifiera sa sécurité au détriment de son estomac. Par contre, un grand mâle pourrait omettre certaines règles de base en matière de survie lorsque le rut arrivera…mais cela est une autre histoire.

Louis Gagnon

9 juillet 2006


Remonter


L'ouest canadien

17 Novembre 2003. il est 7 h 00 du matin, il fait moins 22 Celsius. J’ai encore 15 minutes de VTT à rouler avant de déposer mon client le long du bûcher qui le mènera à son arbre. Environ 30 minutes plus tard, débutera une autre journée d’attente pour ce chasseur qui scrutera la transition entre une vielle coupe et une forêt mixte de longues épinettes blanches et de gros trembles. Les premières heures sont toujours les plus longues et les plus froides. En milieu forestier, dans l’ouest canadien, ce n’est généralement que vers 9 h 00 que les chevreuils commencent à bouger. Cette journée restera marquer comme un haut fait dans la mémoire de ce chasseur. M’étant basé presque exclusivement sur une augmentation anormale de l’activité des chevreuils dans ce bûcher, la veille en fin de journée, je conclus que ce secteur de coupe à blanc devrait servir de scène à une bonne compétition entre quelques bucks pour les yeux doux d’une femelle en chaleur. Résultats: A la fin de la journée, mon client avait vu 13 bucks différents donc sept plus âgés que 2.5 ans, cinq femelles et en prime deux orignaux, un lynx et un loup noir. Pas mal pour neuf heures de chasse. Évidemment, j’aurai pu aussi vous introduire l’ouest canadien avec une journée à … ce les gelés pour finalement réussir à voir un ‘’flag’’ blanc à la course à quelques centaines de mètres de vous dans le fond d’un champ, car ce scénario est également possible. J’aurai pu aussi vous raconter l’histoire de deux de mes chums qui après trois jours à se promener en pick-up à travers les milliers de km de rangs, sillonnant ainsi terre privée après terre privée pour finalement se faire mettre dehors de quelques-unes pour avoir passer illégalement sans permission, alors, ils décidèrent de rentrer dans notre Québec francophone avec un goût amer. Il y a aussi celui du québécois qui va dans l’ouest depuis plusieurs années et ramène son buck à chaque saison. Malheureusement, ce dernier, un huit pointes de 15 pouces de large, soit un mâle de 2.5 ans, contribuera encore à détériorer la réputation que les ‘’ frenchmen’’ ou les ‘’Québecker’’  ont si maladroitement acquise au court des années. 

Photo à venir

Pourquoi mettre tant de scénarios différents pour une destination similaire et pourquoi mettre de l’emphase sur notre réputation et nos tendances? Parce que plus de la moitié des chasseurs que je connais reviennent désappointés de l’ouest canadien et je crois que plus de 75 % des chasseurs québécois qui reviennent déçus, le sont, parce’qu’ils sont mal préparé et oublient de mettre toutes les informations dans leur contexte. Les deux principales raisons de l’insatisfaction de plusieurs sont à mon avis les suivantes: la persistance à chasser trop au sud et par le fait même être confronter à l’obligation de trouver des propriétaires terriens qui les laisseront chasser et la deuxième raison vient du fait que peu de chasseurs québécois ont la discipline de résister à la tentation d’un jeune et petit mâle de 2.5 ans ou un moyen mâle de 3.5 ans.


Voyons le premier problème rencontré soit celui du non-respect des terres privées et forcément celui de la difficulté de trouver une place disponible et adéquate pour chasser. Comme mise en situation, je demande toujours aux chasseurs que je dirige dans l’ouest, " allez-vous chasser sur n’importe lequel terre en Estrie sans demander de permission et/ou louer une terre ?" Nous connaissons la réponse et par respect, elle est la même dans l’ouest. Ce qui m’amène à vous dire que pour une première chasse, vous devez planifier au moins 3 à 4 jours de recherche et de prospection pour trouver un secteur de chasse. Pour la recherche, il est donc primordiale que l’une des personnes du groupe parle couramment l’anglais pour vous introduire aux propriétaires terriens lorsque vous choisissez de chasser au centre ou au sud des provinces. Pour la prospection, comme on retrouve le chevreuil presque partout soit de la frontière canado-américaine jusqu'aussi loin au nord au niveau de Fort-Mcmurray en Alberta, au nord des deux parcs suivants soient: Meadow lake provincial park et de Prince Albert National Park en Saskatchewan et finalement jusqu’à the Pas au Manitoba; le territoire est donc immense. La population de chevreuils en terme de densité pourrait se comparer à l'Outaouais agricole soit d'environ 4 à 5 chevreuils au km2 avec des pochettes renfermant près du double entrecoupées régulièrement de grande zone où vivent très peu de chevreuils. Cette distribution inégale de l'abondance du chevreuil rend la prospection obligatoire pour localiser adéquatement les sites à fort potentiel de trophée.

Après six saisons de chasse de plus de 40 jours dans l’ouest, je crois fermement que les plus beaux secteurs de chasse se trouvent en forêt publique plus au nord plutôt que les secteurs agricoles ou agroforestiers.

Voici quelques raisons pour expliquer ce phénomène. Quoique les secteurs agricoles de l'ouest canadien soutiennent une plus grande population de chevreuils que les grandes forêts boréales plus au nord, le chevreuil y est plus petit ( plus jeune), plus nocturne et sa population souffre d’un débalancement du rapport des sexes en faveur des femelles. En général, en milieu agricole,  au sud et au centre de ces provinces, les vieux chevreuils sont plus rares, le chevreuil en général bouge la première heure du jour et les dernières 15 minutes de la journée et comme la pression de chasse y est plus élevé, beaucoup plus de femelles y sont rencontré, ce qui nous rappelle nos propres populations de chevreuils. A titre d’exemple, il n’est pas rare en secteur agricole de voir 15 à 20 chevreuils par jour dont 4 à 5 mâles mais tous des 1.5 et 2.5 ans. De ce fait, beaucoup de québécois vont prendre un gros 2.5 ans qui aura huit à dix pointes et environ 16 pouces de large. Dans presque 100% des cas, le premier 3.5 ans à passer à portée de carabine sera récolté et aura un pointage d’environ 130 B&C. On est loin des monstre de rêve ornant les pages de magazines…

Donc au sud et au centre, en plus d’avoir des problèmes d’accessibilité, notre réputation est entachée par notre forte tendance à y récolter des jeunes chevreuils que les résidents ont eux-même déjà laissés passer pour une récolte future. Les chasseurs de l’ouest ont compris depuis belle lurette qu’une femelle a plus de viande et de meilleure qualité qu’un jeune mâle. Beaucoup ridiculisent la récolte d’une jeune mâle de 2.5 ans et moins. Comment réagiriez -vous si l’un de vos invités abattrait un jeune mâle de 1.5 ans ou 2.5 ans sur votre territoire quand vous appliquez les règles de QDM depuis plusieurs saisons?. Dans l’ouest, ces jeunes mâles, quoique beaucoup plus gros que les nôtres, sont rarement prélevés par les résidents. Alors, ils ne peuvent pas comprendre qu’un chasseur voyageant plus de 3000 km et dépensant plus de $1500.00 apposera son permis sur un chevreuil qui n’approche même de près les standard qu’un mâle mature peut atteindre sur ces sols de prélédiction.

 

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Finalement la dernière raison qui me pousse à favoriser le nord au détriment des zones du centre et du sud; la saison de chasse dure dans la plupart des zones concernées jusqu’à un mois et une semaine débutant aussitôt que le premier novembre. Voici donc un exemple désagréable mais concret de ce que j’ai vécu dans deux secteurs très populaire de la Saskatchewan soit les terres agroforestières au alentour de Spiritwood et celle d’Hudson bay. Dans les deux cas, j’y ai vu régulièrement des signes évident de chasse de nuit, de non-respect des clôtures, barrières et champs agricoles, de rapport des sexes débalancés et de jeunes populations de chevreuils. Un matin, dans un certain champ dont l’accès était libre à tous, j’avais rencontré trois groupes de chasseurs en camion et deux à pied. Le chevreuil dans ce secteur était tellement nerveux que le lendemain de l’ouverture pour les non-résidents canadiens, les chevreuils avaient complètement disparu des champs juste quelques minutes après les premières lueurs du jour.  

En réalité, les zones de chasse 56 à 69 représentent le meilleur potentiel trophée de la Saskatchewan. Ces zones sont presque à 100 % couverte de forêt publique libre d’accès à tous les résidents canadiens sans exception. La plupart des pourvoyeurs y sont regroupés dans ces immenses forêts mais ils ne détiennent que des droits exclusifs d’y guider des chasseurs américains en nombre contingenté. Le canadien non-résident de la Saskatchewan peut y chasser librement sans guide. De plus, comme mentionné précédemment, ces zones ouvrent au début de novembre pour fermer vers le 5 décembre. Vous y avez donc accès durant les meilleurs dates possibles contrairement aux zones agroforestières et agricoles plus au sud qui ouvre pour le canadien non-résident que durant la dernière semaine de novembre…ce qui est trop tard pour tirer pleinement avantage du rut.

Au Manitoba, le même principe existe entre les chevreuils forestiers et ceux agroforestiers ou agricoles. Les forêts publiques commencent sensiblement plus au sud que la Saskatchewan et de très bonne opportunité y sont présentes à partir du nord du village de Dauphin dans l’ouest pour se rendre aussi haut que the Pas, ce qui inclut le parc provincial Duck Mountain et la forêt provinciale de Porcupine; deux immenses forêts publiques ravagées partiellement par des feux de forêt qui ont crée des habitats de grandes qualités pour le chevreuil. Au Manitoba, le non-résident canadien peut chasser tout le mois de novembre. (Carte provenant du pamphlet de Saskatchewan et du Manitoba)

Revenons au deuxième problème que rencontre les chasseurs québécois dans l’ouest du pays. Pour récolter un gros chevreuil, vous devez absolument sans aucune exception toujours accepter de laisser passer tous les jeunes et moyens bucks que vous verrez. J’ai une connaissance à moi qui chasse l’ouest depuis maintenant trois ans avec succès, il n’a jamais récolté plus gros que 130 B&C soit la grosseur d’un beau buck québécois. Certains s’exclameront qu’il n’est pas chanceux…comme chasseur. Pourtant non, il n’a jamais chassé plus que 2 jours. Il est tout simplement incapable de s’abstenir de passer un chevreuil banal de l’ouest de peur de revenir sans chevreuil.  Le meilleur conseil que je peux vous donner serait de regarder le plus possible de photos de gros bucks en comparaison de la grosseur de leur corps et d’avoir  une image assez précise d’un buck faisant 150B&C. Allez relire l’article…..  et finalement vous faire à l’idée que vous reviendrez possiblement sans chevreuil plutôt que récolter le genre de chevreuil qui ne rencontre pas vos standards. Pourquoi tant d'emphase sur le fait de bien évaluer le panache d'un buck? Parceque les chevreuils de l'ouest ont un corps proportionnel au panache et il est très facile de sous ou de surévalué un trophée à plus de 100 mètres sous l'effet de l'excitation. Ajoutez quelques broussailles devant l'animal pour compliquer la situation et vous comprenez mieux la problématique.

(photo 3 et 4 à venir)

A quoi ressemble un mâle mature au nord de ces provinces et quelles sont les meilleurs dates pour en  récolter un ? Commençons par regarder les chiffres de la pourvoirie où je guide depuis maintenant six ans.  Le cœur de notre territoire est situé exactement au début des habitats forestiers dans le nord de Lac la Biche en Alberta. Notre succès de chasse avoisine les 70% et pourrait être de 100% si les exigences des clients réguliers n'augmentaient pas année après année.  Les dimensions moyennes des mâles constituant notre récolte sont les suivantes: environ 250 livres éviscéré et un pointage frisant les 150 B.C. Pour le chasseur moins difficile, un mâle de 8 à10 pointes avoisinant les 140 B.C ne représente pas à mon avis un très grand défi à réaliser.

Les deux semaines de la mi- novembre (10 nov-22nov) couvrent généralement la période du rut. Les conditions météorologiques froides et un peu de neige au sol peuvent stimuler considérablement les mouvements des chevreuils et rendent la chasse hallucinante. Durant ces dates, j'ai vu régulièrement 5 à 6 bucks matures par jour. Règle générale durant cette période, nous chassons les concentrations de femelles avoisinant la découverte de signes majeurs de mâles dominants. Durant ces deux semaines, nous récoltons toujours 2 à 3 chevreuils  au pointage supérieur à 170 B.C avant déduction. Quel sont donc vos chances de faire le livre des records qui demande un minimum de 170 B.C. net après déductions? Nous avons tué  130 chevreuils au cours des 6 dernières années et seulement 7 d'entre eux entreront dans le livre des record. Notre succès est de beaucoup supérieur à la moyenne des autres pourvoiries qui lui à son tour est de beaucoup supérieur aux chasseurs indépendants. On estime qu'un mâle mature (3.5 ans et plus) sur 500 fait le fameux livre des records dans l'ouest canadien. Au nord, en forêt, on évalue ce ratio à environ un mâle adulte (3.5 ans et plus) sur 150. Par contre, n’oubliez pas que beaucoup de chevreuils qui ne font pas le livre, dû à leur asymétrie, sont beaucoup pus imposant que ceux qui pourraient entrer dans le fameux livre.

La dernière semaine de novembre (23 nov-30 nov) offre une qualité de chasse comparable à la première semaine de novembre ou légèrement moindre. La frénésie du rut fait déjà partie de l'histoire. Les mâles recommencent à manger et la plupart des femelles ont été servies. Pour connaître du succès durant cette période, vous devez localiser les sources de nourriture et vous assurez d'être bien positionné sur les sentiers de gagnage qui mènent à cette bouffe.  Ça paraît assez simple à première vu mais n'y croyez surtout pas. J'ai vu des chevreuils, en milieu agricole, marcher jusqu'à 5 km pour avoir accès à une source de nourriture en particulier. Trouvez le bon sentier et voir le chevreuil que vous désirez récolter durant les heures légales peut vite devenir un casse-tête en milieu agricole. Encore un fois en forêt, le problème est moins  grand puisque après le rut,  les mâles matures retournent habituellement sur le même territoire que durant le pré-rut. Chassez de nouveau les zones de frottages et de grattages redevient l'une des stratégies efficaces.

Comment procéder pour augmenter votre succès de chasse?

Bien préparer et organiser veut dire qu'après avoir choisi son secteur de chasse, vous devez faire vos réservations d'avion, d'hôtel et de camion au moins trois mois à l'avance. A cette fin, vous trouverez à la fin de cette article, les adresses nécessaires. Vous devez également vous procurer des cartes routières et topographiques du secteur.

A mon avis, trois jours de prospections avant la chasse est un minimum. Rappelez-vous que vous êtes en territoire totalement nouveau sans aucune idée du développement routier, des perturbations forestières et des distances entre votre secteur de chasse et les principales convéniences. Donc, les premiers jours serviront à découvrir les principaux accès à la forêt, les pochettes de chevreuils ici et là et finalement la marche en forêt pour la découverte des signes et  l’évaluation du potentiel commencera après avoir repérer trois ou quatre  concentrations de chevreuils intéressantes. A titre d’indication, en pleine forêt sur une route, je ralentis et commence à me poser des questions si je croise environ quatre à cinq traces ou sentiers de chevreuils ou plus au kilomètre de route.  

C'est à l'aide de vos cartes topographiques que vous pourrez commencer votre prospection et avoir une idée des meilleurs secteurs. En forêt, les cerfs de l'ouest affectionnent les collines adjacentes aux ''swamps''. Les jeunes bûchers, les flancs de rivières. Tous changements brusques d'habitat et de topographie sont recherchés. Vous comprendrez que la connaissance d’une carte topographique et de la boussole ou le GPS sont presque obligatoires.

Tous les secteurs de fortes exploitations forestières ou de feux récents sont à mon avis les plus productifs. (photo 5 : photo de coupe forestière de l’ouest)Dans l’ouest, la plupart des coupes ont un chemin en bordure de la zone coupée. Par contre, le fond de la coupe à blanc est inaccessible par vtt ou camion et est de loin le secteur au plus grand potentiel pour observer du chevreuils de jour sur une base régulière. Les grands mâles ont vite adapté leurs déplacements pour utiliser ces fonds de bûchers en fonction du vent pour ainsi détecter si une femelles en chaleur s’alimente dans le secteur de coupe. Simplement s’embusquer dans le fond d’un bûcher à bon vent constitue une stratégie très valable dans l’ouest.

 Au risque de me répéter, peu importe quelle province vous choisissez, pour augmenter vos chances de succès, prévoyez un voyage d’au moins dix jours dont les trois premiers seront consacrés à la prospection d'avant chasse. Trop de chasseurs se sont rendus dans l'ouest pour chasser le chevreuil sans prévoir de prospection et sont malheureusement revenus sans gibier et en prime un goût amer de leur expérience. Vous commencez à comprendre que le succès n'est pas garantie et nécessite une bonne préparation. On ne se rend pas dans l'ouest canadien pour chasser un huit pointes de 120 B.C., ce genre de chevreuil existe au Québec à des coûts moindre. Vous allez chasser les provinces de l'ouest pour avoir la chance de prélever un mâle d'au moins 140 B.C.

Voici un petit truc pour vous aider à choisir votre secteur de chasse. En lisant régulièrement le magazine Big Buck qui se spécialise à raconter des histoires de chasse aux chevreuils principalement récoltés dans l’ouest canadien, vous apprendrez le nom d’un paquet de village où des monstres furent abattues. Si il y avait un gros chevreuils dans un secteur… il y en a possiblement d’autres. De plus, vous pouvez feuilleter le livre des records Boone et Crockett, dans la section Manitoba, Saskatchewan, vous aurez tous les noms des villages le plus près de la récolte de chaque chevreuils trophées enregistrés. Vous pouvez également y aller au hasard en fonction des accommodations comme les motels et restaurants car les forêts boréales au nord de la limite de l’agriculture renferment presque tous des populations intéressantes de chevreuils.

Après tant de mise en garde, voici une exemple concret de la manière de fonctionner qui vous aidera à réussir une semaine de chasse de rêve sans anicroche et peut-être couronné par la récolte d’un buck de grande classe. Après avoir choisi un secteur qui peut vous intéresser. Commander les cartes topographiques du secteur et étudier le système routier secondaire. A votre arrivée, les premiers jours, mettez du gaz dans le camion et ramoner les chemins forestiers à la recherche de signes (traces) de la présence de chevreuils. Il m’arrive régulièrement de conduire environ une heure à tous les matins pour avoir accès à une concentration de chevreuils importante sans grande pression de chasse. Donc, votre budget en gas doit être assez permissif. Comme déjà mentionné, repérer quelques concentrations de chevreuils avant de mettre un pied dans le bois. Une autre manière efficace est d’analyser le type de forêt. Tous les forêts d’âge moyenne à mature de tremble sont parmi les habitats de choix pour le chevreuil. (Photo6 : photo semi-aérienne de l’habitat montrant des type de forêt propice) Si vous avez des swamps ou des entremêlement de conifères au travers, vous avez en plus des possibilités de zones de repos. Des blocs de coupe ou de feu sont des zones de nourritures importantes. Une zone de perturbation majeure comme une coupe à blanc qui s’appuie sur une forêt mature de conifères et de trembles est un billet vers le succès. Pour connaître les compagnies forestières et la localisation des secteurs de coupes récents, je vous suggère de faire des appels à des bureaux environnementaux régionaux dont la liste se trouve sur la même brochure que celle de la réglementation de la chasse dans ces provinces.  Le biologiste régional vous indiquera le ou les secteurs découpe et la compagnie qui exécute les travaux.

Maintenant parlons technique de chasse. Quoique la plupart des techniques de chasse plus agressives comme l’utilisation d’urine, le call et  la chasse fine sont toutes plus efficaces dans l’ouest qu’au Québec, dû principalement à un meilleur rapport des sexes, ce ne sont quand même pas les plus efficaces dans l’ouest pour des mâles de grandes tailles.  La chasse à l’affût après une bonne prospection rapporte beaucoup plus de dividende particulièrement sur les vieux chevreuils. De cette manière, vous laissez ces derniers commentent des erreurs à votre place.  Soyez donc prêt à vous asseoir au sol ou dans un arbre pour de longues périodes de temps. Il va sans dire que vous devez être vêtu très chaudement de la tête jusqu’au pied pour des températures qui oscillent souvent au alentour de -15 C. A la pourvoirie où  je travaille, nous avons remarqué une étroite  corrélation entre la patience du chasseur et son succès. En d’autres termes, plus un chasseur est capable de rester longtemps à l’affût sur le même site plus son succès est élevé. Évidemment, si vous gelez, vous ne pouvez pas être patient. Donc la qualité de l’habillement est primordiale.

Une chasse dans l'ouest est plutôt ennuyeuse comparativement à une destination comme Anticosti où la chasse fine est le technique de prédilection. En contre partie, si vous avez la chance de voir un chevreuil de 300 livres avec une coiffure proportionnelle à son corps, vous comprendrez soudainement la raison de la popularité de cette destination. Je vois un ou deux chevreuils par saison rencontrant ces normes et à chaque fois la vision d'une telle rencontre me motive à continuer mon métier de guide dans ce coin de pays où les géants y vivent.

Question budget. Un  voyage en Saskatchewan ou au Manitoba basé sur 4 chasseurs; billet d'avion ($500-$600) location de camion pour 10 jours ( $1000 / 4 = $250), permis( $150), hôtel occupation double( $500) nourriture et essence ($350), le tout pour environ $1800 par chasseur.


Pour ce montant d’argent multiplié par 4 pour le groupe de chasseur soit un total d’environ $7000, imaginez-vous maintenant quel grandeur et qualité de terre privée vous pourriez  louer au Québec et en Ontario. Malgré ce montant, la qualité de chasse que ces provinces peuvent vous offrir reste une aubaine lorsque le tout est bien préparé et que le chasseur s’autodiscipline pour éviter la récolte d’un jeune individus. Aucune terre de l’est, même bien gérés et aménagé, n’arrivera à compétitionner la qualité de chasse des prairies canadiennes. Les sols sont parmi les plus riches au monde, le chevreuil y vit de la frontière américaine jusqu’aux territoires du Nord-ouest, le nombre de chasseurs est très bas comparativement à celui de l’est et finalement, ces derniers peuvent chasser plusieurs autres grands gibiers comme le cerf mulet, le wapiti et l’orignal lui aussi plus nombreux qu’au Québec. Devant ce constat, si vous avez 1500 à 2000$ de budget annuel à investir, c’est la destination pour garnir votre mur de trophée. (Photo 7: de succès de chasse)

Avion: Aircanada: www.aircanada.com ou 1-888-247-2262 ou Westjet: www.westjet.com ou 1-877-956-6982
Camion: Budget: 1800-268 8900, Hertz: 1-800-263 0678, National: 1800-227 7368, Avis: 1 800-321-3652 et Discount: 1 800 263 2355
Saskatchewan: www.se.gov.sk.ca ou  1-877-237-2273  
Carte de la Saskatchewan  map: (306) 787-2799
Manitoba: www.gov.mb.ca/conservation/wildlife/huntingg/
Carte du Manitoba map: (204) 945 6666 ou 1-877-627-7226

Louis Gagnon

10 DÉCEMBRE 2005


Remonter

 


Le Call du chevreuil

Chez la famille des ruminants, plusieurs points caractérisent et différencient le chevreuil des autres gros gibiers d’intérêt comme l’orignal et le wapiti. L’un de ces points importants pour le chasseur; le chevreuil nous apparaît comme un animal sans voix. A son opposé, l’orignal, un mastodonte plutôt expressif, a tôt fait, durant le rut, de manifester ses humeurs à l’aide d’appels plutôt intenses qui parfois frisent la soumission selon le sexe. Le Wapiti, un autre gibier imposant, lui aussi émettra sans relâche des appels, son cri ahurissant et à consonance métallique, vous glacera le sang dans les veines. Ces comportements d’appel bien connus depuis des lunes, aident les chasseurs sérieux dans leur quête d’une venaison de qualité. D’ailleurs ces deux gibiers vivent dans des habitats plus ouvert et ont tendance à réunir et dominer des petits harems de femelles durant le rut.

À l’opposé, le chevreuil vit principalement sous couvert forestier dense et n’a aucunement une stratégie de dominance sur un groupe de femelles. Il partage simplement un grand territoire avec d’autres mâles du secteur et le temps venu, il compétitionnera avec ces derniers pour chaque femelle qui tombera en chaleur. Il a simplement choisi durant son évolution de développer des moyens de communication différents et plus efficaces en fonction du type de vie qu’il préconise. Mammifère qui a besoin de socialiser à l’occasion, le chevreuil reste quand même un solitaire par nature. Son besoin de communiquer à favoriser un développement complexe d’odeur à base d’hormones qui lui servent mieux qu’un appel par ci par là.

Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas la possibilité et le capacité de communiquer vocalement. Au contraire, plusieurs évidences scientifiques ont clairement démontré la richesse du vocabulaire auditif chez le chevreuil dont la plupart des sons restent subtiles à l’oreille humaine. Ces mêmes sons peuvent probablement être entendus sur une bonne distance par les principaux intéressés que sont nos chevreuils.

Avant d’exploiter plus à fond le vocabulaire du seigneur des gibiers, je me dois de vous faire réfléchir sur quelques réalités qui vous aideront à mieux saisir la philosophie de l’appel en situation de chasse.

La plupart des études autant fondamentales que commerciales portant sur la vocalisation du chevreuil furent réalisées en milieu contrôlé donc dans des enclos. Est-ce réellement important de le mentionner? Oui puisse qu’il y a une différence majeure en les deux ‘sortes’ de chevreuils. Le chevreuil enclôturé, vit en densité beaucoup plus élevée que le chevreuil en milieu naturel. De plus, il n’a pas à se préoccuper de la possible prédation naturelle qui fait partie prenante de la vie du chevreuil sauvage. Finalement, le cheptel d’élevage est généralement constitué d’un rapport des sexes mieux balancé comparativement à celui en milieu sauvage où un rapport d’un mâle pour environ six femelles et plus est devenu malheureusement la norme. Quel est le rapport avec l’appel? Figurez-vous qu’il y a eu quelques études fort intéressantes sur le niveau de communication chez le cheval et le chevreuil en milieu d’élevage comparativement au milieu sauvage. Les résultats chez les deux espèces vont dans le même sens.

D’abord chez la gente chevaline, on n’a noté que les chevaux sauvages du nord-ouest américain et canadien sont beaucoup moins vocaux que ceux d’élevage. On croient que le risque de prédation et la densité de population plutôt faible chez les animaux sauvages semblent diminuer les vocalisations chez cette espèce comparativement aux chevaux d’élevage beaucoup plus auditifs. Chez le chevreuil, la même observation et les mêmes conclusions furent réalisées. En effet, les cerfs de Virginie d’élevage communiquent beaucoup plus fréquemment entre eux et avec un volume plus élevé que ceux en milieu naturel. Les raisons évoquées par les éthologistes(scientifique qui étudie le comportement animal) vont tout à fait dans le même sens que le cheval. On croit qu’en élevage, le chevreuil communique plus dû au fait que chaque individu vit en étroite relation avec son voisin et que cette promiscuité rend l’utilisation de la communication vocale performante. De plus, le chevreuil d’élevage perd beaucoup de sa méfiance légendaire, ce qui le rendrait encore plus auditif.
Comme la plupart des compagnies d’appeaux à chevreuil utilisent des séquences vidéos filmées en milieu contrôlé, le spectateur(nous) est souvent impressionné par l’étendue des communications entre les chevreuils et le haut taux de réponses de ces derniers à l’écoute de sons de chevreuils provenant d’un appeau.

Malheureusement, dans la réalité que fait face le commun des chasseurs que nous sommes, le chevreuil sauvage est beaucoup moins auditif et son niveau de méfiance face à tous stimulis provenant de son milieu environnant est très élevé. De plus, la loi du mâle, qui prévaut depuis plus de trente ans, a rendu la présence de mâles matures un évènement rare en soi. Tous ces faits réels rendent les différentes techniques d’appels beaucoup moins performantes que veulent nous le laisser croire ces mégas compagnies gravitant autour de l’industrie de la chasse aux chevreuils.

Je ne vous cite pas cette petite état des faits pour vous déconseiller l’achat ou encore l’utilisation des appeaux comme outil valable de chasse. Au contraire, je vous les ai signifié pour vous mettre en garde contre un excès d’optimiste qui forcément vous mènera vers un désappointement rapide.

Les chevreuils sauvages communiquent vocalement et répondrent à l’appel mais dans des circonstances précises. Contrairement à beaucoup d’autres personnes qui oeuvrent dans le domaine du chevreuil et de sa chasse, j’ai très peu d’expérience en milieu contrôlé (élevage). Mon expertise se résume à environ trois mois de terrain par année en milieu sauvage. J’ai eu la chance d’entendre beaucoup de vocalisations de chevreuils durant mes années de guidage à Anticosti. Beaucoup moins sur notre terre dans l’Outaouais et dans le même ordre en Alberta durant mes six semaines de pèlerinage annuel comme guide. Dans deux de ces trois endroits, j’ai pu à l’occasion me munir d’oreilles électroniques (Walker Game ear) qui amplifient jusqu’à 25 fois les sons environnants. Un soir de fin octobre, en Alberta, j’ai observé une femelle avec deux faons et deux jeunes mâles de 1.5 an se nourrissant dans un champ en friche à environ 75 mètres de moi. Les faons et la femelle gardaient un constant contact auditif qui ressemblait à un ‘grunt’ très doux. A quelques occasions, un grunt plus fort et grave fut émis par un jeune mâle et à tous coups, le second pointait une oreille en sa direction sans pour autant répondre ou approcher. Lorsque, mes oreilles ‘bioniques’ ne fonctionnaient pas, je ne pouvais entendre aucun de ces appels.

Pour ce qui est des grognements (grunt) échangés principalement entre les mâles, j’en ai aussi entendu plusieurs variant entre l’appel de contact entre deux individus, celui plus agressif avant et après une confrontation, où encore le plus mielleux à séquence rapide pour inciter une femelle à l’accouplement. Dans presque tous les cas, j’ai eu ces contacts dans des secteurs à densité de chevreuils passablement élevée et où le rapport des sexes n’était pas trop débalancé. A ce sujet, je vous suggère un petit exercice. Demandez à la plupart de vos amis chasseurs, combien d’entre eux ont déjà entendu un chevreuil appeler ? Combien en ont prélevé un avec cette technique et d’où provenaient-il? Les réponses affirmatives seront peu nombreuses et elles seront majoritairement dans des lieux rêveurs comme Anticosti, la fameuse zone 7 ou encore la réserve Rouge Matawin. Bon rapport des sexes et pression de chasse plus faible sont les dénominateurs communs des ces endroits cités. Donc, la qualité du territoire de chasse fait partie prenante du succès escompté.

Malgré tout, il est tout à fait possible de connaître du succès sur nos territoires de chasse mais sur une base beaucoup plus irrégulière. Par contre, en choisissant le bon “call” et la localisation, vous pourrez substantiellement augmenter vos chances de succès.

Voyons ensemble les principales tonalités à utiliser pour duper un mâle chevreuil tout âge confondu.

Quoiqu’un groupe de chercheurs rendait publique une étude approfondie sur le langage du chevreuil mentionnant qu’ils avaient distingué 90 sons différents émis par le chevreuil et les classifiaient en 12 groupes de vocalisation distincte, pour nous, chasseurs, trois groupes sont importants à connaître; les grognements (grunt); les bêlements (bleat), et les ronflements, soufflements ou reniflements (snort). J’aurais même tendance à dire que les plus importants à savoir imiter sont les grognements et les bêlements.
Les femelles chevreuil bêlent pour trouver leurs faons. Elles bêleront plus fortement pour signifier qu’elles sont perturbées ou que quelque chose leur fait mal ou les dérange. Un mâle peut bêler s’il est excité et n’a pas de femelle à servir. Il tente d’attirer ainsi l’attention d’un femelle. Le soufflement est associé au stress et à la panique. Dans le monde du chevreuil, les grognements servent à prendre contact, signifier ses intentions et avertir. Ils sont émis généralement par les mâles, quoique les femelles grognent également mais moins fort.
Dans un premier temps, voyons ensemble les différents grognements. Il y a le grognement de contact qui est utilisé toute l’année par la femelle et le mâle et qui signifie simplement «SALUT». Ce grognement est doux, court et d’intensité assez basse. Il est efficace en dehors du rut. Je l’utilise lorsque je vois un buck hors de portée ou derrière un obstacle. Je l’utilise également si je remarque la présence d’un chevreuil mais que je ne peux le localiser.
Il y a le grognement de suivi qui est émis par le mâle adulte qui suit à la trace ou remonte la piste d’une femelle en chaleur. Généralement, le mâle aura le nez au sol ou très près de l’arrière-train de la femelle. Le son est court, assez bruyant, répétitif et intense. Ca ressemble à uurp-urrp-urrp-urrp à 10 reprises et plus. Ce genre de grognement est généralement fait par un buck en mouvement. Dans ce cas, je répète l’appel au moins une dizaine de fois en déplaçant ma tête d’un côté à l’autre et en pointant mon call vers le bas. Je répète la séquence au trente secondes, de trois à quatre fois avant de changer d’emplacement. Si je chasse à l’affût, je fais ces séquences au trente minutes. C’est l’appel que j’utilise le plus souvent à l’aveuglette.
J’utilise ce type de grognement entrecoupé par des bêlements intenses de femelle en chaleur. Dans ce cas, j’aime utiliser deux appeaux différents: un pour la femelle ( la canne) et un pour le mâle. De cette façon, je contrôle mieux le rythme et la tonalité de mes appels. Avec ce type de combinaison, le bêlement doit être assez fort et mielleux (environ deux secondes par bêlement). Une femelle chevreuil en chaleur est comme une vache en chaleur: elle bêle beaucoup pour attirer l’attention et faire connaître son état physiologique.

Pour les bêlements produits plus particulièrement par les femelles, ils sont efficaces en combinaison avec les grognements. Mais ils peuvent être très productifs utilisés seuls. Un doux bêlement est très rassurant pour tous les chevreuils du voisinage et invite les chevreuils à venir fraterniser. C’est le genre d’appel qui peut éviter la panique dans un petit groupe de chevreuils qui, autrement, auraient soufflé sans fin.

Voici quelques petites considérations dont vous devez tenir compte si vous utilisez les appeaux régulièrement. D’abord, lorsqu’un mâle entend un appel, il arrête s’il est en mouvement, dirige et fixe ses oreilles vers le son et attend un nouvel appel pour confirmer ce qu’il a entendu. C’est à ce moment précis qu’il commence à marcher dans la direction du “calleur”. Si vous le voyez, ne faites rien, soyez patient sans bouger. Plus de 50% du temps, il va bouger sa queue d’un coté à l’autre et continuer son approche vers la source du bruit. Si c’est le contraire, il faut reprendre “call” et attirer son attention de nouveau. Chaque buck est différent et c’est souvent son état physiologique qui dictera la vigueur avec laquelle il répondra à votre appel. Après un appel, lorsqu’un mâle apparaît et vous fixe de son regard, ne bougez plus et n’allez surtout pas appeler de nouveau.

À quel taux de succès, devriez-vous vous attendre? En novembre, à Anticosti, j’ai déjà fait venir plus de quatre bucks par jour à plusieurs occasions. J’ai aussi connu des journées de plusieurs femelles sans aucun buck. En octobre, j’ai régulièrement fait abattre des mâles adultes qui s’étaient éloignés mais qu’avec l’aide du “gruntcall”, j’ai pu les ramener à portée de tir pour mes chasseurs. En Outaouais et en Alberta, le succès de l’appel à l’aveuglette est beaucoup plus bas. pour les raisons énoncées plus tôt Par contre, le succès semble comparable à Anticosti en ce qui à trait à faire bouger ou approcher un mâle déjà repéré plus tôt. Dans les régions où la densité de chevreuils est moins élevée, l’utilisation de l’appel devient une question de probabilité où le succès augmente avec la fréquence d’utilisation et l’endroit choisi pour s’exécuter. Comme le rattling, l’appel peut être efficace si vous prenez toutes les précautions d’usage comme avoir le vent de face, un bon camouflage derrière un obstacle naturel et une intrusion subtile dans un bon habitat à mâle mature comme une ligne de frottages ou de grattages en milieu forestier assez dense.

La localisation est primordiale. L’appel n’a pas la portée du rattling; vous devez être à proximité des chevreuils pour connaître du succès. Les chevreuils utilisent de petits territoires comparativement à l’orignal et vivent beaucoup plus densément. Ce qui veut dire que lorsque vous faites de la chasse fine, utilisez l’appel à plusieurs occasions. À tous les 150 mètres ou à toutes les fois que vous rencontrez des signes frais de la présence d’un mâle, laissez échapper quelques appels. Je l’utilise beaucoup à la chasse fine pour camoufler une erreur bruyante. Si vous chassez à l’affût, faire un appel à tous les 15 minutes n’est pas exagéré. Le printemps dernier, lors de mes stages intensifs de chasse sur notre terre, je séparais le groupe de chasseur en deux et les éloignait l’un de l’autre pour leur faire réaliser le peu de portée du “gruntcall” et du bêlement à l’aide d’une canne. A bon vent doux à moyen, les chasseurs pouvaient entendre encore subtilement le son du grognement à environ 75 mètres sur un terrain plat dans une foêt en repousse d’environ 15 ans. La distance tombait à moins de 50 mètres à mauvais vent et elle diminuait encore plus si quelques conifères ou une topographie importante du terrain apparaissaient. Il est juste de croire que l’oreille du chevreuil beaucoup plus performante lui permettra d’entendre un appel sur une plus grande distance mais la portée restera de toute manière restreinte.
Je dois aussi vous mentionner que la pratique des appels en pré-saison avec ces appeaux fera de vous un meilleur technicien de l’appel et vous évitera les erreurs dues à l’excitation.

Voici les critères que je considère quand je choisis un tube de grognement (gruntcall). J’aime un appeau avec un gros tube pour pouvoir contrôler la tonalité en y introduisant un droit à son extrémité pour imiter soit un mâle immature ou faire des grognements plus gutturaux pour le mâle mature et dominant. Je porte une attention particulière pour choisir un appeau qui semble le moins sensible possible à la condensation et au froid. Il ne doit pas demander un gros souffle pour produire des sons et il doit également avoir un volume assez puissant au besoin.

Quand je vous parle du bêlement d’une femelle, j’utilise simplement la fameuse petite canne qu’on renverse, cette dernière est un appeau d’une efficacité surprenante. De plus , cette canne ne gèle pas et le son y est réaliste et constant.

Munie de ces deux types d’appeaux, je débute ma journée de chasse comme à l’habitude en vérifiant le sens et la vélocité du vent. Dans aucun cas, je me dis que l’appel sera ma technique de chasse préconisée pour le journée. Pour moi, les différents appels sont simplement des accompagnements que j’utiliserai si le besoin et la situation le demande. Rarement, je tente un appel sans avoir un doute de la présence d’un chevreuil dans les parages. En d’autres termes, je ne vais pas à la pêche avec mon ‘call’ à moins que je suis dans un secteur que je crois particulièrement ‘hot’ comme la découverte d’un grattage ou frottage frais du jour.

Dans ce cas, je choisis un endroit près des signes en question, j’essaie d’avoir la zone forestière la plus dense toujours devant moi si le vent me le permet car je présume que par nature, un mâle adulte aime toujours mieux arriver subtilement par couvert épais. Je m’agenouille derrière un élément naturel comme une souche, une roche ou un arbre et je m’exécute. Si je suis dans la première semaine de chasse qui coïncide avec le pré-rut alors j’utilise mon ‘gruntcall’ et je tente un grunt de contact soit un ou deux sons d’environ un seconde à volume moyen. Si je suis durant la deuxième semaine qui approche le ‘peak’ du rut alors j’utilise autant la fameuse canne que le grognement. Si j’entend un bruit suite à un appel de femelle, je m’empresse de lâcher une série de “grunt” court et rapide pour imiter un buck qui la poursuit.

Si je connais intimement le territoire que je me propose de chasser, j’ai généralement une bonne idée des secteurs de repos préconisés par les chevreuils en période de pression de chasse élevée. En fin de journée, je m’approche à bon vent de l’un d’eux et à proximité, camouflé au sol derrière un obstacle naturel, j’exécute un appel en tenant compte de la période de l’année. Cette stratégie se base sur le fait que les mâles retournent dans leur site de repos, souvent ils les quitteront qu’à la barre du jour pour aller s’alimenter ou courir les femelles. Si un mâle est présent, en attendant l’appel, il enregistrera la localisation pour y investiguer le moment venu. Une couple de glandes tarsiennes accrochées sur les branches environnantes peuvent améliorées le scénario et ainsi vous protégeront contre les coups de vent inappropriés.

Voici une autre stratégie de chasse à l’aide de l’appel qui m’a rapporté quelques succès sur des mâles matures et plusieurs observations sur de plus jeunes individus. Basé sur le même principe que la précédente soit la localisation des sites de repos, je travaille en équipe avec mon client et nous nous déplaçons à bon vent vers le site choisi en exécutant des appels de mâles. J’arrête à proximité de l’endroit désigné en laissant aller quelques “calls” de mâles et initiant une petite séquense de rattling douce et courte d’une vingtaine de secondes. Je quitte le secteur aussitôt en gruntant et laissant derrière moi mon client à l’affût sur les lieux. Certains mâles sont très lents à réagir et enregistrent l’activité en question pour visiter l’endroit plusieurs minutes plus tard lorsque le secteur sera à nouveau calme. C'est la curiosité naturelle du chevreuil qui causera sa perte. Encore un fois, l’utilisation d’un masque d’odeur créé par l’ajout de glandes tarsiennes sera un plus.

Un autre scénario qui m’a rapporté des dividendes. L’utilisation du ‘call’ en combinaison avec un appelant. Cette technique simple peut être utilisée dans de petites ouvertures de moins d’un acre de superficie. Un petit bûcher ou un petit champ en friche feront très bien l’affaire. Dans ce cas, l’utilisation de l’appel attire les chevreuils vers le champ et l’appelant ne sert qu’à stimuler les chevreuils à s’exposer dans l’ouverture. Sans le fameux chevreuil en plastique, les mâles matures ont la fâcheuse habitude de venir en bordure du champ, en le contournant à bon vent et attendre une nouvelle manifestation pour investiguer plus fond le secteur. Après une série d’appels, si vous entendez un bruit suspicieux comme une branche qui craque ou autre, alors faite simplement bouger la queue de votre appelant en laissant aller un appel vraiment subtile.


Pour avoir une idée juste des sons émis par le chevreuil, je vous suggère deux sources d’informations pratiques. D’abord, je vous suggère fortement d’aller sur le site internet suivant: www.chevreuil.net.(Page Le chevreuil vous parle) Sur ce dernier, vous pouvez télécharger un site auditif qui imite les sons les plus importants émis par des chevreuils. Ceci vous permettra de vous familiariser avec ces sons en plus d’apprendre leurs significations. Vous pouvez également vous procurer la casette vidéo suivante Grunt Snort Wheeze: Understanding the language and voice of the White-tailed deer directement par le site internet de Quality Deer Management soit www.QDMA.com .

De maîtriser les différents appels de chevreuils ne vous assurera pas la récolte d’un mâle mature. Un bon appel par conditions parfaites sans vent couvre à peu près une surface de 3 acres en forêt de densité moyenne. Avec le rapport des sexes que nous avons actuellement dans la plupart des régions du Québec, il est tout à fait logique de penser qu’il y a environ un mâle de 3.5 ans par 1500 à 2000 acres de terrain. Un petit calcul simple vous permet de constater qu’il faudra beaucoup beaucoup d’appels pour qu’un de ces derniers vous entente et se manifeste. Pour la plupart des chasseurs, ce seront de jeunes sujets de 1.5 et 2.5 ans qui seront attirés simplement parce que ce sont les seuls chevreuils existants dans le secteur en plus d’être des individus plus curieux et moins méfiants de nature.

Comme vous pouvez le constater, les grognements et les bêlements sont des appels qui peuvent être efficaces durant différentes périodes de l’année. Le chasseur polyvalent devrait maîtriser cette technique pour ne pas manquer l’occasion qui fera le larron. Pour ma part, l’appel est un ajout que je combine avec d’autres techniques de chasse. Vous ne me verrez pas retourner au camp si j’ai oublié mon appeau mais vous pouvez être convaincu du contraire en ce qui à trait à ma carte, ma boussole et mon GPS.

Louis Gagnon

24 octobre 2004


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Participez à une étude sur le chevreuil !

 
Je sollicite les différents chasseurs qui visitent le site chevreuil.net à se joindre à moi pour mener à terme une étude facile à réaliser, à peu de coût et révélatrice sur le comportement du chevreuil.
 
Pour toute étude de comportement et d'utilisation de l'habitat sur les grands mammifères comme le chevreuil, les coûts reliés à la main d'oeuvre et à l'utilisation  d'outils électroniques comme des caméras de surveillance deviennent vite hors budget pour les chercheurs universitaires, les biologistes gouvernementaux etc. 
 
Avec Chevreuil.net, nous avons la chance d'avoir plus d'une vingtaine de chasseurs qui possèdent une ou plusieurs caméras de surveillance. J'aimerais mettre à contribution ces derniers pour qu'ils se joignent à moi à l'exécution d'une compilation de données sur le chevreuil qui ainsi pourrait mettre en lumière un paquet de petits faits intéressants qui autrement, ne seraient pas disponibles.
 
Comme nous aurons plus d'une cinquantaine de caméras dans le bois qui travailleront pour nous, il est facile de s'imaginer la quantité d'information que nous recueillerons au courant des six prochains mois.
 
Dans un premier temps, vous pourrez vous enregistrer comme participant à n'importe lequel moment de l'année sans aucun problème. Que vous chassiez dans une autre province comme SasK-man par exemple ou à plusieurs endroits au Canada comme Stéphane Monette, ce n'est absolument pas un problème au contraire, car cela mettra en lumière d'autres réalités sur le chevreuil.
 
Je voudrais que les personnes intéressées à participer s'enregistrent directement par message privé sous mon nom avec les informations suivantes.
 
Nom, adresse e-mail, téléphone,  zone de chasse au Québec ou ailleurs, description assez détaillée du secteur de chasse, pression de chasse sur le secteur
 
Exemple:  Joe Bleau, Joe@sympatico.ca, 819 423-2424, zone 6, Je chasse une terre de 120 acres forestières à 90% qui est situé en milieu agro-forestier. Nous sommes deux chasseurs sur la terre. Nous avons huit chasseurs qui chassent sur les terres frontalières à la nôtre. Je crois que la principale source de nourriture est un champ de soya à environ un Km de ma place. Notre forêt est constitué d'environ 50% d'érablière mature, de 20% de sapinière dense et jeune d'environ 30 ans et finalement une coupe sélective dans une forêt de feuillus.
 
Comment marche l'étude.
 
Ne changez pas vos habitudes d'utilisation de votre ou vos caméras. En d'autres termes, si vous mettez votre caméra sur une saline, des trails et finalement des appâts, s'est parfait. Je veux simplement une compilation de vos observations.
 
Comment rédiger votre compte-rendu mensuel.
 
Voici un exemple.
 
Du 1 juin 2004 au 14 juin 2004. caméra #1 sur une saline. 16 photos de femelles seules dont 12 de jour, trois photos de femelles avec faons tous de nuit, deux petits bucks de 1.5 ans de jour, un buck de 2.5 ans à trois reprises dont deux de nuit et un ours. La saline se trouve dans la sapinière en bordure de l'érablière mature. Visibilité moyenne au alentour : environ 50 mètres
 
Du 15 juin au 25 juin 2004. caméra #1 sur une trail de chevreuils en bordure de la sapinière. Très sale, visibilité d'environ 25 mètres. 4 photos de femelles seules de jour. 2 de femelles avec faons de jour.
deux photos du même buck de 3.5 ans +  de nuit.
 
Du 26 juin au 30 juin 2004 ma caméra était hors service.
 
Je suis tout à fait ouvert à plus de détails que cela mais comme l'exemple me suffit amplement.
 
J'aimerais avoir les résultats de chacun dans les cinq premiers jours du nouveau mois autant que possible pour que je puisse mettre à jour les résultats totaux à date sur chevreuil.net à chaque deuxième semaine du mois.
 
Je serais le seul à avoir accès aux résultats bruts et en aucun temps le nom et la localisation des participants ne sera dévoilés autre que dans une énumération globale des noms. Il ne sert à rien à personne de mousser ses résultats car l'analyse des données sera globale et comparative en terme d'habitats, de jours ou de nuit et ainsi de suite. Plus le nombre de participant sera grand plus la valeur des informations sera utile pour tous les chasseurs.
 
Merci sincèrement pour votre participation et votre confiance.
 

Louis Gagnon

24 mai 2004


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Culture de champs nourriciers pour chevreuils

Bilan sur les semences (1re partie)
par Louis Gagnon  14 mars 2004
 
Le chasseur de chevreuil est une espèce aussi sollicitée que son propre gibier. Les compagnies productrices de matériels de chasse gravitant autour du chevreuil, ont vite compris que le chasseur, grand rêveur en soi, n’hésitera devant rien pour atteindre son but. Ce rêve a souvent comme idéal la récolte d’un buck pouvant figurer sur la page couverture des magazines de chasse. 
 
Pour y réussir et avoir une qualité de chasse à faire rêver, la nouvelle tendance semble se déplacer vers l’achat de terre ou la location à long terme pour ainsi l’aménager et créer son propre paradis de chasse aux chevreuils.
 
Devant cet engouement, aux États-Unis, depuis plus d’une décennie, de nombreux biologistes, spécialisés sur le chevreuil et son habitat, ont constaté cette tendance et saisi cette opportunité pour offrir leurs services professionnels. Ainsi, ils suggèrent des aménagements d’habitat pour augmenter le nombre de chevreuils, la grosseur de ces derniers, et produire une plus grande quantité de bucks sur les territoires ainsi aménagés. Sans contredit, l’aménagement le plus populaire issu de cette tendance, est la création de champs nourriciers pouvant attirer un grand nombre de chevreuils dans un secteur donné. Vous conviendrez avec moi que plusieurs compagnies ont vite saisi l’opportunité de mettre sur le marché une quantité surprenante de semences ayant apparemment les attributs pour attirer le buck de vos rêves dans votre champ.
 
Mais qu’en est-il vraiment de l’efficacité de cette nouvelle mode ? Ces petits champs peuvent-ils apporter la solution à nos espoirs de trophées ? Tous les types de graines actuellement sur le marché sont-ils aussi bons les uns que les autres ? Les coûts reliés à la mise en place de petits champs nourriciers sont-ils abordables pour la moyenne des chasseurs ? Autant de questions et bien d’autres me sont souvent demandées lors de mes séminaires. Devant cet intérêt, nous avons cru bon
d’éclairer les lecteurs sur le sujet en réalisant nos propres tests pour ainsi avoir une image plus globale entourant cette nouvelle tendance.
 
Comme le but premier de cet article n’est pas de tester les différentes semences quoique nous en parlerons en détail, l'emphase sera davantage portée sur la méthodologie à suivre pour créer le champ parfait qui, avec les années, deviendra de plus en plus productif.
 
Un potentiel intéressant.

D’abord, avant d'entrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous citer quelques statistiques intéressantes au sujet des champs et leurs effets sur les déplacements du chevreuil. Un bon champ d’environ une acre, bien aménagé, peut produire de quatre à six tonnes (une tonne = 850 kilos) de nourriture pour le chevreuil. (Avez-vous pensé que ceci est l'équivalent de près de 10 000 livres de pommes répartis sur six mois sans pratiquement y laisser d’odeur humaine.) À titre de comparaison, un bûcher de même envergure produira environ 80 à 200 kilos de nourriture selon l’âge de ce dernier. Une forêt mature peut produire au maximum 50 kilos de nourriture assimilable par le chevreuil par acre. On estime que les chevreuils vivants en périphérie des zones agricoles peuvent tripler leurs déplacements journaliers pour avoir accès à un champ de qualité. Finalement, les bêtes ayant la possibilité de se nourrir dans des champs agricoles ont tendance à développer des masses corporelles plus grandes et des panaches plus imposants. Quelques sondages ont démontré que, les chasseurs ayant aménagé des champs spécialement pour le chevreuil connaissent plus de succès et récoltent aussi plus de mâles. À la lumière de ces chiffres, vous comprenez mieux pourquoi il peut être attrayant de créer ces petits champs.

 
Dans un premier temps, vous n’avez pas besoin de posséder une grande terre pour tirer avantage de la création d’un ou plusieurs champs. Partez du principe que trois acres de champ par 100 acres de forêt peuvent doubler l’utilisation de votre terre par la population de cerfs environnante. Les grands champs de plus de deux acres doivent être évités autant que possible. Trop grands, les chevreuils matures des deux sexes hésiteront à s'y aventurer par crainte de s'exposer à découvert.
En raison de leur méfiance légendaire, ils auront tendance à s'y alimenter de nuit. À titre d’exemple, vous avez 50 acres de territoire de chasse, deux petits champs d’une acre suffiront pour créer une différence importante quant à l’utilisation de votre terre par le chevreuil.
 
Le choix de l’emplacement dépendra du temps et de l’argent dont vous disposez ainsi que de votre liberté de manœuvre si la terre ne vous appartient pas. De vieux chemins forestiers, des champs en friche ou des éclaircies utilisées pour piler le bois lors des dernières coupes sont tout indiqués pour ceux qui ont un budget limité. Pour ceux qui disposent d’un peu de machinerie et de ressources monétaires, la restauration d’un bûcher est souvent recommandée et donne de très bons résultats. Finalement, pour budget sans limites, il peut être avantageux de faire la coupe dans un secteur stratégiquement bien situé à l’endroit où le sol aura en plus les composantes pour produire une nourriture de qualité. À ce stade, il est important de comprendre que le champ peut prendre la forme que vous désirez. En ce sens, il sera favorable de lui donner une forme irrégulière pour en augmenter les bordures qui généralement procurent une grande quantité d’autre nourriture d’appoint pour le chevreuil.
Élaboration d'un champ de semence 

Passons immédiatement à la méthodologie, nous reviendrons plus tard à l’aspect monétaire de l’exercice. La première opération, peu importe le choix du site, consiste à mettre le sol complètement à nu. Pour ce faire, vous pouvez utiliser différents outils. L’été dernier, nous avons fait deux champs directement sur notre terre dans deux types d’habitats

différents avec le souci de maintenir les coûts le plus bas possible.
 

J’ai choisi de restaurer une partie (environ un quart d’acre) d’une petite coupe à blanc et finalement une ancienne zone de débardement (emplacement utilisé par les entrepreneurs forestiers pour accumuler le bois d'une coupe forestière avant son transport) d’environ 1,5 acre. Dans le premier cas, nous avons coupé complètement la repousse d’arbustes et de framboisiers à l’aide d’une débroussailleuse. Ensuite, nous avons nettoyé ce secteur de tous les débris de l’ancienne coupe

comme les grosses branches sèches, les roches ainsi que les souches et racines des arbres coupés trois années plus tôt. Considérant que plusieurs grosses souches n’ont pu être extraites avec un véhicule tout-terrain (4 roues), nous avons cultivé autour de ces dernières pour évite